Tire le Coyote : confessions d’un lauréat de la 15e position des Francouvertes

La période d’inscriptions aux 22e Francouvertes se termine le 2 novembre prochain en soirée. Le co-porte-parole de l’évènement, Benoit Pinette aka Tire le Coyote, a parlé avec Feu à volonté de son expérience de musicien n’ayant jamais participé aux demi-finales du concours.

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Qu’est-ce que ça représente pour toi d’être porte-parole des Francouvertes?

À tout le moins, si je me fie à mon expérience personnelle, ça représente beaucoup, en ce sens où je ne m’étais pas rendu très loin dans la compétition les deux fois où j’ai participé. Ça fait que quelque part, on fait des concours pour la visibilité, mais ça prouve que c’est pas la fin du monde et qu’il peut y avoir une vie après ça. Ça me fait plaisir de voir que j’ai pu faire mon bout de chemin jusqu’à ce que je me rende à être porte-parole d’un concours qui ne m’a pas donné une longue visibilité.

Ceci étant dit, c’est mon expérience personnelle. Honnêtement, je vieillis et je suis content de pouvoir me replonger dans cet univers de jeunes bands qui commencent. Ça me ramène dix, douze, quinze ans en arrière et je trouve ça le fun de pouvoir rencontrer ces jeunes-là. C’est une réalité toujours un peu difficile de se dire «On se part un band et on va s’inscrire à un concours.»

Aurais-tu envie de participer une troisième fois?

Pour être franc, non [Rires]. Parce que les concours de ce genre-là sont nécessaires, ils sont d’une aide incroyable, mais ça reste quelque chose de difficile d’aller se vendre devant des journalistes et des professionnels de l’industrie du disque. T’as une demi-heure pour le faire et force est de croire que tu n’as pas une expérience de scène si grande que ça quand tu t’y inscris. Tu commences avec le plus difficile et c’est la raison pour laquelle c’est bénéfique en bout de ligne. Tu vis un stress assez intense de te présenter là, mais après tu te dis que ça ne peut pas être pire et tu continues tes affaires.

Je dis «non» parce que c’est ma réalité d’aujourd’hui avec ma carrière. C’est sûr que je préfère aller faire mes spectacles que de m’inscrire dans un concours.

Mais t’aurais pas un band de rap caché?

Non! Quoiqu’on ne sait pas dans les prochaines années…

On va reculer à la 12e édition des Francouvertes avec ton projet Fonojône. Te rappelles-tu vous étiez arrivés à quelle position sur les 21 projets?

27e? Si je me souviens bien, on avait joué le dernier soir des préliminaires et je ne m’étais pas retrouvé dans le top 9. Vu qu’on était dans les trois derniers, je ne peux pas vraiment savoir.

Quand on regarde la finale de la 12e édition, il y a La Patère Rose qui a gagné et qui a eu un rayonnement certain. Il y avait aussi Bonjour Brumaire qui a eu son succès à l’époque. En as-tu voulu à Le Citoyen, le troisième finaliste, de ne pas avoir autant su profiter de sa plateforme pour faire briller son projet et d’avoir volé votre follow spot?

Je ne m’en souviens pas. Ce que je retiens de ça…je ne sais pas. Mais je leur en ai pas voulu. C’est la beauté de la chose. Oui, c’est un concours, mais c’est surtout un échange avec d’autres bands. Personne n’arrive là comme si on était dans un 100 mètres aux Olympiques en regardant son adversaire à côté avec des gros yeux. Y’a pas de ça. On se parle, on s’intéresse à ce que les autres font, je pense. Si t’arrives là avec l’idée que tu vas planter tout le monde, j’pense que t’es un peu à côté de la track.

On est dans un domaine où tout est subjectif, à quelque part. Ça aide à relativiser le tout. À faire en sorte qu’on se dise «C’est arrivé comme ça et c’est pas grave. Après il va y avoir quelque chose de beau, c’est pas la fin du monde.»

Même processus, avec Tire le Coyote, tu étais arrivé à quelle position?

Ça avait arrêté aussi, je n’avais pas fait les demi-finales. Je ne sais plus, je sais juste que Shampouing, mon guitariste, participait et qu’il avait mieux scoré que moi au palmarès. J’ai été retiré du palmarès assez rapidement, donc peut-être top 12. Top 15, pour être sûr de ma shot.

Est-ce que tu recommandes fortement aux gens de viser la 15e position, vu la bonne carrière que tu as eue ensuite?

Oui. S’il y a un conseil que je donnerais, c’est d’essayer de finir 15e.

Il n’y a pas de bon chemin ou de mauvais chemin à une carrière musicale – et j’haïs ça le mot carrière. Je viens de sortir mon 4e album et il y a sûrement des gens qui ont fait la finale des Francouvertes les années que j’ai participé et qui ne font plus de musique. Tu peux très bien gagner et avoir une belle carrière comme Adamus, aussi.

Donc, au final, le but c’est de ne pas s’en faire?

C’est de relativiser. L’affaire c’est que quand tu commences, si tu es chanceux, tu joues un ou deux shows dans le mois. Ça fait que tes un ou deux shows, t’as envie qu’ils soient au top, tu veux avoir l’impression que t’as donné le show de ta vie. Quand tu joues un peu plus et que tu gagnes de l’expérience, si y’a deux-trois tounes qui ont mal été, tu relativises ça: il va y en avoir un autre demain ou après-demain. Ça rend la chose un peu plus légère. C’est peut-être la sagesse que j’ai pu acquérir avec le temps… me dire que ce n’est pas la fin de quelque chose de ne pas gagner dans un concours et, au contraire, c’est le début d’autre chose.

Et on encourage quand même les gens à s’inscrire parce que ça reste une bonne manière de casser son matériel devant l’industrie?

Ben oui! C’est ce qu’on cherche au final. Tu veux te faire voir par les bonnes personnes. Tu veux à tout le moins que les gens qui ne connaissent pas ta musique puissent mettre un visage sur un nom. Pis ça part de là. Après, tu ne sais pas ce qui peut arriver. Avec Tire le Coyote, c’est là que j’ai rencontré Placard qui a réalisé mon premier album complet. J’ai travaillé avec lui probablement à cause des Francouvertes.

Je regarde ça avec du recul et toutes ces petites expériences s’accumulent. À un moment donné, ça grandit et tu réalises au bilan que tu ne te serais peut-être pas rendu où tu en es avec ces premiers éléments du départ. Les Francouvertes, les concours, ça fait partie de ça. C’est pas un passage obligé, mais c’est certainement un bon endroit pour faire en sorte que les gens sachent c’est quoi ton projet.

Si vous rêvez vous aussi d’arriver en 15e position des Francouvertes, vous pouvez vous inscrire ici jusqu’au 2 novembre à 23h59.

1 comment on “Tire le Coyote : confessions d’un lauréat de la 15e position des Francouvertes

  1. […] est donc arrivé en deuxième position, ce qui est vraiment une meilleure position que lors de son passage aux Francouvertes en tant que […]

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