Homeshake: une tragédie normcore en trois actes

Homeshake / Photo: Mathieu Catafard

Tout de mom jeans vêtu, Peter Sagar, soit l’homme derrière le projet Homeshake, s’est présenté jeudi devant un Théâtre Fairmount bondé. Interventions louches au micro, bass drum qui fuit, foule essentiellement composée de cégépiens anglophones, spécial «une bière et un shooter de Jameson pour 8$» et sons indie/synthpop/lo-fi/R’n’B: voilà autant d’ingrédients qu’il faut pour une recette gagnante.

Acte 1: La rencontre

Au début, on s’étudie, on se tâte et on s’observe. Lentement, mais sûrement, Homeshake fait tomber tout le monde dans une douce rêverie dansante. Seulement, entre les pistes, il en profite pour parler à la foule avec un altérateur de voix qui le fait sonner comme un tueur en série qui t’appelle à 3h du mat en disant: «je te vois, je m’en viens te chercher».

Homeshake / Photo: Mathieu Catafard

Il estime aussi important d’encourager son public à entamer des réflexions existentielles cruciales: «Bon. Qui ici déteste sa job?», lance-t-il à la foule, plongeant momentanément tout le monde dans une grande angoisse.  

Acte 2: Suspension

Les tounes s’enchaînent. Ça a l’air que c’est important de dire lesquelles. Alors il y a entre autres Every Single Thing, Call Me Up, Just Like My, She Can’t Leave Me Here Alone Tonight et Give It To Me. Sur cette dernière, la foule très enthousiaste est allée jusqu’à chanter à l’unisson le riff suave de guitare.

Homeshake / Photo: Mathieu Catafard

Suspendue, la foule est. Surtout qu’à un moment, le bass drum du batteur décide de commencer à se promener. Les musiciens doivent reprendre la pièce du début. Visiblement mal à l’aise, le chanteur aux espadrilles anachroniques est forcé d’interagir avec la foule. À son grand dam.

Acte 3: L’inéluctable

Comme toute bonne chose a une fin, le spectacle s’étiole. Le chanteur et compositeur aux airs juvéniles quitte simplement la scène. Pas de rappel. Juste un chandail Kangourou jeté sur son épaule avant de se flexer en toute désinvolture. Et les employés du Théâtre Fairmount nous mettent brusquement à la porte en rallumant d’un coup toutes les lumières. Ça réveille mal. C’est comme la chute cliché d’une nouvelle littéraire d’élève de secondaire: «ce n’était qu’un rêve».

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