Violett Pi lance un livre, voici une lettre pour vous en parler

Vendredi soir, je suis allée au lancement de Baloney Suicide, le premier recueil de poésie du métalleur-rockeur-poète-compositeur-interprète-rappeur Violett Pi à l’Esco. C’est ma première critique de lancement à vie alors vous m’excuserez les formalités, je sais pas vraiment par où commencer. Je sais juste que tout le long de la soirée je me disais: «j’ai tellement ben fait de venir, j’ai tellement ben fait de venir», or voici.

Tsé une tabarnak de semaine?

Pas une dépression saisonnière, nenon. Rien que c’est pas, juste ce que c’est: une crisse de semaine. Faut appeler un chat un chat: une crisse de semaine une crisse de semaine. C’est correct, ça arrive. Han Violett Pi?

brisé

comme une branche

encore attachée à l’arbre

à l’envers

dans le vent

la carcasse

au bout d’un crochet

au bout du vide

Ma chaîne de bécike débarque pendant que je monte la côte Berri pour me rendre. OK, on lâche pas. Je pense à Violett Pi qui m’attend à l’Esco sans le savoir. Faut juste que je me rende. C’est souvent comme ça. Le plus tough, c’est de se rendre. Je rêvasse en traînant mon vélo. Une terrasse, une bière, j’en demande même pas tant, me semble.

Je rejoins mon chum, il m’aide avec ma chaîne, me donne un bec pis me paie un shot. La belle vie, c’est ici, y’a pas de d’autre vie. On s’installe sur la terrasse de l’Esco pour que mes rêves deviennent réalité. On demande au gars assis tout seul à sa table si on peut se joindre à lui. On se met à jaser tout le monde ensemble. Il s’appelle Seb. «J’ai entendu tantôt que tu faisais des rêves pas cool ces temps-ci, chus désolé pour toi. C’est correct, ça arrive. Ça va passer.» Je me rends compte que toutes les autres personnes sur la terrasse se parlent entre elles aussi. On rit avec le monsieur qui a de la difficulté à apporter deux petits bocks pour lui pis sa blonde jusqu’à sa table. «Coudonc, faut croire que t’avais pas vraiment soif!» Il y a aussi Sami le chien et ses maîtres accompagnateurs, quelques poètes de la métropole qui se réchauffent le foie pour le OFF POÉSIE de Trois-Rivières le lendemain, le frère réalisateur du chanteur-poète. L’ambiance est belle, la bière est bonne. C’est pas l’apologie de l’alcool, pour citer Seb, c’est juste de s’installer pis regarder la vie passer, tranquille. «En regardant les résultats BBM, on se rend compte qu’on est à peu près 40 personnes à écouter ICI MUSIQUE. C’est drôle pareil qu’on se retrouve toutes icitte à soir!» 

On finit par entrer écouter Violett Pi nous lire sa proposition pis je me mets à gonfler. À mesure qu’il nous conte sa poésie, je deviens une balloune fière. Je me dis que quand, un moment donné, dans les prochaines années pas si lointaines, m’a me bercer pis que tout ce qu’il me restera, ce sera mes souvenirs, je vais être heureuse de me rappeler que j’étais là, que j’ai fait ça. J’ai vu Violett Pi lire ses propres poèmes sur scène. Y’a des affaires qu’y dit qui se répètent pas, moi je les ai entendues pis ça m’a fait un bien fou. Qu’il chante, qu’il gueule ou qu’il poétise, Violett Pi est toujours sur la note. J’étais pas à la cibolaque de nuit de la poésie pour des raisons spatio-temporelles, mais j’ai vu Violett Pi lire ses propres poèmes, sur scène, à Montréal. Je vais faire chier tout le monde à la résidence avec ça. Ils vont dire «Ah pas encore la fatigante qui parle qu’elle était au lancement du premier recueil de poésie de Violett Pi». Pis moi, en direct de mon lit, attachée parce que je suis une vieille malcommode, je vais gueuler: « OH OUI, C’EST ELLE, EN CHAIR ET EN PLOTTE, MESSEIGNEURS», Je vais réciter et commenter mes vers préférés, qui se renouvelleront, matin après matin.  

j’ai douté de la crédibilité

d’un artiste

après avoir goûté

sa salsa qui pétillait

T’es quoi toi, t’es qui toi, si tu mets pas toute ta fougue créatrice dans ton pain aux bananes pour qu’il goûte de quoi qui se tient? Le monde est plus ce qu’il était! Il y a eu un avant Violett et un après Violett. L’art s’est scindé là. Bande de caves! Détachez-moi!

Ben oui, ça sentait le swing, ben oui Simon Boulerice nous a offert une excellente lecture de Martine à la plage, ben oui Violett Pi est un être touchant, trash et foudroyant, mais tout ça, il me semble que ce sont des évidences.

Violett Pi, même si tu crois que

s’exprimer dans plusieurs mediums

dérègle le brut

[et que] l’on se retrouve submergé

d’incomplet

d’idées hybrides

le corps à moitié toasté

dans le tiède hiver de mai

Dans ton cas, je suis pas d’accord. Tu peux te diluer encore un petit peu, ton essence est assez puissante.

Bisous

Lilou

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