[FRANCOS 2018] Klô Pelgag : front row avec des gens de 2 à 102 ans

C’était mon premier bain de foule de l’été, hier soir, pour le spectacle de Klô Pelgag et l’orchestre du Temple Thoracique, présenté sur la plus grande scène des Francos de Montréal. Ahhhh les festivals d’été: enfin renouer avec le plaisir de fumer par procuration un paquet de cigarettes complet seulement en partageant un espace restreint avec un étranger qui te souffle son cancer du poumon dans la face. Ça me manquait!

Klô Pelgag sur écran géant/Photo: Élise Jetté

Au moment où on pose un premier pied sur le site du Festival, Dan Bigras s’époumone sur le dernier couplet de Tue-moi. En termes de timing, on peut difficilement faire mieux.

En arrivant à la grande scène, on réalise qu’il y avait une première partie au show de Klô:

La première partie/Photo: Élise Jetté

Bien installés au-devant de la scène dans l’attente du début du spectacle, on assiste à notre première «tentative de se rejoindre» de l’été, une jeune femme qui parle au téléphone avec son ami:

«Je lève mon bras. Je suis à gauche de la scène. Là je lève ma bière. J’ai les deux bras dans les airs. À GAUCHE. J’agite ma bière.

Haaaaaaaaaaa. Je me suis trompée. Je suis à DROITE de la scène.»

Puis, c’est le début du spectacle qui nous est présenté par une fille extrêmement heureuse d’être contente d’être là. En termes diplomatiques, la joie de cette fille par rapport aux Francos est inversement proportionnelle à celle de Justin Trudeau par rapport aux conclusions du G7.

Klô Pelgag arrive sur scène après son orchestre comme un astronaute marche sur la lune. «C’est-tu un gars ou une fille?», dit un spectateur qui n’avait pas nécessairement mémorisé des fun facts sur l’artiste pour l’occasion.

L’autre soir à la violence, Les ferrofluide-fleurs et Le sexe des étoiles sont jouées l’une après l’autre, dans l’ordre de l’album, un concept qui durera jusqu’à la fin du spectacle, permettant ainsi à ceux qui ont besoin d’ordre et de stabilité de ne pas être décontenancés.

C’est pendant Les instants d’équilibre que le suit lunaire de Klô Pelgag s’allume tel un sapin de Noël en juin. De la poésie pour les yeux! À la fin d’Au bonheur d’Edelweiss, l’orchestre du Temple Thoracique nous captive avec un extrait instrumental qui, à paupières closes, peut facilement s’apparenter à un écrasement d’avion. C’est à ce point grandiose!

Klô s’exprime pour la première fois du spectacle: «C’est un geste politique des Francos de nous donner cet orchestre Thoracique pour une deuxième fois en deux ans (la dernière fois, ça se passait aux Francos également, mais à l’intérieur de la Place des Arts). Bravo et merci pour votre curiosité et votre intelligence. Voici une chanson d’amour dédiée à chacun de vous.»

Et c’est la touchante Incendie qui débute. La chanson se termine avec Klô qui danse un slow avec sa guitare. L’amour est partout. Dans toute cette vague d’amour, c’est la spectatrice à notre gauche qui se retrouve désemparée: elle cruisait un jeune homme sur Messenger depuis le début de la soirée et là, le cauchemar: plus de batterie dans son cell. C’est l’hécatombe dans le groupuscule adolescent à nos côtés.

Et Les mains d’Edelweiss retentit au moment où un homme âgé d’environ 102 ans appuie discrètement sa main dans mon dos, fatigué par l’effervescence du festival. Je le laisse faire, émue de constater son engouement, ses yeux qui brillent malgré son âge avancé et sa détermination à être front row pour voir l’éclectique chanteuse.

Klô nous présente Lana, au violon, et elle nous dit qu’elle va bientôt avoir un bébé…. avec le drummeur. Le cycle de la vie, le cycle de la musique.

C’est dans cet élan de sérénité sur scène que ma jeune voisine qui ne peut plus texter son âme sœur déclare à son amie qu’elle souffre d’une vaginite, ce qui l’importune énormément, mais pas autant que sa chlamydia le mois dernier.

Les animaux étant une chanson douce, les détails se font aussi audibles que croustillants.

Chorégraphie des âmes débute ensuite et se termine sur un gros jam de trompette.

Et avant Au musée Grévin, une chanson qui parle de mettre le feu audit musée, Klô nous jase de la toune: «Les Musées Grévin de Montréal et Paris m’ont invitée pour une visite après avoir entendu la chanson. C’était pas une chanson très positive donc j’ai pas compris le buzz, confie-t-elle. Dans cette époque où on aime beaucoup se prendre en photo, profitez de la présence des gens autour de vous, dit-elle, inspirante. Ou, non, en tout cas faites ce que vous voulez», se ravise-t-elle. Puis, après la chanson, elle se couche par terre pour un intermède instrumental orchestral avant Insomnie.

Klô qui dit babye à l’orchestre/Photo: Élise Jetté

Comme un astronaute qui plante son drapeau sur la lune, Klô se retourne une dernière fois vers son orchestre Thoracique afin d’écouter la note incessante qui conclut le spectacle et l’album.

Elle réclame une main d’applaudissements pour son frère Mathieu Pelletier-Gagnon qui a fait les arrangements. «Si vous le croisez dans la rue, remerciez-le pour ça», dit-elle.

Et en remerciant le reste de sa gang elle réalise que beaucoup d’entre eux s’appellent Mathieu ou Guillaume.

Les gens quittent à contrecoeur, réclamant un rappel. «Pas de rappel? Au prix qu’on a payé», dit un gars qui, comme nous tous n’a pas déboursé une criss de cenne pour voir le show.

Puis, devant les cris désespérés réclamant une toune supplémentaire, c’est tout ce à quoi on a droit:

 

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