Le festival du douche pubère de Québec

Alors que les jeunes avaient tout cassé la veille pour le passage en ville de Migos, ils s’étaient plutôt approprié les Plaines d’Abraham, hier, pour le désormais traditionnel party Électro-FDLSECDQ. Retour sur une soirée pleine de souvenirs presque aussi vagues que l’intro de Flume.

Mon périple du jour débute dans l’autobus. Partant de Sainte-Foy, je me tape chaque fois que je me rends sur le site des festivités, quinze à vingt minutes de transport, le plus rude restant d’endurer les Québécois qui mégenre systématiquement ce mode de transport. On dit LE bus, criss.

Aujourd’hui, ce ne sont toutefois pas des illettrés qui peuplent la 807, mais plutôt des jeunes déjà bien sur le party, comme vous le constaterez plus bas, dans la section statistique de mon travail journalistique hors-norme. La soirée s’annonce dès lors grandiose.

Pour mieux embarquer dans le mood, je me lance directement vers un dépanneur pour en ressortir une minute plus tard muni d’une ambitieuse quantité de mon alcool cheap préféré. Les canisses dûment calées dans un cimetière, je me rends directement au show de l’illustre Gab Paquet qui a l’insigne honneur d’ouvrir pour le festif Michel Louvain. C’est devant un public de têtes blanches ébahies que le crooner de Québec effectue ses cabrioles musicales, nous offrant le meilleur de son répertoire. Se gâtant particulièrement durant ses interventions pour nous faire deviner le titre des chansons qui suivront, il effectuera avec la grâce d’un Leonardo DiCaprio oscarisé un faux appel téléphonique avant d’enchaîner avec Ton appel à frais virés. Mon moment préféré: l’une des trop rares interprétations de La femme en moi, alors que j’attends dans une très taciturne et incertaine file d’attente pour les toilettes. Ça paraît que l’incontinence fait sa job chez le public de Louvain.

Pour voir une photo laide 360 degrés, prise par l’équipe de Ford, de moi pis des chums au show de Gab Paquet, cliquez ici. Salutations spéciales aux photographes au sol qui n’ont aucun plaisir.

Bien festif, je titube ensuite jusqu’aux Plaines et arrive juste à temps pour voir le plus grand héros musical de notre époque: Fetty Wap. Probablement inspiré par la vision réduite du rappeur, la sécurité laisse passer beaucoup d’objets weirds et peu légaux, mais pas ma crème solaire ni mon ballon LED gonflé. Dommage pour eux: j’en ai quatre autres dégonflés dans mon sac… Avec plein de lumières, comme en témoigne la photo ci-dessous! Je me fonds avec habileté dans la masse, poussant même l’audace jusqu’à danser sur Trap Queen. M Wap, lui, laisse le micro à Monty qui l’accompagne pour l’occasion, et s’en va prendre un bain de foule pour pitcher une couple de casquettes avec sa face dessus à ses fans. #livingthedream

Au final, je me dis que j’ai étonnamment eu plus de fun que j’oserais l’avouer.

Un queer au sommet de sa forme/Photo : Marco Molle

Un queer au sommet de sa forme/Photo: Marco Molle

C’est ensuite à Flume de prendre la relève, et ce, sur l’intro de show la plus malaisante que j’aie jamais vue. L’Australien débute avec de la musique à un niveau assez bas alors qu’une équipe de techniciens commence à arranger les lumières pour le show en cours. On a donc droit à 15 minutes d’un dude qui mixe pas fort sur une scène trop grande, éclairée comme en plein jour. Ça, c’est ce que j’appelle faire lever le party! Finalement, ça va lever pour vrai une fois la job terminée, avec des jeux d’éclairages qui en auront presque valu la peine. Je profite de l’interlude pour gonfler mes ballounes LED restantes et les lancer dans la foule. Un gars trop trop affecté profitera de l’occasion pour en voler une et ne plus la lâcher pour la dernière heure du show. Ça va bien.

On a ensuite droit à ce qui sera probablement le meilleur set préenregistré de l’histoire des Plaines. Flume ne touche effectivement pas à son mixer une seule criss de fois de tout le show, ne gossant qu’avec son gain et ses basses à l’occasion, entre deux coups de baguettes sur un mini-drum électronique. Devant tant de prouesses, je passe au moins dix bonnes minutes à crier que je veux entendre Sandstorm, seule œuvre électronique pouvant rivaliser avec ce que je vois en termes de qualité. Reste qu’au moins, la playlist préprogrammée du dj est loin d’être mauvaise et plusieurs remixes de chansons connues seront offerts au public en délire: Major Lazer (Get Free) ou Lorde (Tennis Court), par exemple. Perso, je tripe surtout lors de «l’interprétation live» de Smokes & Retributions avec Vince Staples. Les vingt-cinq personnes assises dans les gradins VIP aussi, probablement.

La soirée se termine à l’Impérial, où A Tribe Called Red présente sont deuxième set de la soirée. Le trio ontarien donne à la salle des allures de club survolté et en profite pour utiliser des samples plus pop: je crois notamment reconnaître le beat de Temperature de Sean Paul à un certain moment. Comme ils sont accompagnés par leur troupe de danse en costumes traditionnels, l’effet est particulièrement cool devant le dancefloor bien en forme. C’est une belle façon de mettre fin à cette soirée bien chargée.

Les statistiques de la soirée sont maigres, puisque j’ai éventuellement oublié d’en compiler comme un débutant, alors je vous laisse trois citations ce soir pour compenser:

0: nombre de fucks given par mon chauffeur devant la crowd qu’il transportait.

2: nombre de Four Loko achetés avant le show de Gab Paquet.

3: nombre de clés de poudre consommées dans ma face durant Trap Queen.

4: nombre de touristes latinos qui sifflaient des filles à l’arrêt de bus.

5: nombre de ballons agrémentés de LED lancés dans le public, au plus grand plaisir des consommateurs de MDMA.

9: nombre de gars qui hurlaient des chansons à répondre dans UN bus au plus grand déplaisir des fans de Michel Louvain.

13: nombre de personnes qui buvaient de l’alcool sans se cacher dans LE bus.

Citations de la soirée:

«Faut que j’aille me coucher, j’ai fait trop de poudre pendant Fetty Wap.» – Un cocaïnomane après Fetty Wap

«Alex Martel, c’est un détraqueur. Y’a sucé Flume à mort.» -Un dude en grande forme, que j’avais rencontré au Rockfest et que j’ai croisé par hasard dans la crowd

«Mon spinner était mal équilibré. Je viens d’aller le faire réparer cet après-midi, pis là, il va crissement bien. Ça m’a coûté douze piasses.» – Un dude qui s’en allait à La Cuisine avec son spinner

Programme de demain: The Dirty Nil, The Struts ou Men Without Hats, dépendamment si les Plaines sont sold-out ou non, The Who, Big Brave.

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