Walrus brosse un portrait psychédélique

Walrus

Family Hangover

Madic Records

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walrus

Venue d’Halifax, la formation psychédélique Walrus a souvent foulé les planches québécoises lors de la promotion de ses deux premiers EPs, parus en 2014 et 2016. Le 9 juin dernier, c’était au tour de leur premier album, Family Hangover, de se glisser dans nos oreilles.

Un titre qui n’est pas sans rappeler les problèmes que l’on peut associer à un genre qui tourne depuis les années 1970. À force d’être exposés à un son qui a été tant et tant repris depuis les Jefferson Airplanes et Grateful Dead de ce monde, on en vient peut-être à se saouler de l’expérience toute nouvelle offre devient peut-être une forme de lendemain-de-surconsommation-de-la-famille-psyché. En ce sens, la proposition du groupe haligonien se doit de réinventer non seulement l’offre, mais son propre matériel.

L’effort de Walrus est considérable, arrivant de l’éclectique, mais redoutable EP Goodbye Something. Avec une palette de couleurs aussi large déployée sur quatre pièces, on se surprend à la première écoute de Family Hangover, à trouver l’expérience passablement monocorde. Il faut cependant plonger plus loin pour trouver quelques épisodes avec un peu plus de chair autour de l’os. L’avant-dernier numéro, Glam, termine dans un brouhaha psychédélique des plus intéressants, dressant la table pour une conclusion en beauté de l’album. On peut dire la même chose du court extrait lo-fi et acoustique So Far Gone, mais dont le ton et l’approche détonnent de la trame narrative, ce qui nous fait nous demander s’il n’aurait pas fallu suivre cette direction autrement. Malgré ces épisodes plus exploratoires, cependant, l’écoute nous donne tout de même l’impression que la face B du disque semble plus soutenue et plus attirante que la face A.

Une répartition plus équitable des morceaux aurait certainement pu créer une expérience plus en textures, mais il n’en demeure pas moins que dans un genre aux codes très établis, comme le rock psychédélique, Walrus parvient à attirer l’oreille. L’approche est excellente, les hooks bien définis, le talent est brut. Aurait-on souhaité un panorama qui présente leur côté unique de manière plus significative? Certainement. Il faut cependant cesser de vivre avec les regrets de la brosse familiale. Le prochain album pourra sans aucun doute être l’équivalent sonore du festivalier qui désire cuver son vin et se promettre d’arrêter de boire.

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