E s c : on n’échappe pas Doldrums

Doldrums

E s c

Sub Pop
**** 1/2

cover1000000_1830

E s c, le 3e album du Montréalais Doldrums réussit presque à nous faire oublier son prédécesseur. Un exploit de taille qui nous offre une des meilleures parutions électroniques de l’année. Les explications juste ici!

Originaire de Toronto, mais établi à Montréal depuis plusieurs années, le compositeur électro Airick Asher Woodhead a su faire sa marque tranquillement, pas vite. Marquant l’imaginaire avec son projet Doldrums dès 2013 avec Lesser Evil, son premier album, il nous présente cette semaine sa parution la plus léchée à ce jour: celle qui pourrait faire de lui une révélation internationale. Avec E s c, il nous offre un album angoissé, stressé et anxiogène, fort en rythmes saccadés audacieusement placés entre des pièces vaporeuses et rêveuses. Inspiré par sa difficile vie de tournée suivant la parution de The Air-Conditioned Nightmare et par la dureté de l’hiver montréalais, son nouvel opus est génial.

L’album s’introduit sur Epilogue. Si le titre nous permet de douter des connaissances littéraires de base de Woodhead, la pièce en soi réussit quand même à nous accrocher d’or et déjà. Ceux qui ne connaissent pas déjà l’univers de Doldrums le découvriront rapidement de façon assez réussie. Par la suite, on rentre vraiment dans un album bien complet et complexe, conçu comme une œuvre suivie et impressionnante par la qualité de sa structure.

Mais la palme du meilleur moment de la parution revient sans nul doute à l’enchaînement Swim/The Stitched Together Man. Pour moi, rien que ça vaut à l’album un top 10 électronique de l’année au côté du dernier Arca. Je sais que c’est un criss de gros statement, mais j’ai rarement été aussi flabergasté par deux pièces back-à-back sur un album. Genre, j’ai crié dans ma cuisine à la première écoute. Ces deux tracks-là valent vraiment le détour.

L’album se conclut finalement sur Okay, pièce où Woodhead nous parle directement, revenant sur les troubles qu’il vient de nous évoquer pendant pas loin de 33 minutes. On y comprend que l’artiste est prêt à passer à d’autre chose et à amorcer un pan de sa vie plus bienvenu que celui qu’il vient de compléter. Une belle pièce de rien de moins que 6:38!

Mixée par l’incroyable Matthew Otto, que l’on a déjà vu aux côtés de Majical Cloudz – et ça paraît! -, l’œuvre est extrêmement bien écrite et réalisée, mais ça reste cru et in your face tout de même. Une adéquation que l’on entend trop peu souvent, mais qui sait donner de très beaux résultats lorsqu’elle est bien pensée. C’est le cas pour E s c, un de mes incontournables de 2017.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *