Moshpit et crachat à Québec

La soirée promettait d’être courte. Question de pouvoir manger autre chose qu’une épicerie au Dollarama toute la semaine, j’ai réussi à me dénicher un dj set à La Cuisine et je devais donc choisir soigneusement des spectacles qui ne finiraient pas trop tard. J’ai finalement opté pour ma sélection initiale: aller me faire brasser solide au Parc de la Francophonie.

J’arrive un peu d’avance sur le site du «Festival de la saison en cours de Québec» en me disant que je pourrais bien aller voir une partie du show de Peter Peter, un artiste sur qui j’ai jamais vraiment trop tripé. Sa performance ne me motivera pas à acheter ses albums, mais reste somme toute sympathique.

Accompagné de son groupe, qui compte notamment Louis-Joseph Cliche de Beat Market, il présente au public des chansons principalement tirées de Noir Éden. Les musiciens offrent un spectacle très classique et sans trop de flaflas, ce qui est drôle lorsque l’on considère qu’un reportage diffusé sur les écrans juste avant le show décrivait ses prestations comme étant toujours pleines de surprises et difficile à décrire parce que trop éclatées.

Je pars avant la fin pour être sûr de ne pas manquer Never More Than Less. Pas tant parce que le groupe me fait triper, mais parce que je m’attendais à un beau rendez-vous pour le retour au bercail du groupe. Natif de Québec, le désormais quatuor aurait probablement attiré beaucoup plus de public s’il n’avait pas joué le même soir que Pink, qui a réussi à remplir les Plaines. Qu’à cela ne tienne: ils offriront tout de même une performance de feu à ceux qui se seront déplacés.

Débutant avec leur traditionnelle intro de My Heart Will Go On, leur set contiendra tout de même pas mal de surprises. La première est notable: la mère du chanteur est dans le public et c’est la première fois qu’elle assiste à un concert du groupe en près de 18 ans de carrière. Le public en profite pour lui montrer ce qu’est un wall of death, ce qui a l’air de la plonger dans l’incompréhension la plus totale.

Paul Di Giacomo continue par la suite à entretenir l’énergie de son public. Disant vouloir être sûr d’apparaître dans la vidéo promotionnelle du festival l’an prochain, il réussit à convaincre les quelque 200 personnes devant lui de sauter comme s’il n’y avait pas de lendemain durant une chanson. Tout ça juste avant d’inviter Éric Turcotte et Louis Martineau, deux anciens membres du band, sur scène en stipulant qu’ils étaient tous réconciliés. La gang joue une toune à six, et disons qu’une formation à deux guitares et deux basses, ça brasse sur un moyen temps. Au final, mon MVP du spectacle restera tout de même la petite fille de Giacomo, qui ne doit pas avoir plus de trois ou quatre ans, et qui trashait violemment avec des petits écouteurs roses sur le bord de la scène. Le moment le plus cute de ma soirée.

La suite s’avérera plus calme. À mon plus grand plaisir, Crown the Empire a dû annuler sa présence à la dernière minute et les programmateurs du festival ont invité nul autre que Single Mothers pour les remplacer. Personnellement, je tripe comme un enfant dès que le présentateur les annonce, mais le public a l’air on ne peut plus froid. Certains vont même jusqu’à huer le groupe à son entrée, réclamant le band initialement prévu. Par contre, il faut dire que la bande de hipster-punk ontarienne ne s’aide pas vraiment en début de set, présentant principalement des chansons à tendance rock un peu plus calmes de leur nouvel opus, qui en contient pas mal.

Éventuellement, Half-Lit arrive et je décide de prendre les choses en main. Je repère un groupe que j’avais vu se pousser allègrement plus tôt dans la soirée et décide de foncer dedans, tête baissée. La magie opère et on se ramasse à moshpiter avec une trentaine de personnes. Le phénomène sera difficile à entretenir tout au long de la performance, mais j’ai mis l’ensemble de mes énergies sur le projet et j’ai réussi à faire embarquer un peu plus quelques membres du public dans la patente. Une petite fierté vu que je ne fangirlerai jamais assez sur Single Mothers, officiellement le band qui crache le plus sur son public en show.

Je dois finalement quitter avant l’apparition de Pierce the Veil sur scène pour aller installer mon gear et manger un peu avant la longue nuit qui m’attend. Le reste sera assez nébuleux. Je me souviens pas mal juste avoir passé proche de casser mon ordi en le faisant tomber durant une toune du Nouveau Rappeur… Sinon, I guess que c’était cool.

Citation de la soirée: «Viens-tu vraiment juste d’aller mosher en sandales?» -Une fille impressionnée durant le show de Single Mothers. Ma réponse: oui. Les souliers, c’est pour les faibles, la gang. Tenez-vous-le pour dit.

Programme de demain: Heat, Geoffroy, Le Couleur, Lubik, Les Hôtesses d’Hilaire, les shows gratuits… Parce que je laisserai ma passe à Élise pour qu’elle aille voir les Backstreet Boys. Il faut ce qu’il faut.

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