Visiter tout le cercle chromatique avec Couleur Dessin

Couleur Dessin

Couleur Dessin

Fixture Records

***

a0270745307_10

 

Le premier album 100% autoproduit du duo montréalais Couleur Dessin en est un bon. Impressionnant dans sa simplicité et son évidence, mais tout de même fort complexe dans son élaboration, Couleur Dessin est un des albums de guitar pop les plus surprenants de l’année. Couleur Dessin, c’est la rencontre musicale de Christian Simmons (Sheer Agony, Phern, Lantern et Each Other) et Anne-Lise Griffon. Formé en 2016, le duo se veut une expérimentation mêlant des influences de la musique concrète et de la pop plus 60’s de la West Coast américaine. Le résultat: un premier album complexe dans son élaboration, mais offrant majoritairement des sonorités simples et efficaces coupées par des interludes et quelques pièces plus psychédéliques dans leur essence.

Trônant au sommet de l’album, la fantasmagorique Calendar Nights évoque justement bien ce mélange. Avec des percussions assez près du krautrock, des guitares pleines de delay et une mélodie joyeuse, le morceau est efficace et ne peut que satisfaire dès la première écoute.

Le principal problème de l’album est qu’il finit par s’étirer un peu, surtout avec une face B un peu moins pop que la première. L’impression qui reste est que si la face A est faite pour danser et festoyer un peu, la deuxième sonne comme si elle devait être écoutée vraiment gelé pour être bien comprise. Disons que je ne l’étais malheureusement pas ce matin en écoutant le disque. Il faut bien quelques jours de sevrage une fois de temps en temps…

Le rythme ralenti donc peu à peu et comprend de moins en moins d’instruments, jusqu’à se conclure sur Tête démultipliée, pièce finale de près de huit minutes dont on avait déjà pu entendre un extrait sur la compilation Fixture 5 plus tôt cette année. Le procédé est intéressant tout de même: on part de pièces de guitar pop en anglais accompagnées de voix masculines pour se ramasser avec de l’expérimental électronique chanté en franglais par une femme. Belle inversion, surtout après la calme et belle Whirling Past qui précède.

Couleur Dessin nous offre donc une première proposition fournie et variée qui va dans toutes les directions avec intelligence, mais qui prend quelques écoutes attentives pour bien être appréciée. C’est un risque courageux, parce que l’album ne percera peut-être pas chez le public externe aux habitués de Fixture, mais ça vaut tout de même la peine d’être pris en compte comme pied de nez aux albums popifiés que l’on entend trop souvent cette année.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *