Un Turbo Crunk nostalgique et suintant jusqu’au plafond

Mon dernier Turbo Crunk était en 2009 dans une ancienne école de danse latine, le Coda Club, au 4119 Saint-Laurent. C’était l’évènement mensuel pour lequel je me chixais avec un nouvel accoutrement American Apparel un peu funky et où je pouvais enfin danser comme Drake dans Hotline Bling sur des beats hip hop me rendant euphoriquement thug.

Cette année, avec deux salles à notre disposition on a pu y voir une multitudes de DJ sets. Dans la salle principal,e les performances hautes en lasers et en moiteur nous ont laissé voir des artistes tels que Ango, Suicideyear, Machinedrum, Jacques Greene, Lunice, Clams Casino et Éclair Fifi. Dans l’autre salle, on retrouvait des rythmes jazzy et des artistes tels que Ghostbeard, Jubilee, Dre Skull, Speakerbruiser Rob et TYGAPAW. Également baigné dans l’humidité, les DJs étaient entourés de grosses plantes, question de donner une bonne vibe de jungle probablement en hommage au clip Survivor de Destiny’s Child. Retour sur une soirée humide:

22h30

Je me situe à environ 50 mètres de l’Espace Réunion dans mon (très jasant) Uber, que je sens déjà la vibration des décibels provenant de ce throw-back party, offert par le Red Bull Music Academy.

22h38

Tout en me faisant installer mon bracelet très VIP, j’entends le set de Suicideyear, venant tout juste de commencer à jouer. Le décor se décline comme suit: un corridor stroboscopique avec des tuyaux trop bas (ambiance industriel ou de cognage de tête), un escalier muni d’une blacklight (à vous les selfies de dents blanches) et un noir absolu rendu à l’étage désiré. Parmi une assistance d’environ 40 personnes, j’ai le temps de me promener et de découvrir des cônes oranges. Comme quoi y’en a vraiment partout! Je recommande fortement d’écouter le set de Suicideyear pour le boiler room. Vous comprendrez ce qu’est le club-ready hip-hop qu’offre le line up du Turbo Crunk.

Suicidyear/Photo: Marielle NP

Dans la catégorie «se sentir cool au bar»: je demande des bouchons au bartender dû au chatouillement et à la douleur aux tympans que ce son, de grande qualité certes, me procure.

24h00

On se prend une bière à 7$ ainsi qu’un shooter-brûlement-d’estomac, Jagger et jus d’orange, lorsque Jacques Greene et son charisme international entrent sur scène. Il commence son set avec un hit de son alliance passée avec Seb Diamond, Mofomatronix. Un petit dance battle se crée naturellement parmi la foule qui commence à grossir rapidement.

1h00

La magie musicale de Machinedrum commence. Vu à une distance de 7 mètres, il a pas mal le look d’un vendeur de chars usagés chez H Grégoire. Je résumerais rapidement son set par un mix de Drum&Bass-Jazzy Fizzle-R&B-Hip-Hop. Pour comprendre:

Désirant prendre une pause de la moiteur ambiante, nous loupons 48 minutes du set. L’arrivée des fashionably late fait que nous sommes vite noyés dans une mer de barbes, de souliers plateformes, de brits imberbes et de millenials pas assez habillés.

 

2

3

L’attente et la crowd (qualité de photos A1)/Photos: Marielle NP

2h00

Lunice prend le contrôle des consoles et de la foule. Son charisme et son énergie contagieuse font bouillonner l’ambiance en créant plusieurs trash et même un petit mosh pit. Lunice sait nous surprendre lorsqu’il embarque SUR le DJ set pour faire ses fameux dance moves. Tout en recevant un RedBull ouvert sur l’épaule, je peux remarquer un dégradé d’âge dans la foule. Voir le graphique ci-bas.

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3h09

Clams Casino et son capuchon prennent la relève en nous offrant des beats du dernier album, 32 Levels, comme All Nite, une collabo avec Vince Staples. J’essaye de buster quelques dance moves malgré le manque d’oxygène, l’odeur proéminente d’humain, les 87 degrés celsius et le taux d’humidité équatorial. Le plafond nous coule sur la tête.

Lazer X Humidité/Photo: Marielle NP

Lazer X Humidité/Photo: Marielle NP

Vers 4h10

Éclair Fifi commence son set qui est interrompu par une carence de son. Pendant que l’équipe technique répare le tout, Jacques Greene prends le micro pour nous détendre et nous remercier 51 fois d’être venus à l’évènement. Le set recommence et rechute et recommence. La diversité et la qualité de son set terminent très bien ma soirée.

Enfin, n’eut été de l’atmosphère étouffante, de l’overcrowding, des files bloquées relevant de l’énigme au vestiaire ainsi qu’à l’extérieur, le Red Bull Music Academy a fait preuve d’audace. Son retour a crée de l’engouement et une excitation palpable chez un auditoire en général blasé. Bravo!

1 comment on “Un Turbo Crunk nostalgique et suintant jusqu’au plafond

  1. Kevin 27 octobre 2016 at 09:32

    Super récapitulatif de cette soirée nostalgique!!!

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