Le Premier Gala de l’ADISQ: trash métal et père Noël

En arrivant au MTelus mercredi soir, la première personne qu’on a vue, c’est le père Noël. Certains diront que c’était Nicolas Noël pour sa nomination dans la catégorie Album ou DVD Jeunesse pour Les livres des enfants du monde, mais dans tous les cas, il nous donnait vraiment envie d’aller nous assoir sur ses genoux pour demander un Xbox. Voici notre retour sur le pré-party-de-Noël-de-l’Halloween-de-l’industrie-de-la-musique.

Le père Noël/Photo: Élise Jetté

Le numéro d’ouverture nous donne d’abord la chance d’applaudir très fort et en même temps Pierre Lapointe, Voivod et Éric Lapointe. La dernière fois qu’on a vu autant de diversité, c’est dans les pubs du NPD.

«Maman et papa Voivod, ça fait quatorze albums qu’ils sortent (depuis 1982)», explique Pierre Lapointe, à ceux qui n’auraient pas été élevés dans le merveilleux monde du trash métal.

Pierre y va ensuite d’un résumé de la dernière année qui contient notamment ceci:

«Cette année, Yannick Nézet-Séguin a signé un contrat à vie avec l’Orchestre Métropolitain. Qui fait ça?», demande Pierre Lapointe, ahuri devant ce mariage civil orchestral. 

Il explique ensuite aux novices-nommés «comment ça marche», le party de dimanche prochain: le Gala de l’ADISQ. Il dit entre autres que la soirée peut finir :

a) dans un bain avec Ariane Moffatt

b) en apprenant à fumer du pot avec Luc De Larochellière

c) etc.

C’est dans cet esprit qu’il énonce son fantasme du party de l’ADISQ de dimanche prochain: «Loud est assez réservé. Ça lui ferait du bien de sortir de sa coquille. Si quelqu’un peut le faire partir un petit train sur la piste de danse…», demande Pierre.

Quand À Jamais de Ginette Reno est couronné Album – Meilleur vendeur, Tout le monde attend impatiemment le commentaire sexu-cochon de Mme Reno. C’est son style. 

«Pierre, tu sais comment je t’aime», dit-elle plutôt à l’animateur de la soirée. Ginette aurait-elle troqué les jokes de cul pour les remarques d’amour? Est-elle en train de devenir plus sérieuse avec l’âge? On espère que non. 

La famille d’Alaclair Ensemble est le Vidéoclip de l’année. Dans la salle de presse, les boys s’envoient des «c’est toi qui me fais briller», «non, c’est toi qui me fais briller». C’est plus doux que vous pensez le rap.

Alaclair Ensemble/Photo: Élise Jetté

La moitié des gars suggèrent que le chèque octroyé avec le trophée sera réinvesti dans un autre clip. L’autre moitié affirme que ça servira à payer les couches et le CPE.

«Jamais vu quelqu’un payé aussi cher pour une chemise grise», disent les gars à propos du vêtement de Maybe Watson.

Délivrance d’Éric Lapointe est l’Album rock de l’année. «J’ai chaud», annonce Éric en montant sur scène.

Le duo qui monte récupérer le trophée d’Album ou DVD jeunesse pour La course des tuques est vraiment heureux. Ils disent le mot «extraordinaire» onze fois.

Extraordinaire duo/Photo: Élise Jetté

Ines Talbi frôle l’anévrisme en récoltant deux prix pour le projet La Renarde, un hommage à Pauline Julien: Spectacle de l’année – Interprète et Album réinterprétation. «Sophie Cadieux m’a prêté une robe. Salut Ginette Reno», dit-elle alors qu’on l’empêche de savourer son deux minutes à grands coups de «bip-bip-bip» de sortie de scène. Au moment de la photo en salle de presse, le groupe crie «Pauline» au lieu de «sexe». Il y a tellement de respect ici.

La Renarde/Photo: Élise Jetté

Le Black bloc vient faire une perfo de Safia Nolin, puis c’est le moment de remettre le trophée d’Album traditionnel de l’année.

Safia?/Photo de télé: Élise Jetté

C’est Notre album solo par Le Vent du Nord et De Temps Antan qui l’emporte. «Ce qu’on fait, c’est votre musique nationale», déclare-t-elle. Ce sont eux les responsables du retour en force du Bloc. Pas Éric Lapointe.

Le Vent du Nord et De Temps Antan/Photo: Élise Jetté

Charles-Richard Hamelin ne laisse aucune chance à personne en musique classique et repart avec les deux statuettes (Classique soliste et petits ensembles et Orchestre et grands ensembles). C’est vraiment un gars avec qui il fait bon être «ensemble». «Il est bien conservé pour son âge», remarquons-nous alors qu’il monte sur scène au moment où on dit que Beethoven gagne pour Sonates pour violon et pour piano no. 6, 7 et 8

L’Album jazz de l’année est celui de Dominique Fils-Aimé. Puis Alexandra Stréliski part avec le Félix d’Album instrumental de l’année. «Aimez-vous donc», dit-elle en fin de discours.

Alexandra Stréliski/Photo: Élise Jetté

Pierre Lapointe revient sur scène pour expliquer aux novices comment faire une invasion de domicile pour créer l’after-party de l’ADISQ. Fallait être là pour avoir le truc.

Souldia passe Go et réclame 5000 $ pour avoir été le préféré parmi ceux qui sont nommés pour la première fois.

Quand on remet le prix d’Album country de l’année, tout ce qu’on remarque, c’est qu’un album (qui n’a pas gagné) s’appelle Quand on s’est rencountry.

Paul Daraîche et sa famille gagnent le trophée. 

Millimetrik s’en retourne avec le prix d’Album électro et Simon Leblanc gagne le prix d’humour du gala de musique.

Jesse Mac Cormack/Photo: Élise Jetté

Florent Vollant s’exécute puis Jesse Mac Cormack gagne Album de l’année – anglophone pour Now. «Ça va être beau dans mon studio. Criss. Merci. C’est cool», dit-il.

Hubert Lenoir/Photo: Élise Jetté

Les remerciements de Milk and Bone pour Spectacle anglophone de l’année sont exécutés par Pierre Lapointe juste avant qu’on dise à Hubert que c’est lui qui a le plus rayonné hors Québec cette année. «Ça fait deux secondes que je suis dans le paysage, donc merci», dit-il. En salle de presse, il rangera cérémonieusement son trophée dans sa mallette d’homme d’affaires plutôt que dans sa bouche.

La mallette/Photo: Élise Jetté

Rapadou Kreyol de Wesli est l’Album de musique du monde de l’année et The Ballad of The Runaway Girl d’Elisapie est le meilleur Album – autre langue, un trophée qui fait réellement tomber tous les stigmas (?)

Wesli/Photo: Élise Jetté
Elisapie/Photo: Élise Jetté
Les Louanges/Photo: Élise Jetté

L’Album alternatif de l’année et le Choix de la critique, c’est La nuit est une panthère de Les Louanges, un album qui n’est pas facile à prononcer pour le Canada anglais comme on a pu le constater durant toutes les étapes du Polaris. «J’ai trouvé sur ma route un autre Félix. Félix Petit», explique Vincent Roberge, reconnaissant envers le gars qui l’a aidé à faire son album.

«Bravo à tout le monde aussi», s’exclame-t-il avant de quitter la scène. Tout le monde, tout le monde? Merci, Vincent. On va le prendre. Et bon anniversaire.

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