FME 2019 jour 2: Le jour où la pluie nous crachait dessus

C’est vendredi au FME. On capote déjà à cause de la programmation trop dense, donc on fait ce que tous les psychologues suggèrent pour s’assurer une meilleure santé mentale: on laisse aller. On voit juste ce qu’il faut de musique pour constater que les foules de spectacles extérieurs, c’est comme aller au spa: l’idée générale de la chose semble divertissante, mais tu regrettes toujours d’avoir partagé autant de fluides corporels avec autant de monde.

Par Mathieu Aubry, Élise Jetté et Émilie Pelletier-Grenier

Ce n’est sûrement pas la pluie qui allait nous empêcher de nous déplacer pour le traditionnel Pool Party de Bonsound. Cette année, c’est le P’tit Belliveau et les Grosses Coques qui sont en charge de divertir la foule. Leur musique aux accents acadiens se marie bien aux gros maïs servis par l’équipe de la maison de disques. «Le refrain de Mon drapeau Acadjonne vens d’Taïwan est pas compliqué, c’est moi qui l’ai écrit, donc chantez», dit Belliveau. Musique ludique et beurre sur les joues, la bonne humeur est contagieuse en ce lendemain d’ouverture du FME.  C’est ben juste icitte qu’on peut considérer le parmesan au persil comme une bonne idée culinaire à rajouter sur son blé d’Inde.

P’tit Belliveau/Photo: Élise Jetté

La nouvelle scène de la Fonderie Horne (sûrement créée pour faire oublier à tout le monde qu’ils sont en train de respirer 1000 fois trop d’arsenic à cause de leurs activités) accueille en après-midi un Philémon Cimon éventé par les bourrasques cancérigènes.

Philémon Cimon/Photo: Élise Jetté

Il se voit dans l’obligation de faire un show écourté à cause de la pluie qui s’abat sur la scène non-couverte.

Trop d’arsenic/Photo: Émilie Pelletier Grenier

«Rendu à mon âge, je suis un peu tanné de chialer sur des filles… ben des femmes», dit Philémon en parlant de son nouvel album Pays. Il offre son imperméable à qui le veut bien et raconte son processus de création en se comparant à Jésus: «Tout à coup, Jésus avait pu de label. Il cherchait une petite main, un petit sein.»

Lou-Adriane Cassidy/Photo: Élise Jetté

Sûrement avec un début de cancer dans le corps, nous nous rendons à la Scène Paramount pour le 5 à 7 de Lou-Adriane Cassidy. «C’est-tu un resto en même temps», demande l’artiste qui joue dans un souper-spectacle.

Lou-Adriane Cassidy/Photo: Élise Jetté

La salle est pleine pour le concert de la jeune artiste qui enchaîne les tounes de sont album C’est la fin du monde à tous les jours. Quelque chose de gai. Les arrangements étoffés mettent la table pour la suite de notre soirée.

Laurence-Anne/Photo: Élise Jetté

Nous nous nous déplaçons à la salle Évolu-son  pour apprécier le show de Laurence-Anne. Dès notre arrivée dans la salle, nous fonçons directement sur la poubelle quadruple, volée au Tim Hortons juste en face.

La coopération est de mise en commerce lors du FME/Photo: Mathieu Aubry

La noirceur de la salle va de pair avec l’ambiance boisée/vaporeuse qui remplit l’espace dès le début de la prestation. Sur scène, la Kamouraskoise d’origine est accompagnée par un full band et de la décoration botanique. «Ce n’est pas des fougères, c’est des algues ancestrales», lance-t-elle entre deux pièces. «On va faire une chanson sensuelle. Est-ce que tout le monde est correct avec ça?», dit Laurence-Anne avant un solo de sax transcendant. Nous n’avons que de beaux mots pour la sensuelle saxophoniste Ariel Comptois et le percussionniste Étienne Côté qui alternera entre une grosse cloche dans son cou, des tambourins, des clochettes, un vibraphone et un long truc ressemblant à un fouet pour se flageller.

Étienne Côté en pleine séance de flagellation musicale/Photo: Mathieu Aubry

Félix Bélisle, chanteur de Choses Sauvages, a l’air dans un état complètement second (et d’un tueur en série) lorsqu’il débarque sur la scène lors de la dernière chanson. «Est-ce qu’on peut donner au moins un peu d’applaudissements à cette ostie d’affaire-là», beugle-t-il en quittant avant même la fin de la toune.

Félix Bélisle/Photo: Élise Jetté

La voix de Naomie de Lorimier (N Nao) pourrait tout briser en fin de show alors qu’elle monte assez aigu pour casser nos éco-cup. En duo avec Laurence-Anne, on dirait les soeurs McGarrigle en 89. «Pour Poison, fermez tout, même les lumières, même vos yeux», dit la musicienne pour faire vivre une expérience post-Jean-Marc-Parent-flash-tes-lumières.

Par la suite, direction Le Cabaret de la dernière chance afin d’attraper un hamburger au show d’Elliot Maginot. Il ne reste plus de délice bovin à notre arrivée. Nous sautons donc sur le reste de tranches de tomates. Nous souperons approximativement un peu plus tard en soirée.

Sarahmée/Photo: Élise Jetté

Sarahmée est sur la grande scène avec une énergie à faire fendre la terrasse VIP où sont massés les influenceurs qui attendent Loud. «Shit, j’en ai défait mes lacets», dit la rappeuse qui s’est donnée à fond.

Sarahmée/Photo: Élise Jetté

Nous manquons beaucoup de shows à ce moment-là, car nous préférons nous remplir d’alcool offert gratuitement par Audiogram dans un parking. Élise finit sur le toit de l’Audiobar après avoir perdu une gageure concernant la météo. Un long moment de fantaisies avant d’aller se régaler de la deuxième moitié du show de Philippe Brach.

Philippe Brach/Photo: Élise Jetté

«Ça va-tu Rouyn? Toutes les régions parlent dans votre dos», dit Philippe. Vêtu de son attirail asiatique, il fait sa dernière toune après avoir dit: «Ok, on a le temps pour une dernière, mais on a crissement pas le temps de boire de la bière. J’avais dit deux tounes, mais je suis plein de bullshit.» On t’aime pareil, Philippe.

Philippe Brach/Photo: Élise Jetté

Félix de Choses Sauvages refait surface pour aller l’embrasser. Il n’a pas l’air d’aller mieux qu’au 5 à 7 de Laurence-Anne.

Encore Félix/Photo: Élise Jetté

Dehors, la foule de Loud et Degrassi Nouvelle Génération: même combat.

Loud/Photo: Élise Jetté
Loud/Photo: Élise Jetté

«Rouyn a toujours été la ville la plus chaude», lance le rappeur alors qu’il fait quelque chose comme 2 degrés. Lary Kidd, invité sur scène par son comparse, a quelque chose à dire: «Yo, j’aime tellement Rouyn!»

Lary Kidd et Loud/Photo: Élise Jetté
Loud/Photo: Élise Jetté

C’est l’heure du gansta rap avec Souldia. Prévoyant que ça pouvait brasser, deux gardes du corps se retrouvent aux extrémités de la scène du Petit Théâtre du Vieux-Noranda. Ce qui n’empêche pas le rappeur de sauter à de nombreuses reprises dans la foule. Peut-être voulait-il voler le casque de sécurité que portait un fan?

Les fans du rappeur auront droit à un Souldia content de retrouver son public abitibien. Naya Ali aura même l’honneur de venir brasser la cage lors d’une performance.

Souldia/Photo: Mathieu Aubry

Pendant ce temps, d’autres membres du groupe s’époumonent à Victime au Cabaret de la dernière chance.

Victime/Photo: Élise Jetté

Simon Provencher décalisse ses lunettes et de nombreuses personnes se décalissent en général.

Victime/Photo: Élise Jetté

Quelqu’un qui voulait se battre se fait également crisser dehors. Comme quoi la sécurité aurait dû se répartir entre le show de Souldia et celui-là.

Les lunettes de Simon de Victime/Photo: Élise Jetté
Victime/Photo: Élise Jetté

Nous quittons finalement pour attraper le trio rock garage japonais The 5.6.7.8’s.

5,6,7,8’s/Photo: Élise Jetté

Tout devient mongol au Diable Rond, devant les trois madames, habillées en comptables des années 70, qui produisent des sons incroyables et reconnus (notamment dans les films de Tarantino).

5,6,7,8’s/Photo: Élise Jetté
5,6,7,8’s/Photo: Élise Jetté

Le constat est simple: se faire chanter des tounes en japonais quand le buzz d’une substance plus ou moins illicite décide d’embarquer, c’est affolant.

5,6,7,8’s/Photo: Élise Jetté
5,6,7,8’s/Photo: Élise Jetté

La soirée se conclut en gang aux danseuses avec l’auteur-compositeur-interprète Thierry Larose qui a été berné par ses amis afin de l’entraîner dans le vice. Un endroit où il en coûte 3$ d’entrée.

Thierry aux danseuses

Seules les filles se font carter. Après 45 minutes d’attente, une danseuse ose sortir des isoloirs pour venir sur scène pendant que l’animatrice recule la chanson afin de SUCEtenter l’appétit de la foule. «On va la rewindée pour toi Charlène», dit-elle. Charlène retournera aussi vite qu’elle est arrivée dans l’isoloir. À l’appel du last call, nous quittons aussi vite que possible cet étrange endroit au moment où System of a Down joue à tue-tête. Dans une chambre, au Motel Mistral, on mange du fromage effiloché qui a des allures d’organes.

Miam

Tout est beau.

Voici le récit de notre JOUR 1

Voici nos 11 meilleures phrases entendues durant notre deuxième journée au FME:

1- «Je suis allée dans des funérailles et cette toune-là jouait» – Élise Jetté aux danseuses.

2- «On dirait que la pluie aujourd’hui, c’est quelqu’un qui nous crache dessus» – Élise Jetté au Pool Party

3- «Tu as du parmesan dans le dos» – Quelqu’un qui n’est pas un Italien

4- «Sans oui, c’est non piquant» – Un homme qui dit vrai

5- «Quand on aime, on fait mal» – Sûrement la même personne qui a dit la phrase précédente.

6- «Je rêve d’entendre Guy A. Lepage commencer une entrevue par: « C’est quoi ton esti de problème? »» – Quelqu’un qui sera déçu

7- «Fuck le rap, mange-moi la cenne» – Entendu en direction du show de Souldia

8- «Jean-Sébastien Bach a été oublié comme Britney Spears» – Philémon Cimon

9- «Faudrait pas que je refasse cette note-là» – Un artiste dur avec lui-même

10- «Tu mérites mieux qu’un gars qui te pitche son cell dans face» – Une fille remplie de bon sens dans les toilettes du Cabaret

11- «Ça va, j’ai tout flushé le fromage» – Quelqu’un qui trouve la fin de soirée tof

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