Young Galaxy plus inventif que jamais

Young Galaxy

Down Time

Indépendant

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Après quelques albums chez Arts & Crafts et Paper Bag, le duo montréalais Young Galaxy lançait ce mois-ci son premier opus 100% indépendant. Down Time, plus efficace que ses prédécesseurs, est un album sensible et intelligent.

J’ai toujours eu du fun à écouter les nouvelles sorties de Young Galaxy. Mais je vais vous avouer ben franchement que c’est assez rare que je me relance dedans passé la marque des deux-trois mois suivant chaque parution. Bon, quelques chansons réussissent à sink in, comme l’excellente Body, tirée de Falsework (2015), mais c’était pas non plus le band le plus mémorable à Montréal malheureusement. Surtout comparé à Grimes ou Blue Hawaii, ou encore aux Torontois d’Austra, qui sont pas mal tous issus des mêmes plates-bandes. Mais Down Time marque un méchant pas dans la carrière du duo!

C’est un peu comme si la chenille venait de devenir un papillon en sortant de sa chrysalide (mot que j’aime bien insérer partout) ou comme moi quand je suis sorti de l’adolescence. Voici d’ailleurs un avant/après pour vous donner un aperçu de la différence (de moi là, pas de Young Galaxy!):

En fait, c’est un genre de version trip-hop de ce que Young Galaxy faisait avant, mais en vraiment mieux. Sur ce, je vais arrêter de juste faire une interminable série de comparatifs boiteux pis je vais vous jaser de l’album en soit. Fallait juste que je passe ma page blanche d’une façon ou d’une autre. Merci de votre compréhension.

Alors que dans les anciennes productions des Montréalais on avait de la difficulté à sortir du house à 120 bpm sans trop de variations de kick/bass, Down Time nous en présente une trâlée. D’une chanson à l’autre, on réussit habilement à nous faire changer de mood avec une fluidité déconcertante, qui permet à l’album de bien se renouveler et de rester surprenant à chaque écoute. Je suis d’ailleurs rendu à ma quinzième écoute au moment d’écrire ces lignes, donc je sais de quoi je parle. Ça évoque autant Björk que The Knife ou même The XX par moment, dans des ambiances plus scandinaves que montréalaises. C’est que le groupe ne fait plus que dans la musique vaguement dance facile: on expérimente plus, on sort des sentiers battus pour intégrer des pièces parfois déroutantes et complexes. Je pense ici surtout à la très longue Frontier, pièce de neuf minutes à l’intro hypnotique qui vient créer un mur plus efficace que celui de Trump au beau milieu de l’album!

Y’a des petits bijoux de chansons sur Down Time, mais ce qui marque le plus, c’est le sentiment de liberté artistique totale que Catherine McCandless et Stephen Ramsay ont enfin réussi à atteindre, potentiellement en décidant juste de se lancer de façon indépendante et sans label. On sent plus de fun ici, et même si tout est plus léché, ironiquement on sent moins de soucis de surtravailler chaque pièce pour les perfectionner à l’excès. Même la pochette est bien conçue! Ce dernier opus est le plus organique du groupe et, s’il persiste dans la même veine, il devrait gagner la renommée qu’il mérite.

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