CCF 2017 : Les soeurs Boulay comme un plateau de muffins aux bananes

Les sœurs Boulay offraient, hier soir, leur dernier concert à Montréal avant une année remplie de projets extérieurs à la chanson (la procréation entre autres). Devant une salle comble, les sœurs se sont montrées à nous sous un jour nouveau, avec une assurance percutante. Leurs voix aux harmonies parfaites avaient pris du gallon, hier, habillées d’une chaleur humaine qui se sentait autant devant la scène que dans le fond du Club Soda. Retour sur une soirée chaude (en dedans) de novembre.

Les soeurs Boulay/Photo: Élise Jetté

Dans la salle, il y a un gars. Le voici.

Le seul/Photo: Élise Jetté

Les sœurs entrent sur scène et ont du mal à commencer à siffler les premières notes des Couteaux à beurre tant les cris de joie sont intenses. Puis, elles s’élancent et une minute après le début de la pièce, un ampli commence à faire des sons de fin du monde. Le show s’arrête le temps qu’on trouve «quelqu’un dans la salle qui a amené un ampli dans sa sacoche», dixit Stéphanie. Celle-ci en profite pour se questionner à voix haute sur la vie des gens qui vivent à Normétal. Une activité qu’on ne prend pas assez la peine de faire, ensemble, collectivement.

De retour sur scène, les sœurs proposent de recommencer la toune au début ou au milieu. C’est le début qui gagne le référendum. De la belle démocratie, ça! «C’est un beau soir, dit ensuite Stéphanie. Tantôt c’était un mauvais soir.» Sa sœur renchérit en disant que Stéphanie a arrêté de fumer il y a onze jours et que ça la rend irritable. «Je ne vous menacerai pas avec un couteau», assure néanmoins Stéphanie pour rassurer les fans de OD Bali.

Au moment de chanter Maison, Stéphanie salue les couples dans la salle pour qui «ça a marché». «Ça t’apprendra à avoir sorti avec Alex Nevsky», rétorque sa sœur. Gaaaaa, y’en n’a pas, de tabou, à soir.

Racontant une très touchante histoire concernant l’amour sans bornes de leurs grands-parents, les sœurs affirment que leur grand-maman tripe solide sur Patrice Michaud et que c’est réciproque. Avis à Monde de Stars: On tient de quoi! Elles enchaînent avec un cover de Ils s’aiment de Daniel Lavoie. Leurs voix se font plus franches que jamais, plus réconfortantes, aussi. Il y a quelque chose de grand et de chaleureux dans toutes les interprétations qu’elles nous livrent avec authenticité. Leur Félix de Groupe ou duo de l’année était mérité, quoiqu’en pense Mario Pelchat.

Pour interpréter Gab des Îles, Mélanie nous explique que, quand elles ont joué cette toune aux Îles, elles l’ont appelée Samuel de Kamouraska, parce que le Gab en question travaillait sur le tech de la salle. «Mais tout le long, il était au courant!» C’est un malicieux, ce Gab des Îles.

Les soeurs Boulay/Photo: Élise Jetté

Par le chignon du cou emporte les gens qui ne s’étaient pas encore emportés. C’est fou. «J’ai presque vu un mush pit», dit Mélanie. Du jamais vu pour un show des Boulay.

On nous donne ensuite l’ordre de ne chanter que si on chante bien pour la pièce Mappemonde, «parce qu’il y a déjà eu des plaintes pour ça», pendant les shows antérieurs.

Il y a une sensibilité exacerbée dans chaque chanson et une fougue dans chaque légère modification d’intonation qui donne une nouvelle vie à chaque morceau. Les sœurs Boulay fonctionnent magnifiquement en duo et le résultat de l’amalgame des pièces de tous leurs albums (et EP) est chaud comme un muffin aux bananes qui sort du four en novembre.

Bon appétit.

Je suis pas du genre à parler du linge des musiciens, mais je terminerai en disant que je voudrais l’adresse pour me procurer les robes que les sœurs portaient hier soir. Même si celle de Mélanie est une robe de maternité, je suis intéressée. Ok. Bye.

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