Soirée mélange du randonneur au FEQ

Planning éclectique le 10 juillet: de la pop enfantine, du spleen de rockeuse et du blues de virtuoses. Un mix énergique parfait pour le festivalier actif.

Voyou // Salomé Leclerc

Le voici, le beau gosse de l’hexagone qui vient offrir les chansons de son album Les bruits de la ville. Pas de chance pour le loubard, son orchestre ne l’a pas suivi. Il les remplace par des instruments et des décorations en papier de plantes et fleurs. On ne sait si lesdites décorations sont agencées à la personnalité de chacun des membres de son groupe.

Voyou, seul dans sa jungle de cartons / Photo: Julien St-Georges Tremblay
La danse de l’araignée au plafond / Photo: Julien St-Georges Tremblay

Compensant peut-être pour l’absence de ses copains et copines, le jeune truand gesticule et grimace autant que le générique de Watatatow pendant ses chansonnettes. Je suis dans une émission pour enfants. Ça fait du bien.

De la musique parfaite pour les créatures magiques / Photo: Julien St-Georges Tremblay

La meilleure bricoleuse du star-système québécois, Salomé Leclerc, arrive sur la scène à 19h30. Avec son rock la fois doux et pesant, elle jette une pénombre agréablement mélancolique sur la Place d’Youville.
Son cover de Cohen qu’elle ajoute à Entre parenthèses impose une écoute attentive. Je suis hypnotisé. Je n’ai donc pas pris de photos.

*** Translation de la Place d’Youville à la Scène de la place George V (je n’y aperçois aucun des 5 George)***

Pour ceux et celles désirant éviter les bécosses de plastique festivalières, les toilettes du Hilton sont un excellent arrêt pour toute occasion. Le temps de se faire une beauté ou de boire une excellente Labatt Bleue tempérée. Un incontournable.

L’indice de party est à la hausse au Hilton / Photo: Julien St-Georges Tremblay

(Presque) Steve Hill // Buddy Guy

Désaltéré par mon stop au Hilton, j’arrive à temps pour entendre les derniers accords de Steve Hill, aussi puissants que le moteur de la Harley de son ami Ti-Cuir .

21h20. Buddy Guy arrive. Dès qu’il rentre sur scène, la foule est pâmée. L’octogénaire va donner ce qu’il sait le mieux faire: le blues. Il le répétera plusieurs dizaines de fois. Probablement qu’on avait compris la première fois, mais il semble tellement content de nous le redire qu’on excuse la répétition.

Une icône en fusion avec son public / Photo: Julien St-Georges Tremblay

Il lance des regards espiègles et se secoue le bassin comme s’il n’avait que 70 ans. Je suis charmé, même par ses blagues paternalistes à propos de l’époque avant le rap.

Gardes-y les dents! Je l’aime d’amour!

Ma voisine Sylvie
Pas besoin de «pic», une serviette fera l’affaire / Photo: Julien St-Georges Tremblay

Il utilise judicieusement tout son corps pour créer de la distorsion sur sa six cordes. Derrière son dos, avec ses dents (pendant un cover de Jimi Hendrix), avec une serviette, une baguette de batterie avec ses fesses, il trouve le blues partout. On a l’impression d’assister à un spectacle des Harlem Globetrotters.

I’ve come here to have some fun. Not for you to fuck up that song!

Buddy Guy

Quelqu’un devrait expliquer à Buddy qu’en parlant de la ville de Québec comme du «Canada» il sera déçu. Il l’apprend à la dure lorsqu’il demande à la foule de participer aux chansons et qu’elle ne lui rend que de timides baragouinages en anglais.

Un Guy déçu par nos talents de chant / Photo: Julien St-Georges Tremblay

Buddy est frustré, on le comprend, mais rien n’y fait, même si on essaye tous avec ardeur. Tout ce qu’on entend c’est un silence gêné de quelques milliers de personnes se sentant coupables. Heureusement notre buddy, Buddy, ressort son sourire et conclut un spectacle mémorable. J’ai hâte déjà hâte d’aller voir son hologramme à la 80e édition du FEQ.

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