Dear Criminals : Screensaver de luxe

Le trio Montréalais Dear Criminals était au Club Soda, vendredi 6 octobre, jour de la sortie de leur premier album Fatale, même si a priori, c’est un adon, car ils envisagent de faire un autre concert pour célébrer cette sortie plus tard…

Quand on parle de premier album, c’est d’habitude une sorte d’aboutissement qui retranscrit la démarche artistique d’un groupe depuis ses débuts. Mais dans le cas de Dear Criminals, il est presque insultant de parler de premier album pour Fatale, alors que le groupe a déjà sorti, durant les cinq dernières années, sept EP différents et exploratoires. Disons que c’est leur huitième EP, mais que cette fois-ci, il est un peu plus long que les autres!

Avec une musique toujours très sombre directement inspirés de la musique qu’ils ont composée pour la série FataleStation en 2015, ils explorent cette fois l’apocalypse de façon poétique. Accompagnée d’un quatuor à cordes et du batteur Liam O’Neill (Suuns), leur musique électro-folk prend une dimension encore plus épique et cinématique, une vraie réussite!

Cover Fatale

Revenons donc au Club Soda. C’est dans le cadre du Festival du nouveau cinéma (FNC) que le trio venait présenter une de ses dernières créations. Annoncé comme un spectacle stéréoscopique créé en partenariat avec l’UQAT (Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue), il n’en fallait pas plus au technophile que je suis pour éveiller ma curiosité.

Les spectateurs, lunettes 3D à la main, ont rapidement rempli la salle dans une ambiance de vernissage artistique décontracté. Pas de première partie, mais un concert découpé en trois séquences. Comme le souligne Charles, inutile de mettre vos lunettes tout de suite, car la toile de fond de la première séquence est une diffusion de projection 2D: des effets minimalistes, faisceaux de lumières frénétiques englobant les trois musiciens et ondulant au son des guitares électriques. Ils posent ainsi le décor et Vincent Legault s’impose vite comme le pilier sur lequel Charles Lavoie et Frannie Holder s’appuient dans leurs envolées lyriques, avec leurs voix si contrastées et pourtant si complémentaires. Une chose est sûre, le trio vit sa musique jusqu’au bout.

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Dear Criminals/Photo: Maxime Plantady

C’est enfin l’heure d’enfiler nos lunettes, le ton monte encore d’un cran. Des nuées de pixels déferlent sur les spectateurs, des formes géométriques emplissent l’écran. Une triangulation dans laquelle les musiciens sont complètement absorbés, et finissent par se fondre aux images. La foule tend la main vers le ciel et fait entendre son contentement.

Le chaos continuera d’augmenter jusqu’à l’explosion finale. Certains y verront une fin du monde, mais pour ceux qui voient le verre à moitié plein, on assiste au contraire à une ode au big bang.

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Dear Criminals/Photo: Maxime Plantady

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Dear Criminals/Photo: Maxime Plantady

Pour finir ce medley généreux, reprenant une grande partie des musiques du groupe, la dernière séquence rallonge la sauce avec quelques titres dont Waste Land tiré de Fatale et quelques dédicaces a capella. Le soufflé est quelque peu retombé après la frénésie visuelle que l’on vient de vivre, mais on apprécie la qualité des interprétations et la polyvalence des 3 musiciens. On ferme les yeux pour apprécier la musique, car même si on est la dans le cadre du FNC, la sonorité unique de Dear Criminals reste à l’honneur.

Une série de photos qui vous donneront une idée de l’ambiance du spectacle, mais il faut avouer que sans lunettes, difficile de saisir tout le résultat:

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(Photos: Maxime Plantady)

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