Un party nouveau genre avec Whitney K

Whitney K

When the Party’s Over

Egg Paper

****

a1728802607_10

 

Whitney K est un musicien de son temps. Véritable bourlingueur troubadour, il voyage sans cesse entre Montréal et Vancouver, entre country et no-wave, entre les influences du Velvet Underground et de la scène du Mile End, pour n’en ramener chaque fois que le meilleur. Avec When the Party’s Over, ils nous offre justement une belle étendue de son talent.

J’ai découvert Whitney K avant tout en live et je n’avais jamais réellement pris la peine d’aller écouter son travail sur enregistrement. Ses performances justes, mais pleines d’un agréable je-m’en-foutisme, me suffisaient jusque-là amplement. Par contre, voyant arriver la sortie de son nouvel album, j’ai eu envie de constater la job sous un format qui laisse souvent bien moins de place à l’interprétation, mais beaucoup plus à l’intériorisation.

La première écoute est surprenante. Sans arrêter à un seul instant, je me retrouve pris dans un mix assez difficile à décrire: des incongruités musicales et des chansons country que je ne me serais probablement jamais donné la peine d’écouter si ce n’avait été du nom qui leur est associé. Le tout accompagné de thématiques frondeuses, s’attardant notamment à la place de la religion aujourd’hui. Si rien ne semble avoir de sens au premier abord, c’est que Whitney K se fout totalement des conventions musicales. Si vous cherchiez une preuve à cette dernière affirmation, faites juste considérez que l’album a été enregistré dans un ancien bunker des Hells à Vancouver, ce qui explique en partie l’acoustique inhabituelle.

Je me relance alors dans une deuxième écoute, ne pouvant m’arrêter à la première. Je commence à mieux saisir le mood. Sans trop se soucier des transitions, le musicien nous lance un mélange de ballades pop, mais oh combien anxiogènes, et de chansons plus jangle pop festives. Parfois seul, parfois accompagné vocalement, tout reste néanmoins brouillon, dissonant, mais assumé et rempli de certitudes. Le gars sait clairement où il s’en va, contrairement à nous. Et c’est ce qui est le plus beau avec la musique de Whitney K: un dépaysement contemporain qui n’exige aucune connaissance trop poussée de la musique. La capacité à créer des points de référence ne sert pas tellement à mieux apprécier la musique, mais tout simplement à constater l’ampleur des influences du compositeur.

Prenons trois chansons de l’album en exemple. Comparer The Weekend, une ballade sombre à en faire peur (qui s’interroge sur le mysticisme moderne), Ça va être une fête, ballade 60’s pleine d’harmonies vocales à la Velvet Underground, et If You Don’t Care, où l’on dénote des influences des Doors: tâche difficile! Rien ne semble les unir, sauf cette étrangeté qui caractérise toute l’œuvre. La musique de Whitney K en est donc une pertinente dans une ère où les influences pop et 80’s semblent tout emporter, même chez les stars qui avaient toujours leadé l’industrie de la musique… Un lonesome cowboy comme celui-là, il nous en faut plus.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *