Surhomme à Québec: Also Sprach motherfuckin’ Lary Kidd

Quand on a appris que Lary lançait son album au Lieu, une galerie d’art edgy de la Basse-Ville de Québec, on s’attendait à du grandiose. Choisissant d’opter pour un lieu de déambulations artistiques au lieu d’un classique bar où une salle de spectacle, l’ex LLA devait avoir un concept en tête.

Le décor nous mettait dans l’ambiance/Photo: Raphaël Boivin

La hype ne faisait que monter en entrant dans la salle qui sert de boutique aux éditions Inter. Une table de merch, des canettes de Boréal, des posters un peu louches et du Frédéric Chopin qui blaste dans les speakers. Que demander de plus?

Un élément capte l’attention. Une porte entrouverte gardée par un membre du staff. Après quelques minutes de retard, une lumière, une voix, un signal! On peut entrer.

Lary, droit comme une statue de marbre/Photo: Raphaël Boivin

Rappelant l’imagerie de son clip pour Lucidité, Lary Kidd pose comme une pièce de musée. Droit, debout, immortel grâce à son art comme un surhomme. Quand la foule est presque tout amassée autour de lui, il se lance. Ajust drop les premières notes de Surhomme et c’est parti pour le marathon.

On aura droit, au fil de la soirée, à toutes les pièces de la dernière galette de Lary en ordre et entrecoupées de courtes interventions où il lance des petits défis à ses fans. Ceux-ci, conquis dès le premier «JEUN’HOMME» sont en forme.

Photo: Raphaël Boivin

Les tounes s’enchaînent les unes après les autres et on est témoins de quelques beaux moments. Lary a la capacité de toucher son public et ceux qui le suivent depuis Contrôle et ses textes lourds sont parfois très émotifs devant lui. Voir des tatoués verser quelques larmes pendant les «je sais pas pourquoi j’suis triste comme ça» de Barcelone aide à comprendre le charme de Lary Kidd et le charme de la vie.

On se reconnaît dans le côté un peu croche, mais sincère de Lary. Avec la crowd qui invoque Jean Leloup durant Lucidité, le nouveau gourou du Lieu fait sortir son énergie punk chanelée par le fantôme de Tony Sly salué au passage. En le voyant comme ça se tenir humble et dans le moment, on a notre épiphanie. Tout va bien, Lary n’atteindra jamais les sommets de Loud et c’est vraiment mieux comme ça.

Photo: Raphaël Boivin

Le set se conclut avec Petit Jésus scandé d’un bout à l’autre par la foule qui en vient, par moment, à enterrer le rappeur qui rit de ne pas être le rappeur préféré de tous tes rappeurs préférés. C’est une œuvre d’art en mouvement qui se tient au milieu de son public. C’est le Kidd et c’est plus qu’assez.

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