L’OFF Jazz : Déphasage à la Vitrola

Beaucoup moins médiatisé que son grand frère le Festival international de Jazz de Montréal, l’OFF Jazz est un festival qui a néanmoins réussi à trouver son public et rester pur dans sa programmation depuis sa création en 1999. Retour sur une soirée relevée à La Vitrola.

La soirée commence avec les Jazz Mess venus de Rimouski, un quintette assez classique à première vue, mais qui annonce tout de suite la couleur avec humour: comme leur nom l’indique, leur musique est un mélange débridé, voir cacophonique, de plusieurs inspirations différentes… dont du jazz, évidemment. Une musique très déstructurée donc, mais aussi très écrite, dans laquelle les musiciens vont alterner entre des solos égarés pour revenir de plus belle à l’unisson avec le reste du groupe.

Ce malin équilibre nous fait basculer entre la curiosité et l’ennui sur les premières chansons, faute d’intensité. Mais la seconde moitié du show est nettement plus éclairée: une montée en puissance et quelques coups de distorsion sur la basse suffisent à éveiller la salle, on en reste même sur sa faim maintenant que le starter est en marche.

Les Jazz Mess

Les Jazz Mess/Photo: Maxime Plantady

Place ensuite à l’improvisation vocale avec la venue de Maggie Nicols, en trio avec deux de ses étudiants. Leur entrée en matière brutale semble surprendre une partie de la salle: bruits d’animaux, cris et refrains incompréhensibles sur des «cochons mystiques». Mais ces aberrations vocales finissent par prendre forme, l’intensité de leur présence et leur écoute mutuelle nous amènent à entrer dans leur univers. On se surprend à vouloir faire partie de ce gros foutoir, et à réussir à mettre du sens là où il n’y en a probablement pas. Aussi théâtrale que lyrique, leur prestation s’enchaîne sans répit jusqu’à l’acclamation finale de la salle. Même si on ne comprend pas très bien ce qu’il vient de se passer!

Maggie Nicols

Maggie Nicols/Photo: Maxime Plantady

Et pour finir Manta entre sur scène avec énergie, un groupe un peu plus standard dans la forme, ce qui est une bonne chose pour finir cette soirée sur une note plus légère. Même s’il n’est pas évident d’enchaîner après le vent de folie auquel le public vient d’assister, la formation rimouskoise poursuit avec des titres très rythmés, appuyée par les notes bondissantes du vibraphone. On ressent dans leur aisance qu’ils n’en sont pas à leur premier concert et ça fait plaisir de découvrir les talents du nouveau jazz local. Belle découverte.

Manta/Photo: Maxime Plantady

Manta/Photo: Maxime Plantady

En bref, avec l’OFF Jazz et sa formule passeport qui permet d’accéder à tous les concerts de la semaine, les grincheux qui, comme moi, trouvent que ça manque souvent de jazz dans les festivals de jazz sont comblés.

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