10 questions dans le Microphone avec Louis-Jean Cormier

Où peut-on retrouver Marie-Pierre Arthur, Fanny Bloom, Dumas, Fred Fortin, Laurence Jalbert, Daniel Lavoie, Patrice Michaud, Marjo, Alex Nevsky, Karim Ouellet, Yann Perreau et Vincent Vallières en un seul et même endroit? Dans le studio de Louis-Jean Cormier qui les conviait l’an dernier autour de son Microphone à Télé-Québec afin de reprendre certains de leurs succès! L’album-compilation de quinze chansons est maintenant disponible en version numérique sur étiquette Zone3 Musique.

Rencontre avec le maître d’orchestre!

1 C’est quoi le secret d’une bonne reprise?

Travailler spontanément et instinctivement, voir si la chanson nous ouvre une nouvelle porte, respecter le sens du texte, la mélodie. Mais il faut aussi en profiter pour trouver un nouvel habitat musical qui va porter différemment ces mots-là. C’est comme ça que je nourris mon côté auteur-compositeur. Il y a des moments où je réinvente la chanson et, au final, ça va faire ressortir un passage du texte qui passait un peu plus inaperçu.

2 T’es tu déjà trompé sur le sens du texte?

Oui! Avec Richard Séguin, dans la saison 2. J’étais trop excité et je me suis laissé emporter. La version originale de Journée d’Amérique, là, musicalement, c’est joyeux, mais dans cette toune, il fait froid, y’est cassé, y’est accoté le long d’un mur et il cherche un peu d’azur. Ça ne va pas du tout! J’ai mis la chanson encore plus pépé, mais j’aurais eu l’occasion rêvée de l’amener encore plus dark.

3 Qu’est-ce que t’aimes le plus dans Microphone?

On a du temps comme jamais pour parler de notre métier! Tout ce qui se fait d’autre dans les tribunes de musique à la télé, ça ressemble à: Bon, ok, toi tu sors un album. 3, 4, ok, go, joue! Sinon, tu vas être dans un concours amateur, tu vas chanter entre deux numéros d’humour. Là on a un show de variétés qui prend une tournure de documentaire-spectacle. L’image est belle. C’est bien fait en maudit!

4 Comment tu te sens quand tu proposes une nouvelle version d’une toune à son auteur?

C’est stressant et ça l’est encore plus avec des amis proches. On est en train de rentrer dans l’intimité du créateur. Il y a des gens qui sont plus campés que d’autres. Ils sont indélogeables dans leur façon de faire. Vallières, par exemple, tu peux pas aller n’importe où avec ses tounes. Je préfère la version originale de sa chanson L’amour c’est pas pour les peureux, mais une valse blues plus soul, ce qu’on a fait pour Vallières, c’est vraiment spécial, parce qu’il va pas là d’instinct!

5 Dans l’épisode avec Fred Fortin, tu parles beaucoup de ton admiration pour lui. Qu’est-ce qui te fascine le plus chez lui?

Depuis que je suis tout petit (ben, j’avais 17 ans quand il a sorti son premier album), je trouve que c’est un super musicien et un bon raconteur. Il est campé dans son accent, dans son joual, dans sa façon de faire tout en délicatesse. Il peut dire «bobettes sales» ou «t’es un ange cornu»… Il va toujours te sortir une phrase qui fesse en criss. Il est jamais en train de se travestir.

6 Est-ce qu’il y a des chansons qui ne sont pas « reprenables »?

Y’a des intouchables. Des pièces que j’aimerais pas tirebouchonner parce que c’est trop beau. Mais encore là, tout est possible. Ça prend le flash de la réinterprétation.

7 Microphone, c’est le seul endroit à la télévision québécoise où on peut voir des musiciens jaser de musique pendant un bon moment. Qu’est-ce que t’as retenu de plus percutant dans ces discussions?

La saison 2 est plus fraîche dans ma mémoire. Il y a entre autres Paul Daraîche qui nous avoue avoir été dépendant au crack et que sa blonde l’a sauvé.

8 Et le moment le plus touchant?

Richard Séguin qui explique la différence entre le bon et le mauvais doute et qui parle de la nécessité de douter. Martha Wainwright qui raconte que les gens qui nous suivent vont toujours garder en mémoire la première fois qu’ils nous ont vus. Dans leur tête on reste jeune tout le temps. Même si on préfère faire nos nouvelles chansons, il faut revenir à notre matériel plus nostalgique parce qu’il veut dire quelque chose pour les auditeurs.

9 Dans la nouvelle saison, à venir le 1er mars, quelle reprise gagne la médaille d’or?

Cap enragé de Zachary Richard, on a fait quelque chose de fantastique avec ça. Sinon, en fin d’épisode, avec Richard Séguin, Salomé Leclerc et Alexandre Désilets, on a fait La chanson démodée de Gilles Vigneault dans une vibe sénégalaise tribale. Séguin joue du verre à vin (rires). Il y a aussi Lara Fabian qui chante Je t’aime, c’est fou raide. On en a fait une balade à la Diana Ross en 1971. Doux et soul. Au lieu de hurler «je t’aime», elle chuchote. C’est la seule perfo qui a eu une ovation debout.

10 Quel est le rôle de Microphone dans le paysage télévisuel actuel?

Ça doit juste jouer un rôle d’entraînement. En ce moment, Télé-Québec joue un rôle avec Belle et Bum et Microphone. J’aimerais ça que l’autre diffuseur public fasse un effort considérable en ce sens. Je ne veux pas insulter personne, mais les gens qui font de la musique sont les mieux placés pour conceptualiser un show de musique…

Vrai!

L’album de la saison 1 est déjà disponible. En plus des artistes invités, on y entend aussi Mathieu Désy à la contrebasse, Marc-André Larocque à la batterie et aux percussions et Alex McMahon à la direction musicale, au piano, aux claviers et aux percussions. 

La deuxième saison de Microphone sera en ondes dès le 1er mars à 20 h à Télé-Québec.

La saison 1 sera en rediffusion à partir du 23 avril.

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