FME 2017 JOURS 1 et 2 : des larmes de toutes les sortes et aucun repas complet

C’est jeudi que s’amorçait la 15e édition de L’INCONTOURNABLE Festival de Musique Émergente (FME) en plein cœur de Rouyn-Noranda. Pendant 4 jours, ce sont plus de 60 bands et artistes de tous horizons qui défileront un peu partout dans le cœur de la ville. À Feu à volonté, c’est avec enthousiasme qu’on est embarqué à bord du p’tit bus blanc un peu raide sur le tronc, nous rappelant qu’on n’a pu l’âge des membres de Zen Bamboo. Direction Nord!

Par Élise Jetté et Alexandre Demers

… Et on pensait qu’on partait, mais finalement, il faut aller cherche du poisson montréalais pour l’amener à Rouyn. Notre chauffeur d’autobus est donc catégorique: si vous voulez reprendre vos bagages dans le porte-bagages devenu porte-poissons, vous pouvez. Le poissonnier n’en croit pas ses yeux.

Le poissonnier/Photo: Élise Jetté

Le poissonnier/Photo: Élise Jetté

La première pause pipi en n’est pas une ordinaire: un concours pour gagner un voyage en Sicile avec Marco Calliari.

Marco/Photo: Élise Jetté

Marco/Photo: Élise Jetté

On profite également du temps sur la toilette afin de s’instruire sur la pollution des eaux:

L'environnement/Photo: Élise Jetté

L’environnement/Photo: Élise Jetté

On ne fait aucun arrêt dans cette butique:

Butique/Photo: Élise Jetté

Butique/Photo: Élise Jetté

Mais on s’arrête plutôt dans ce dépanneur qui a les priorités à la bonne place quand vient le temps de sélectionner les items que les voyageurs souhaiteraient se procurer.

L'abondance/Photo: Élise Jetté

L’abondance/Photo: Élise Jetté

Une chose est sûre: pas question de manquer de chocolat Bueno et de ketchup.

Abondance again/Photo: Élise Jetté

Abondance again/Photo: Élise Jetté

On a très envie de se procurer le nécessaire pour vivre la vraie vie abitibienne: un permis pour se nourrir à même la nature.

Élise à la pêche/Photo: Stéphanie Robillard

Élise à la pêche/Photo: Stéphanie Robillard

Après s’être dégourdi les jarrets à l’arrivée au motel, les shows ne se font pas attendre. Le froid sibérien de l’Abitibi-Témiscamingue, qui assassine le confort et les articulations, est assez omniprésent aussi. Les princiers Gilles et Doris, chauffeurs bénévoles et êtres humains d’exception, nous reconduisent sur le site principal pour que les émotions débutent.

Philippe B

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Philippe B/Photo: Alexandre Demers

En guise de coup d’envoi, pour nous, c’est à 21 h qu’on se dirige à l’Agora des Arts pour le set de Philippe B, venu réchauffer le cœur meurtri des âmes esseulées avec les pièces de son élégant cinquième album La grande nuit vidéo. Bien entassés dans la salle, on se plie les genoux de manière moyennement confortable au sol pour se faire rentrer dedans par la crème musicale qu’est l’œuvre du barbu de la nuit (on tombe dans la poésie pour oublier qu’on va peut-être faire de l’hypothermie.) Avec Guido Del Fabbro et Laurence Lafond-Beaulne, Philippe B enchaîne les performances à la guitare et au piano en faisant de beaux rappels du passé tout en demeurant dans la ligne directrice du plus récent opus. «Je vais pas réécrire toutes mes tounes juste à cause que, cruellement, on dirait que l’été est fini», dira-t-il avant d’entamer la pièce L’été. Il fera aussi Nocturne #632, en précisant que c’est toujours mieux quand il peut la jouer dans un espace qui est ou qui a déjà été une église. Pas capricieux ce gars-là!

A Tribe Called Red

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On ira se coucher relativement tôt, épuisés par la route et bercés par Philippe B, mais on se permettra tout de même un arrêt au show de Tribe Called Red qui nous ravivera une petite heure avant que nous tombions officiellement de fatigue (et mourions de froid).

En se faisant passer pour des employés d’Audiogram, on réussit à atteindre une zone pour personnes importantes. C’est toujours là qu’on se sent bien.

Importantes personnes/Photo: Alexandre Demers

Importantes personnes/Photo: Alexandre Demers

Les grooves sont bons, les costumes à plumes sont nombreux et le gérant du band mange beaucoup de melon d’eau backstage. Quand le show finit, la musique de fond avec laquelle le FME enchaîne est celle de Jean-Michel Blais. Transition des plus spectaculaires.

Louis-Philippe Gingras

Vendredi, notre journée commence avec le 5 à 7 de Louis-Philippe Gingras dans une salle normalement réservée aux Chevaliers de Colomb.

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Louis-Philippe Gingras/Photo: Alexandre Demers

Devant un public visiblement conquis (il est devant les habitants de sa mère patrie, mais c’est le talent qui parle avant tout!), il défile les éclectiques morceaux de son coloré répertoire country-folk-rock-etc. En plus d’offrir un tour d’horizon de son plus récent EP, La rangée des popsicles, il livre avec aplomb la touchante Troisième rangée.

Il offre une touchante dédicace à tous les jobeux de ce monde au moment d’interpréter une version épurée de Cap d’acier. Plusieurs spectateurs vêtus du stock 2011 de chez L’Équipeur accueillent cette dernière à bras ouverts. Mention spéciale aux boys de Gingras, dont Dany Placard, qui se prêtent à l’exercice du chant aigu pour remplacer la partie normalement chantée par La Bronze. C’est romantique à souhait. Le show d’une durée dépassant l’heure annoncée se conclut notamment avec un wall of death version lilliputienne pendant le puissant jam de la pièce Rahan. Louis-Philippe Gingras quitte la scène, fort content d’être heureux. Réussite sur toute la ligne.

Jason Bajada

C’est au Cabaret de la dernière chance que Jason Bajada vient lancer son nouvel album devant une salle comble.

Jason Bajada/Photo: Élise Jetté

Jason Bajada/Photo: Élise Jetté

Étant très occupés à essayer de trouver un repas complet contenant tous les groupes alimentaires, nous manquons le début de l’évènement, mais nous arrivons juste à temps pour pouvoir être émus à quelques reprises, le nouvel album étant environ à 12 sur une échelle de 1 à 10 de la tristesse. L’exécution est au top et Philippe Brault perd toutes ses allures de grand ténébreux au moment où Jason affirme qu’il s’agit de l’être le plus doux au monde.

Zen Bamboo

C’est alors qu’on a passé un après-midi en forêt avec eux à vivre des épreuves de scoutisme (vidéo à venir sur Feu à volonté cette semaine) que Zen Bamboo monte sur scène pour une performance beaucoup plus convaincante que celle donnée à SOIR dans un sous-sol d’église. L’énergie est palpable et le chanteur, Simon Larose est très chorégraphique. Tout le monde est très impressionné par sa présence scénique et sa chevelure, y compris lui-même, sans doute.

Zen Bamboo/Photo: Élise Jetté

Zen Bamboo/Photo: Élise Jetté

Charles-Antoine, à la batterie, est concentré (ou fâché) des yeux, alors que ses comparses à la basse et la guitare sont d’une exactitude tout aussi désarmante que la sienne.

Zen Bamboo/Photo: Élise Jetté

Zen Bamboo/Photo: Élise Jetté

Lary Kidd

Lary Kidd/Photo: Alexandre Demers

Le Paramount connaît son lot de va-et-vient tandis que la soirée hip-hop commence ensuite. Après un set à la bonne franquette du rappeur rouynorandien Matthew James venu lancé son nouvel EP, c’est le mythique et torsé Lary Kidd qui fait son entrée sur la scène. Accompagné de DJ Manifest et d’OG Bear de Dead Obies en tant que hypeman, le emcee d’Ahuntsic présente quelques morceaux de son premier album solo Contrôle.

Malgré la lourdeur des pièces sombres à saveur trap de son album, le rappeur se plait sur scène et fait lever la foule à grands coups de flow et de rimes. Peu après son verse d’Ondulations, il lance son manteau dans la foule, se présentant désormais en formule camisole. Après les efficaces FTSL et Blue Pill Red Pill, le rappeur est en pleine maîtrise de la salle. La température se stabilise, mais ça n’empêche pas notre hôte de retirer sa camisole et de performer désormais dans son immanquable formule chest. Le set se poursuit bonnement jusqu’à sa disparition. Il n’aura finalement pas perdu le contrôle, excepté celui de ses vêtements.

Eman & Vlooper

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Eman et Vlooper/Photo: Alexandre Demers

Venu lancer son tout nouvel album La Joie, le tandem d’Eman et Vlooper fait une timide entrée sur les planches du Paramount. Débutant son set par la pièce d’ouverture de ce deuxième opus, Love, Eman prend graduellement ses aises et enfile les morceaux sans broncher. Visiblement heureux de l’accueil du glorieux amas d’individus empaqueté dans la salle, celui-ci exécute avec finesse les chansons Nom de famille, La plage et La p’tite équipe (pour ne nommer que celles-ci.) Tandis que la fin approche, il fait monter son comparse KNLO pour livrer la pièce Monet et termine en offrant quelques autres morceaux de XXL, le premier album, et en saluant temporairement la foule, question de se rafraîchir le gosier en attendant son set au sein d’Alaclair Ensemble une quinzaine de minutes plus tard. La table est mise pour tous les minces (et aussi les moins minces… Jasmin Roy ne tolérera aucun bullying ou discrimination textuelle sous quelconque forme.)

Alaclair Ensemble

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Alaclair Ensemble/Photo: Alexandre Demers

La troupe bas-canadienne Alaclair Ensemble nous fait réaliser que c’tait vraiment ça que c’tait dès ses premiers instants sur scène. Armée de Maybe Watson, KNLO, Eman, Ogden, Vlooper et du très suave Claude Bégin (pratiquement tous chargés à bloc), la clique enchaîne un amalgame de ses succès. Tous les cous et les dos sont interpellés. On a d’ailleurs droit à quelques tricks driblés avec des ballons de basketball digne de NBA 2K12, gracieuseté de KNLO et d’un jeune prodige venu show-off ses skills.

On entend aussi de savoureuses reprises: La rue principale des Colocs et une version mâle alpha de Mon ange d’Éric Lapointe livrée par la virilité de Claude. Tout le monde y trouve son compte. Fait chaud ici d’dans. Dans le sauna collectif qu’incarne le Paramount, on quitte pour se rappeler qu’il existe de l’oxygène potable à l’extérieur. Le set d’Alaclair aura été à la hauteur de ce qu’ils savent faire de mieux: électriser une foule venue vivre l’existence humaine comme si demain n’existait pas. Props aux frères cueilleurs.

En fin de soirée, Audiogram nous accueille à l’Audiobar, un camionnette convertie en temple du gin tonique. On aimerait souligner l’ingéniosité de la table:

Audiobar/Photo: Élise Jetté

Audiobar/Photo: Élise Jetté

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