J’suis allé voir Thee Oh Sees avec 10% de batterie dans mon téléphone

À la suite de conseils à l’égard de la qualité des photos prises lors de spectacles et autres accidents liés à la gravité et l’inertie des tourniquets dans le métro, j’ai récemment changé de téléphone cellulaire. Le premier spectacle que j’ai vu avec ce nouvel appareil pour Feu à Volonté est celui des Californiens Thee Oh Sees au La Tulipe, hier soir.

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IDALG/Photo: Etienne Galarneau

Le fait est que ce nouveau bidule est beaucoup plus énergivore que ce que j’avais avant. Ce qui fait qu’une fois arrivé à la salle Papineau/Mont-Royal, je réalise que je n’ai que 10% de batteries pour prendre des notes et des photos. Mauvaise gestion des ressources ou goût du risque exquis? Là n’est pas la question.

Le Cabaret La Tulipe est bien rempli à 21h, galvanisé par les deux premières parties qui débuteront à l’heure presque tapante: IDALG et Les Marinellis. On est évidemment bien heureux de couvrir la troupe du surproductif John Dwyer, mais ce sont surtout ces deux premiers groupes qui nous intéressent. Surtout pour voir s’ils peuvent assurer face à une si grosse pointure.

L’enjeu, avec IDALG, ça demeure que j’ai souvent souligné mon amour envers leur matériel live et leur album Post Dynastie (qui aura d’ailleurs bientôt un an: joyeux anniversaire!) Et ça, c’est quand Aubre, Aubry et Élise n’en vantent pas les louanges. Donc, on ne saurait trop quoi dire de plus sinon qu’on est fiers de voir leur progression en si peu de temps et que, ce soir, à la surprise de plusieurs, le son est particulièrement découpé et défini, ce qui met de l’avant les compositions de Jean-Michel Coutu d’une manière complètement nouvelle qui déstabilise, mais qui ne choque jamais.

…donc j’aurais dû faire autre chose que de gaspiller ma précieuse pile sur des photos de leur performance.

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Au moins, elles sont mieux que d’habitude/Photo: Etienne Galarneau

Suivent Les Marinellis avec leur rock psychédélique flegmatique qui est pourtant réputé pour faire lever les foules européennes. L’énergie est particulière et l’humour de Cédric Marinelli, en mode «torse-nu-et-perruque-blond-platine», ne fait pas mouche. Les pièces sont droites et l’énergie commence à grimper lorsque la performance se termine. Le son est un peu feutré, pour une grande salle et la scène haute de six pieds installe une certaine froideur qui pourrait ajouter à la plus value du spectacle. Le son (qui ne rend d’ailleurs pas trop justice à la formation), est très fort, à en croire la cymbale du batteur qui tombe à la renverse dès les premières minutes. J’aimerais porter un jugement face à ses capacités de gestion du matériel, mais est-ce une critique légitime venant de quelqu’un incapable de gérer ses ressources?

On salue la mise en scène et l’éclairage dont le rendu est particulièrement réussi durant des morceaux longs comme Gina. Le panneau lumineux sur lequel est inscrit «Les Marinellis» est aussi tout à fait charmant. Aussi lumineux que Félix-Antoine Coutu, au drum, durant la perfo de IDALG.

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Comme ça, mais en panneau/Photo: Etienne Galarneau

Le dernier spectacle de la tournée Île de rêve se termine et l’installation pour Thee Oh Sees commence. Les experts remarqueront le changement d’alignement de la formation depuis 2015 et que Dwyer a troqué sa claviériste Brigid Dawson pour DEUX batteries. C’est un peu comme si, sur cette photo d’IDALG, on remplaçait le clavier par un drum, qu’il y avait un tambouriniste et un guitariste de moins et que le vrai drummer était en avant, avec l’autre drum, celui qui remplacerait le clavier.

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Vous comprenez le principe/Photo: Etienne Galarneau

L’avantage d’avoir deux batteries, c’est que t’as environ pas le choix d’être droit comme un équerre. Ton tempo ne peut pas bouger d’un iota. Et placer ton groupe en ligne, avec les deux drums à la même longitude que la guitare et la basse, ça donne un spectacle visuellement captivant. Ryan Moutinho et Dan Rincon en mettent plein la vue avec leur synchronisme obligé et leur talent indéniable. On dirait, par moments, des tambours taïko, tellement la chorégraphie est rodée et l’amplitude sonore élevée.


Le public, lui, est en extase. Ça s’énerve rapidement, les stage-dive se font aller comme des pains chauds dans une vente de ce type de produit. Les instruments en acrylique de Dwyer, Moutinho et Rincon sonnent plus fort qu’un régiment et c’est rigoureusement efficace. Ça figure parmi les spectacles rock incontournables dont on garde des souvenirs indélébiles, comme en témoigne cette photo.

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Quelle perfo inoubliable de Thee Oh Sees/Photo: Etienne Galarneau

J’aurais aimé appeler ma mère pour lui dire que je vivais l’un des meilleurs moments musicaux de l’année, mais il me manquait de change pour un interurbain dans la cabine téléphonique que j’ai trouvée au coin Masson et 1ère Avenue.

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