Long jeu de KNLO : quand le talent rencontre le charisme

KNLO

Long jeu 

7ième Ciel

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knlo

Ça ne chôme pas dans les rangs d’Alaclair Ensemble en 2016! Après la parution d’Argent Légal de Rednext Level, l’édition vinyle de 4,99, le lancement du nouvel album Les Frères Cueilleurs, voici que KNLO (alias Kenlo Craqnuques) fait une première apparition sur disque en tant qu’artiste solo. Ayant préalablement lancé quelques projets indépendants comme Chaude chaleur et Rue Sicard, le gymnaste lyrique présente un premier projet officiel portant comme titre Long Jeu sur l’étiquette 7ième Ciel (la même qui loge sa bande bas-canadienne.)

Le résultat de ces expérimentations seul? Un album globalement tout en douceur qui fait à sa tête. KNLO ne se casse pas le bicycle avec une ligne directrice conceptuelle et décide plutôt d’être lui-même à tous les niveaux. Tandis qu’avec Alaclair on le retrouve souvent en mode spectacle, on le retrouve ici sur un ton plus laid back dans le confort de son chez lui à discuter de ses intérêts, ses tracas et sa réalité. Ça donne le ton spontané et sympathique (évidemment plus personnel) à ce projet solo.

Côté production, Long Jeu erre dans toutes sortes d’époques. On retrouve la touche 80’s à la Kurtis Blow sur la pièce @ l’église qui nous offre ses scratchs et ses drumbeats à l’ancienne. On retrouve également une production plus moderne à la El-P de Run The Jewels sur B.B.I.T.C. par ses couches variées et évolutives. Un soupçon de Sensual Seduction de Snoop Dogg est présent sur Oui (suite) de par sa touche ludico-funk faisant un clin d’œil direct à l’époque des afros. Le son contemporain piu piu rappelant Yeezus est bien exécuté sur Tabac Indien. Le coloré emcee offre une palette sonore généralement très smooth issue de ses intérêts pour le large spectre du hip-hop. Cette hétérogénéité se loge sous la toiture uniforme (construction KNLO) qui assure une certaine cohésion logique dans laquelle on ne se perd pas trop.

Côté flow et contenu lyrical, l’amateur de griot se permet de prendre un peu plus de temps pour explorer sa pensée et ses préoccupations que sur ses projets collectifs. Tantôt il parle de pauvreté locale, tantôt il parle de son quotidien. On sent qu’il n’essaie pas de nous éblouir avec ses artifices, mais plutôt de nous raconter humblement ce qu’il observe, passant ainsi des enjeux sociaux aux sujets plutôt ludiques. Ce projet dresse un portrait plus large de l’individu derrière le microphone. Bien sûr, les prouesses lyricales qu’on lui connait sont toujours au rendez-vous, notamment sur ses morceaux comme Soleil. On n’allait quand même pas écouter du KNLO sans se faire balancer du gros flow en plein visage!

Autre fait intéressant à souligner: le principal intéressé n’arrive pas avec une formule établie pour ses morceaux. Sur certains morceaux comme le premier extrait Justcayinque, on se concentre sur les verses habilement ficelés tandis que sur d’autres, on met un refrain de l’avant comme c’est le cas sur Avenue. Notre hôte y va au feeling et ça laisse une empreinte de spontanéité plutôt charmante.

Au final, ce nouveau projet de KNLO se veut comme un sympathique exercice de style. Le mot d’ordre de Long Jeu est de raconter des histoires explorant plus de facettes de l’intéressante personnalité de notre craqueur de nuques (et ce, de manière assez laid back, on le répète!). Même si ce projet n’est pas nécessairement le plus surprenant parmi les side-projects d’Alaclair, il vaut certainement le détour pour les fans du genre. Long Jeu te donne rendez-vous pour une bonne dose de charisme et de talent brut. Wadadadang!

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