CCF 2017 : Loud au Club Soda… un concert à saveur Juicy Fruit

Il faisait chaud en calvaire dans le Club Soda vendredi pour le spectacle de Loud, présenté à guichet fermé. Moins d’une semaine après le lancement numérique de son album Une année record, les Montréalais attendaient avec exaltation la nouvelle saveur du rap local. Il a offert un spectacle à l’image de la gomme Juicy Fruit: plaisant, intense, mais trop court selon un homme anonyme rencontré après le spectacle.

Loud/Photo: Alexandre Demers

«Écoute ben, à l’avant, ça a brassé, de la première à la dernière chanson. En se pointant dans la première rangée, c’est un peu un contrat que tu signes. Je pensais réellement y passer. C’est pas pour les petites natures», a sué Julien Latraverse à la fin du show, mouillé comme un prince.

Il n’est pas le seul qui a eu chaud. Emmanuelle Parent nuance toutefois un peu: «J’ai eu très chaud comme mes autres compatriotes à mes côtés. C’est un bon indicateur de plaisir quand tout le monde a chaud. Les rappeurs sont chauds, séduisants, mais parfois, ils sont un peu fond de ruelle.» Intrigant comme comparaison.

L’expérience scénique a plu à Luka Lemay: «Ce que j’ai aimé, c’est de sentir tout le bagage qu’il avait en étant sur le stage.» Des propos qui rejoignent son frère Matis: «Loud a un flow chanté qui est propre à lui. C’était vraiment beau à entendre.»

Vincent Brasseur est sans équivoque: Loud est le nouveau Messie: «Ça m’a fait penser à un bon vieux show de Sans Pression. Dans le temps, c’était Sans Pression qui était le hype, maintenant c’est Loud.» Pour l’Ontarien de campagne (un autre dude un peu trop sur la brosse), le rap nous délivre: «Le rap québécois, c’est la base. Sans le rap québécois, on ne serait pas un peuple, on serait oppressé.»

Loud/Photo: Alexandre Demers

La présence de Lary Kidd pendant trois chansons (SWG, Rien ne va plus [Loud Lary Ajust] et On my life) a fait ombrage au reste du spectacle pour bien des spectateurs dont Isabelle Morin: «Je trouve ça triste que Lary ait profité de la popularité de Loud. Quand il est arrivé sur scène, on a retrouvé Loud Lary Ajust. Loud est bon en solo. C’est quoi que tu veux Loud? Être famous par toi-même ou dans un retour de LLA? Décide toé!»

Jérome Léger se demande encore pourquoi il est venu au spectacle: «Le rap québécois, c’est Alaclair Ensemble, c’est tout.» Un gars aussi mêlé qu’un statisticien de la firme de sondage Léger.

Pour Élisabeth St-Jacques, la présence de Lary Kidd est un retour aux sources:  C’est un show de Loud, on ne s’attend pas nécessairement à voir Lary arriver. Sauf que là, Lary se pointe et on se rappelle nos souvenirs, nos souvenirs d’enfance. C’est un peu de la nostalgie qui embarque et je crois que c’est ça qui fait en sorte que le show pogne une autre coche, man!»

Pas facile d’être lilliputienne dans un spectacle de Loud. Parlez-en à Ouiam A. Didane: «Je mesure 1 mètre 57. Je ne voyais rien pendant le show et je pense que le prix des billets devrait être modulé en fonction de la taille des spectateurs, je suis fucking sincère.»

Loud/Photo: Alexandre Demers

Parlant de trucs un peu courts, la durée du spectacle en fait partie, au grand déplaisir de plusieurs, dont Marie-Laurence Cossette: «C’était pas assez long comme show. Les interactions de Loud avec le public n’étaient pas personnalisées», dit-elle en rappelant que Loud est un homme de mystère.

Francis Simard ne tourne pas en rond pour décrire sa vision du spectacle: «Je dirais que j’ai payé comptant et j’ai fini triste. Il y avait tellement d’émotions dans l’air. À bien y penser, oui, j’ai payé comptant et j’ai fini triste.»

Femme de peu de mots, Souzie Veilleux n’en revient toujours pas, deux heures après la prestation: «Yeah…» Guillaume Arsenault est un peu plus loquace et tente même le sarcasme: «Meilleur show de ma vie, c’est officiel. Pun intended!»

Antony Côté Leduc n’a pas vraiment aimé le style musical: «J’aime mieux les textes de Jimmy Buffett! La toune Margaritaville, ça c’est bon. Connaissez-vous Styx? Come Sail Away, c’t’écoeurant!»

De son bord, Sarah Mottet semble enfouir des souvenirs dans son jardin secret: «J’ai trouvé qu’il y a avait trop de monde. J’aime mieux les prestations intimes avec lui, parce je l’aime, Loud, je vous le rappelle.»

Loud/Photo: Alexandre Demers

Le directeur de la programmation de M pour Montréal, Mikey Rishwain Bernard, était tout fier de nous annoncer que l’after du show était au Ping Pong Club. Sorry Mikey, mais c’est au Midway que le rap jeu s’est déplacé. Voir Loud danser sur sa propre musique dans le fond du bar, ça n’a pas de prix.

Jonathan Binette semble avoir eu une soirée de marde: «Je ne suis pas satisfait. J’ai des amis qui étaient censés venir ici à soir, pis ils ne sont pas venus. Où ça, au show? Non au bar. Faque j’ai pas aimé ça.»

Pour moi, le spectacle de Loud a été avant tout une bonne raison de passer du temps avec des ami-es. «Ça prend pas la tête à Papa Roach» pour comprendre ça, comme dirait Loud sur On my life.

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