FME 2019 jour 1: Y’é midi kek part

6h14 du matin. C’est l’heure de rendez-vous pour l’autobus voyageur qui nous liftera jusqu’à Rouyn-Noranda. Y’é tôt, mais y’é midi kek part.

Par Mathieu Aubry, Élise Jetté, Marielle Normandin-Pageau et Émilie Pelletier-Grenier

En plus de ne pas manquer le départ, il ne faut pas se tromper d’autobus. Les médias sont répartis selon leur provenance géographique: le Québec et l’Europe. Rien de xénophobe ici, simplement que les Européens préfèrent dormir durant le trajet tandis que les Québécois préfèrent s’ouvrir des canettes de bière et siroter un mimosa en parlant un peu trop fort à 7h30. Y’é midi kek part comme le chante Kaïn dans son nouveau single

L’Europe est là!

Dans l’autobus, un vestige de voyage passé, un sachet de beef jerky vide. On le laisse là pour que le souvenir persiste encore plus longtemps.

Un restant du passé

Lors de notre seul arrêt, au domaine de la Réserve de La Vérendrye, nous découvrons le côté cordon bleu d’Émilie, notre collaboratrice de Feu à volonté… Quatre sachets de vinaigre dans une poutine. Audacieux.

Le vinaigre se marie étonnamment bien à la sauce brune

Le trajet se poursuit jusqu’à Rouyn, bercer par l’ivresse du 4L de vin maison acheté 50$ au Domaine par mon voisin de bus, un richissime pauvre.

Le dîner du richissime pauvre
Le bon prix

Il y a clairement des gens avec un manque de savoir-vivre qui se sont déjà pointés ici:

Le gros bon sens

Dès notre arrivée au QG du festival, nous constatons que les membres des médias et les professionnels de l’industrie musicale seront tannants durant le FME.

Pas toujours facile de respecter les règlements.

Avant de nous séparer pour apprécier des shows diamétralement opposés (lire ici Les soeurs Boulay et Kid Koala), nous réalisons un rêve. Celui de tenir la barrière de sécurité à l’avant du parterre d’une scène extérieure. Plus besoin de dormir deux nuits dans des sleeping détrempés pour être à l’avant-scène, c’est fait!

Le calme avant déluge.

Nichée dans le quartier des spectacles rouynorandien, la 7e rue est le point de ralliement des festivaliers, la scène extérieure Desjardins se trouvant à proximité. C’est justement sur cette scène que Kid Koala a l’honneur d’ouvrir le volet extérieur du festival. Jeanne Added précède le dj.

La pluie n’a pas empêché Jeanne Added de se donner/Photo: Élise Jetté

La Française, peu connue de ce côté-ci de l’Atlantique a certainement réussi à se faire apprécier du public abitibien grâce à son énergie rappelant Alice Glass de Crystal Castles, mais avec une voix beaucoup moins criarde. Dès le début de sa prestation, la pluie s’invite. Alors que quelques spectateurs quittent les lieux, Jeanne Added redouble de fougue à chaque pièce, augmentant ironiquement l’intensité de l’averse qui s’abat sur nous.

Jeanne Added/Photo: Élise Jetté

Teintée de sonorités caribéennes, la musique électro-rock de Jeanne Added est portée avant tout par le lyrisme de sa voix tout simplement magistrale. La découverte de la première soirée. Petit bémol pour la chanson du rappel, qui est à l’opposé du party qu’elle vient de créer. Surtout avant le petit trop long temps d’attente avant Kid Koala.

Kid Koala présente Vinyl Vaudeville, un show mélangeant sa première passion (le scratching de vinyles) avec des danseurs et des énormes marionnettes. Spectacle plutôt éclectique qui alternera entre ses créations originales et du live scratching.

Impressionnant de le voir créer grâce aux caméras placées au-dessus des deux tables tournantes. En mélangeant trop les styles, Kid Koala ne réussit pas à établir une ambiance propice aux déhanchements. Toutefois, nous avons que des bons mots pour les marionnettes géantes déambulant au parterre. Gros shout out à son costume de koala ainsi qu’au trio de New York qui a transformé la 7e rue en école cours de danse avant l’arrivée du dj.

Les soeurs Boulay s’exécutent à l’intérieur de l’Agora au même moment. Elles ont ajouté du corps et des arrangements relevés à leurs plus vieilles chansons pour qu’elles se marient aux nouvelles sans qu’on ne se rende compte de rien.

Les soeurs Boulay/Photo: Élise Jetté

Les soeurs demandent au public d’envoyer un DM à leur compte Instagram pour leur dire c’est quoi notre plus grand rêve.

«Je rêve d’avoir un wilipop par jour», a confié quelqu’un. «On sait pas c’est quoi mais on se l’imagine», répond Mélanie. Les autres rêves donnent des petits frissons d’espoir à tout le monde: «Avoir une permanente un jour» et «Que mon cochon d’Inde ait des bébés», figurent parmi les meilleurs.

Il pleur là/Photo: Élise Jetté

Un peu plus bas sur la 7e rue, Élise et Marielle se protègent de la pluie à l’Espace Lounge Hydro-Québec pour assister au spectacle de Millimetrik. Clairement que ces gars vont avoir un torticolis le lendemain. On espère qu’ils se sont booké un rendez-vous chez l’osthéo ou de quoi. Sans qu’on comprenne trop la raison, quelques fleurs du plafond nous tombent dessus. Millimetrik nous mentionne que tout le monde devrait se tasser vers la scène pour que d’autres gens puissent entrer au show parce qu’«il pleut en criss».

Millimetrik/Photo: Élise Jetté

Ils invitent quelques comparses à danser sur la scène. Une quinzaine de personnes montent et nous montrent leurs moves de danse qui sont assez basic.

Tentant de se réchauffer après le déluge, on se dirige pour le spectacle d’Ellemetue dans la salle bondée du Cabaret de la dernière chance. Le simple fait de rentrer à l’intérieur de la salle apporte son poids pluvial. La musique exploratoire et flyée du duo nous transporte dans tout autre univers. La texture boisée des murs va de pair avec la vibe exploratoire de l’oeuvre. Le cover de Pink Floyd était assez envoutant. Une fin de soirée qu’apprécient les spectateurs attentifs.

The Young Gods/Photo: Élise Jetté

Pour conclure la première soirée, les routiers The Young Gods prennent d’assaut le Petit Théâtre du Vieux-Noranda autour de 00h04. 

The Young Gods/Photo: Élise Jetté

Les jeux de lumière sur leurs corps nous laissent croire qu’ils sont couverts de bestioles. C’est plus difficile à vivre pour ceux qui sont sur le mush. Les cheveux parfaitement poivre et sel et le calme des membres du groupe européen nous donnent envie d’avoir leur âge. «J’ai hâte d’être dans un band Suisse à 65 ans, de faire de la moto et d’avoir les cheveux poivre et sel», nous disons-nous. Il nous reste 35 ans pour réaliser notre rêve.

The Young Gods/Photo: Élise Jetté

Voici nos 13 meilleures phrases entendues durant notre première journée au FME:

1- «Si Ratatouille est pas dans nos faces d’ici vingt minutes, je pète ma coche.» – Une personne essayant de faire fonctionner le système de divertissements des bus Maheux.

2- « C’tu beau hen? Le soleil qui se lève sur le Canadian Tire?

3- «Le premier album de Kaïn est un album progressif dans le style de Yes» – un journaliste fort ambitieux

4- «Sont où les chiottes» – Bernard Adamus cherchant à se vider pendant Les soeurs Boulay

5- «Va t’acheter des condoms» – Deux boys mangeant leur poutine dans le parking de Chez Morasse.

6- «J’aimerais ça être menstruée, sinon ça veut dire que je suis enceinte.» 

7⁃ «L’amour c’est overaté»

8- «Il reste trois heures de route! C’est beaucoup diront certains.»

«Trois heures c’est trois baises.»

9- «Ce breuvage m’a ballouné.»

10- «Ce breuvage goûte la jeune fille de 14 ans.»

11- «En traversant Malartic, on se dit la même chose que Jacques Cartier quand il a mis le pied ici: « Tabarnak y’a pas grand-chose icitte ».»

12- «Je suis pas mal plus saoule que je pense que je suis.»

13- «Eille, tu chantes mal, mais tu jappes bien.»

1 comment on “FME 2019 jour 1: Y’é midi kek part

  1. FME 2019 jour 2: | Feu à volonté 6 septembre 2019 at 09:51

    […] Voici le récit de notre JOUR 1 […]

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