Francouvertes 2018, soir 1 : sosie, bruit et fautes d’orthographe

C’était le début des Francouvertes hier soir au Lion d’Or. On y a vu des animaux morts, mais des musiciens vivants. Et, après la prestation de zouz, tout le monde était décoiffé, mais dans le bon sens. Retour sur une soirée aussi surprenante que Surprise sur prise à TQS.

zouz/Photo: Élise Jetté

Isabelle Ouimet à l’animation, nous présente Émile Bilodeau, l’Ex de la semaine, comme étant «O négatif, donc donneur universel». C’est toujours rassurant de savoir qu’on pourra se procurer du sang en un rien de temps en cas de drame.

Émile chante J’en ai plein mon cass, puis il enchaîne avec une nouvelle chanson qu’il doit casser sur scène en l’honneur des Francouvertes. La chanson s’appelle Bad Boy et Émile ne parle pas anglais.

Avant de clore sa prestation, il essaie de détendre la foule avec une joke d’avortement. Ce n’est pas un succès. Comme on n’est pas en train d’évaluer Émile, je me permets de remarquer des petits détails anodins comme le fait qu’Émile n’a pas besoin de faire plus que trois tounes pour commencer à suer de la face. Aussi, devant le succès grandissant du jeune homme, on peut affirmer que c’est pas parce que tu gagnes presque rien lors de la grande finale des Francouvertes que tu ne vas pas être celui qui va avoir la grosse carrière en Europe après #DylanPerron

Émile Bilodeau/Photo: Élise Jetté

C’est ensuite Gabriel Bouchard qui vient briser la glace en tant que premier concurrent. «Nous on pense qu’on a des bonnes chances de gagner contrairement à ce qu’Émile Bilodeau nous a dit en coulisses», dit Gabriel. Il nous présente sa suite de chansons folks avec un bel habillage rock offert par les boys de Gazoline.

Irrévérencieux, il se permet de se mettre à dos, d’entrée de jeu, tous ceux qui pourraient être contre l’utilisation des ratons pour faire des courroies de guitare.

Gabriel Bouchard/Photo: Élise Jetté

Côté textes, chaque métaphore frôle quelque chose. Beaucoup de phrases avec beaucoup de potentiel demeurent au niveau 1. «J’me sens comme une horloge sans heures», notamment, est un beau commencement de réflexion. Une autre chanson d’amour triste nous parle de Gabriel qui a annoncé à une fille qu’il l’aimait juste avant qu’elle se fasse une blonde. Un bon sujet.

Avant de quitter, il nous chante Roberval et nous prévient qu’un bus de 72 personnes est venu de Roberval pour l’encourager. C’est à ce moment que 5 personnes tapent des mains en affirmant être venues de Roberval pour l’occasion.

Gabriel Bouchard/Photo: Élise Jetté

Quiconque me connait un peu sait que la confusion orthographique entre «en train» et «entrain», c’est pas mal la chose qui me met le plus en maudit après la disqualification des Canadiens en courte piste à Pyeongchang.

Dans le texte de Roberval, on peut lire ceci:

J’étais fâchée.

C’est ensuite au tour de Raphaël Dénommé de faire son entrée. Isabelle Ouimet le présente comme «un gars qui ne pourrait pas vivre sans la musique et les lits». Peut-être qu’il travaille chez Dormez-vous.

Raphaël Dénommé/Photo: Élise Jetté

Musicalement, il s’offre à nous comme un Bernard Adamus mieux coiffé. La chanson Le clochard, notamment, qu’il interprète de façon dépouillée, met en relief un quasi-plagiat vocal (if it’s a thing). Les yeux fermés, y’a pas de différence. Tout est exécuté correctement, mais il n’y a rien dans sa perfo qu’on n’a pas déjà entendu d’une manière ou d’une autre; qu’on s’attarde au son ou au propos.

Des chansons de peu de mots peuvent parfois payer. Ça a été le cas, entre autres de Deux Pouilles en cavale en 2014. Par contre, quand la proposition musicale est assez standard, une chanson aussi dépourvue textuellement que Downtown aurait mérité d’être plus soignée.

En terminant sa perfo, Raphaël invite la foule à répondre «tor» lorsqu’il dit «cas», afin de faire le mot «castor». Il y a 11 répétitions de cet exercice. Et la toune ne parle pas de castor. Raphaël Dénommé maîtrise néanmoins son style et installe une ambiance qui serait très adéquate dans une soirée de cabane à sucre en Montérégie.

La cerise sur le premier des sept sundaes: zouz s’installe pour la dernière prestation de ce premier lundi. Isabelle Ouimet les présente comme des «passionnés de mammifères qui pondent des oeufs». Les trois gars sont si calmes qu’on dirait qu’ils arrivent du Bota Bota.

zouz/Photo: Élise Jetté

Étienne Dupré s’exclame qu’il n’y aura que peu d’interventions afin de laisser la place à la musique: «On va laisser la musique parler. On est des fous de la musique. Fous de la musique, ça sera le nom de mon prochain band!»

Mes bouts préférés: lorsque David Marchand et Étienne chantent la même chose en même temps. En termes d’exactitude, on est proches des Denis Drolet, en termes de style, c’est comme Les Baronets, mais avec un peu plus de bruit.

Quand le groupe sera célèbre, Marchand pourra devenir porte-parole de shampoings pour cheveux soyeux.

David Marchand/Photo: Élise Jetté

Comme nous le démontre cet impressionnant montage photo, Francis Ledoux pratique une technique spéciale de drum (sûrement enseignée par Messmer) qui lui permet d’émettre davantage de coups sur son instrument, simplement en crispant le visage. C’est du jamais vu. 

Francis Ledoux/Photos: Élise Jetté

Peut-être qu’Étienne a un truc similaire:

zouz/Photo: Élise Jetté

Quand David s’exécute pour un solo, ses deux comparses sont solennels comme durant l’hymne national aux Olympiques. C’est beau à voir. Pas peureux, Étienne dit au public avant de quitter que le groupe s’en va en studio et qu’il nous faut donc continuer de les suivre «jusqu’à chez nous, si vous voulez». Barre tes portes, Étienne.

Étienne qui joue les yeux fermés/Photo: Élise Jetté

Ma soirée se termine par une longue conversation avec un artiste de la relève (qui ne fait pas partie du concours) et qui avait décidé de ne pas voter. J’ai longuement essayé de comprendre son point de vue, mais le désaccord fut total. J’ai tout de même validé qu’il n’y avait pas de froid entre nous dû à cette mésentente. Il m’a répondu «Ben non Élise, je t’apprécie autant que le ciment qu’on coule pour établir les fondations d’une maison.» Je ne sais pas encore si c’est positif, mais c’est ce genre de métaphore complexe que je conseille aux candidats pour la suite. C’est pas grave si on comprend rien.

Palmarès des préliminaires des Francouvertes 2018 après le soir 1 :

1- zouz

2- Gabriel Bouchard

3- Raphaël Dénommé

Le party se poursuit la semaine prochaine avec Jay Scott & Smitty Bacalley, Of Course et LaF. Lundi 20h au Lion d’Or.

 

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