Mutek 2018 – Le bulletin

Mutek Montréal vient de se terminer! C’est dimanche que le plus grand rendez-vous annuel d’amateur de musique weird tirait sa révérence et on vient tout juste de réussir à comprendre certains des shows qu’on y a vus. Certains sont des réussites dans tous les sens, d’autres un peu moins. Pour vous aider à vous y retrouver, voici notre bulletin de Mutek!

T. Gowdy en plein travail / Mathieu Aubre

Acid Pauli – A+

Si le DJ deep house attire normalement les foules, son événement dans le cadre de Mutek MTL avait de quoi charmer les Montréalais encore plus. S’éloignant de son habituel son très bouncy et dansant, l’Allemand proposait un set hommage à Leonard Cohen, comprenant des samples et des remixes des chansons du regretté musicien ainsi que des extraits d’archives de ses dernières entrevues. C’était peut-être pas le set le plus hop-la-vie, mais ça reste une belle œuvre in situ consciente de son environnement et jumelée à des projections de madame en boules géantes. Qu’est-ce que tu veux de plus?

Boska – A

Quand je vais à Mutek, c’est pour voir des expérimentations, de la musique improvisée ou du moins novatrice et qui sort des sentiers battus. Celui qui a le mieux répondu à mes attentes restera cette année Boska. Jeune DJ norvégien et accessoirement batteur dans un groupe avant-pop, Jon-Eirik Boska aura offert un set complexe, fluide et minimaliste aux rythmiques construites sur une esplanade un peu circonspecte par moments. Perso, j’ai beaucoup aimé!

Debbie Døe – A-

DJ montréalaise assez bien établie, elle en était toutefois à son premier Mutek. Vu le succès de son évènement, elle devrait être réinvitée sans trop de difficultés, alors que la performance qu’elle a proposée durant son spectacle mêlait habilement les genres et les médiums artistiques. Ajoutant à son set du chant et de la danse, par-dessus un alliage de samples de musiques traditionnelles arabes et de techno minimaliste tout en subtilité. Un show efficace et presque sans erreurs qui témoigne d’une belle recherche musicale.

DJ. flugvél og geimskip – A-

Tsé, des fois, tu te ramasses devant une prestation et tu sais pas comment te sentir tellement c’est too much. Ben c’est un peu ça les shows de la productrice islandaise DJ flugvél. En costume, elle nous interprète les chansons pour le moins weird qu’elle a écrites au cours des dernières années sur fond de projections de poodles miniatures, d’espaces pis de dessins fucked up. Elle se permet une belle liberté ludique et le public peut se permettre ben des hallucinogènes, je crois.

Bonbon Kojak – B+

Habitué des Moonshine, le Montréalais d’adoption n’a même pas laissé le temps au public de s’installer et respirer une seule seconde avant de lancer la machine à danser en grande pompe. Avec un habile mélange d’afrobeat et de textures plus trap, ça aura pris 5 minutes avant que le premier rond de danse ne se forme autour de deux individus survoltés et très bons danseurs/twerkers par moments. Belle compétition aux sets souvent plates de Mode & Design…

Yu Su – B

D’origine chinoise et établie à Vancouver, Yu Su a un excellent potentiel musical. Elle fait une musique ambiant fortement influencée par le dub et des sonorités jazz et new age, dans un melting pot très cohérent et agréablement complexe. En set, c’est surtout sur des variations rythmiques rapides et hypnotisantes qu’elle met l’accent, pour le plus grand plaisir de ceux qui n’étaient pas à la SAT que pour danser.

Viñu-vinu – B

Gabriel Vinuela a commencé à faire de l’électro relativement récemment. Pianiste jazz expérimenté et membre de la formation Parc X, il applique ses talents d’improvisateur dans ses performances qui mêlent les genres sans trop de souci de se définir par un style, mais bien par un son personnel. Si le risque d’être un peu décousu survient, reste que le risque en vaut souvent la chandelle et force également le respect.

Charbonneau/Amato – B-

On n’a pas ici à faire à des petits nouveaux de la scène montréalaise. Si ce projet électro commun est relativement récent, les deux ont déjà collaboré ensemble au sein des Luyas et de Torngat et cette chimie longuement cumulée paraît très bien dans les expérimentations ambiantes très lentes et posées du duo. Avec des projections brumeuses et méditatives dans le cocon de la SAT, le résultat valait le détour.

T. Gowdy – B-

Y’a des shows qui se révèlent parfois plus intéressants pour leur concept que pour la musique à proprement parler. C’est le cas de celui que T.Gowdy nous a présenté durant la Nocturne #2. Le Montréalais offrait une belle mise en abîme à son public, en projetant dans une espèce de cube qui l’entourait des images de la foule, changeant selon le rythme et la sonorité de la musique. On aurait aimé avoir un set avec un peu plus de mouvements pour mieux affecter l’image, ceci dit, mais l’idée de départ est excellente!

Korea Town Acid – C

Descendue tout droit de Toronto, Korea Town Acid aura été un petit moins lors de mon vendredi après-midi passé à l’Esplanade de la Place des Arts. Loin d’être mauvaise, sa performance qui laissait une belle à place à des rythmiques complexes et des touches de jazz manquait toutefois ironiquement de rythme. Les introductions de ses chansons étaient souvent trop longues et les moments dansants trop peu nombreux, contrairement à sa musique enregistrée.

Electric Indigo – D

Il faut toujours un dernier dans toute liste et cette année, c’est malheureusement sur Electric Indigo que ça tombe. Celle qui testait un nouveau live devra peut-être le retravailler à mon avis. La performance, très simpliste et souvent trop lente, ne m’a pas particulièrement allumé, surtout juste après celle de DJ Flugvél. On m’a toutefois dit qu’Electric Indigo excelle en DJ set et je reste curieux de la voir dans ce format un jour.

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