Festif! 2019 JOUR 1: «J’aime donc ben ça, le Festif!»

Jeudi matin, notre périple commence à Montréal alors qu’il faut aller chercher Julien Roche dans un chantier de construction sur Berri. La première conversation de la journée est avec un gars de la construction qui dit: «J’vais te faire remorquer».

Par Élise Jetté et Julien Roche

C’est au Hart de Saint-Anne-de-Beaupré que Julien dit pour la première fois «J’aime donc ben ça, le Festif!»

Il en finit par se demande c’est quoi son allégeance politique.

Québec ou Canada?/Photo: Élise Jetté

C’est à cet endroit qu’on fait le meilleur achat du week-end, une dépense de 7,50 $:

L’achat/Photo: Julien Roche

On a quand même eu peur. Une des entrées est fermées à cause que ce gars-là fait du ciment. Deux madames sont d’ailleurs prises dans l’entre-deux-portes. Au Hart, tu peux perdre ton âme ou ton sens de l’orientation.

Le faiseur de ciment/Photo: Élise Jetté

Pour le premier show de la fin de semaine, on se rend au Germain, où la salle est remplie de nos potentiels grands-parents. Sur scène, c’est un conventum de la promotion 1989: Luc De Larochellière et ses boys de l’époque dont Gérard Cyr, au clavier, qu’il n’avait pas vu depuis 25 ans au moment où il l’a appelé pour le revival de Amère America. «En attendant, il a fait Pin-Pon, Télé Pirate, Cornemuse et le Cirque du Soleil. Il se croyait désormais à la retraite», dit Luc avec tendresse.

Gérard Cyr/Photo: Élise Jetté

Assis dans la salle sombre, nous nous imaginons l’appel qui est survenu il y a quelques mois:

  • Ouais Gérard? C’est Luc.
  • Luuuuuc? Luc Senay?
  • Nenon, Luc De Larochellière. On faisait de la musique dans le temps.
  • Mais là ça fait 25 ans que tu m’as pas appelé.
  • Ben j’avais perdu ton numéro.
  • T’es pas sur Facebook?
  • Non, non, les Russes…
  • Bon ben on se refait-tu des tounes que personne a entendu depuis le début des années 2000?
  • Ok.

La basse et le drum nous ramènent tout de suite dans le char de nos parents en 1993. Un velours confortable, accentué par le saxophone sexy et la voix imperturbable de Luc qui n’a pas pris une ride contrairement à son band.

Luc De Larochellière/Photo: Élise Jetté

Moment d’autodérision, alors que Luc entame la toune Le trac du lendemain qu’il a écrite à 19 ans. Des rimes riches qui suscitent une belle introspection: «Je faisais rimer brique et Coke classique», rigole l’artiste. «J’aime donc ben ça, le Festif!», dit encore Julien, qui en est sa première expérience au festival.

Nous nous déplaçons à l’extérieur en affrontant le soleil qui provoque un contraste aussi grand que si on avait regardé une éclipse solaire sans la petite boîte.

Les Louanges. Les Louanges. Les Louanges. «Ça va Vincent Roberge?», qu’on se dit alors qu’il installe déjà la barre haute même si on est juste jeudi à 18h.

Les Louanges/Photo: Élise Jetté

Il a pris une assurance béton depuis quelques mois, dansant de manière à émoustiller ses dames. Il faudra d’ailleurs se ressaisir à quelques reprises, notamment alors qu’il s’exécute pour un solo de limbo:

Les Louanges/Photo: Élise Jetté

Il casse une nouvelle toune et annonce un EP pour l’automne. «C’est une comète en pleine ascension, s’émerveille Julien Roche avant de dire « J’aime donc ben ça, le Festif! »»

Les Louanges/Photo: Élise Jetté

En plus de faire vivre un moment exquis à tout le monde – petits et grands – il semble apprécier son moment aussi, remarquant que tout le monde chante les paroles: «J’en déduis qu’on s’est déjà rencontrés.»

On s’en va à la roulotte pour assister au 10e anniversaire de La Patère rose.

La Patère rose/Photo: Élise Jetté

Julien ne voit qu’une seule chanson, car il drop ses lunettes dans la toilette chimique. Il les contemple l’espace de deux secondes, en se demandant si elles vont flotter… et il se rappelle qu’il en a apporté une deuxième paire. «Toutes mes lunettes sont cheap. Je m’en sépare aisément», dit-il.

«J’aime donc ben ça, le Festif!» – Julien

La chanson L’éponge est très touchante, Fanny se souvenant de l’écriture de celle-ci, alors que le trio était au cégep. «Ça fait presque la moitié de ma vie», dit-elle. La nostalgie nous submerge. Tout est coloré et magnifique. La Patère is back!

Qualité Motel fait ensuite lever le party comme une machine à mousse dans un dance club de Montérégie. Ils ramènent des classiques de la culture pop. Les beats sont irrésistibles. «Je suis arrivé au show à reculons, j’ai fini par m’offrir, tout dansant, à la caméra. Genre de chose qui arrive une fois aux cinq ans», s’exclame Julien. «J’aime donc ben ça, le Festif!», ajoute-t-il.

Libérez le trésor, I Wear My Sunglasses At Night, Party de gars de Mixmania… rares sont les hits qui n’ont pas été entendus.

Alexandra Strélinski est celle qui fait culminer notre dernière journée après un kraft dinner aux saucisses cuisiné à 22h alors que toutes les cuisines de restos nous disent qu’on a manqué notre chance de manger.

Ils ont mis le piano d’Alexandra sur l’eau dans un jardin et des projections sont envoyées partout sur l’eau et autour. C’est Montréal complètement cirque, mais version musique classique. On n’a pas été assez tough pour rester jusqu’à la fin, mais on a dormi comme des bébés grâce au piano cinématographique de la grandiose artiste.

(Le comité santé & sécurité de Feu à volonté vous recommande de souper plus tôt que 22 h, a fortiori au tout premier jour du festival.)

«On aime donc ben ça, le Festif!»

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