La pop urbaine d’Eli Rose qui rafraîchit

Eli Rose

Eli Rose

Barclay

***1/2

Deux ans après son hit Soleil qui l’a fait connaître en solo post projet Eli et Papillon, Eli Rose sort un premier album complet, contenant plusieurs singles qu’on a délicieusement entendu tourner cet été. C’est de la soft pop urbaine: les prod qui dropent contrastent avec la voix doucereuse d’Eli. On est loin de l’indie pop qu’elle faisait en 2010 avec son ancien duo. La chanteuse a décidé de recommencer à zéro, et ça lui va extrêmement bien. 

L’album autobaptisé est une collaboration entre Eli Rose et plusieurs grosses pointures montréalaises et américaines, dont Ruffsound (Loud), Banx & Ranx (Sean Paul), Billboard (Britney Spears, Shakira) et Mike Clay (Clay and Friends). Elle est ben gearée, comme on dit.

L’album ouvre avec trois singles sortis cette année, soit Tôt ou Tard, Origami et Carrousel. Trois pièces solidement faites, que je ne me tanne pas d’écouter. «Tu es la beauté, le mal en même temps, mais tu m’as sauvée du mal en même temps». La fragilité et la nostalgie, des sons rythmés qui donnent envie de bouger et des mélodies accrocheuses sont à l’honneur.

Origami est la pièce maîtresse selon moi: une production au goût du jour, merci aux beatmakers qui savent manier textures et sons artificiels pour innover. C’est en effet un son très actuel, un mélange tendance de pop, de trap et de hip-hop, que l’on entend beaucoup chez les anglos, mais rarement au Québec. C’est l’fun d’entendre de la chanson francophone qui déroge du modèle chansonnier-guitare-voix. On est dans une langue et une culture propres à nous, et c’est vraiment rafraîchissant. La superposition de la voix de Fouki vient ajouter une texture intéressante à la chanson, une autre dimension à la voix légère d’Eli Rose. 

Le reste de l’album se situe à peu près dans les mêmes eaux, chaque chanson contenant des hooks qui restent en tête. Les textes tournent autour d’un amour passé qu’on comprend avoir été malsain. On y entend de belles métaphores, tout en restant dans l’accessibilité.

Demi-Tour, enfant du milieu, arrive comme un vent de fraîcheur après plusieurs pièces dans le même range de bpm et de tonalité. Ça change du reste; on crinque tout un peu plus haut et on lâche son fou. 

J’aime aussi beaucoup Avalanche, avec sa mélodie bien ficelée et le side chain des synthétiseurs à la fin. 

L’album se termine sur une ballade piano-voix, un choix dont je ne suis pas fan. Chapeau pour la vulnérabilité, le désir de se mettre à nu, mais je trouve qu’il manque de nuances vocales, de profondeur, d’élasticité. C’est à peu près le seul bémol que j’apporterais à cet album à mon sens très bon, actuel, rafraîchissant. 

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