Je suis allé voir Rage Against the Machine avec Papa

Une belle sortie père-fils qui n’est pas sans rappeler les soupers à la maison familiale durant lesquels nous écoutions les DVD live de Rage Against the Machine, groupe que nous avions découvert dans le jeu d’ordinateur Tony Hawk Pro Skater 2, tout en mangeant et en exaspérant ma mère.

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Bon, ça peut sonner drôle comme sortie, mais c’est vrai… ou presque. Je suis allé au Centre Bell avec mon papa voir Prophets of Rage, qui est à moitié un cover band de RATM, à moitié un superband. En fait, ce sont les membres de RATM sans le chanteur Zack de la Rocha, plus Chuck D et DJ Lord de Public Enemy et B-Real de Cypress Hill.

Le spectacle commençait à 19h30 ce qui est assez tôt, mais normal étant donné la présence de 2 premières parties. Wakrat, groupe français anglophone guitare-basse-batterie, a commencé avec un punk assez incisif et engagé, je crois.

Les paroles de la première chanson (Fuck the gun, gimmie the knife, I’m alright) me portent à réfléchir: c’est quoi ce band cheap là qui veut me choquer? Les paroles et les cargos ¾ à carreaux blancs du chanteur ne m’impressionnent pas au départ, mais je finis par apprécier le trio grâce à la musique qui rock solidement. J’ai l’impression que Wakrat, ne fait des grandes scènes que depuis peu de temps. J’ai trouvé aussi que la voix était un peu générique, peut-être trop forte par rapport aux instruments, mais c’est un groupe engagé donc forcément à paroles… c’était correct. Je vais tout de même écouter leur album qui va sortir le 11 septembre prochain (c’est un groupe engagé ou pas, tu crois?).

Le groupe d’après… connaissais pas. Gros drapeau accroché à l’arrière écrit AN. Ça commence avec un gros son de basse électronique, les filles en arrière de nous capotent, mon père les trouve fatigantes. Du rock électronique comme ça, wow! Je crois rêver! C’EST LINKIN PARK 2. Ils sont très à l’aise sur scène, mais une aise scénique qui fait croire à un metteur en scène, c’est dégueu. Finalement c’est un mélange de festivalcore (le style de musique générique des festivals) et de hard rock quand même lourd, mais quand même phoney, d’après mon humble opinion. Et finalement, je l’entends, je la reconnais :

SAIL!

C’est ça, je reconnais la chanson de la publicité de Fifty Shades of Grey. C’est Awolnation! J’ai ri beaucoup. Je ne trouve pas de lien, aussi mince soit-il, avec Rage Against the Machine. C’est un peu comme si Les Respectables ouvraient pour Kaytranada au Boiler Room de HeavyMTL. Papa trouve aussi que «ça a full pas rap», pour reprendre ses mots.

C’est enfin le programme principal. DJ Lord ouvre avec un medley de chansons classiques hip-hop mélangées avec des classiques rock comme Jimi Hendrix, Guns and Roses, Nirvana et Queen. Je trouve son set un peu maladroit avec les chansons qui coupent avant le paroxysme (la drop) et l’incohérence entre elles. J’aime les performances de turntablism en temps normal, mais ici, c’est un peu n’importe quoi. Papa trouve ça «un peu weird», mais il a juste hâte que le plat principal soit servi. Pendant ce temps-là, une belle madame de 36 ans à côté de moi danse le hip-hop «comme dans le temps». Quand même dérangeant pour ses voisins de gradins.

Ça y est, les prophètes de la rage entre sur scène, poings en l’air sur le son d’une l’alarme annonçant un bombardement de dénonciations anticapitalistes et d’incitations à la haine de l’autorité.

Ils ouvrent avec Prophets of Rage (afin de se présenter j’imagine). S’ensuit, comme une tonne de brique, Guerilla Radio (c’est celle-là qui était dans Tony Hawk Pro Skater 2). Le son est fort, Tom Morello est en forme et les deux MC aussi. L’énergie est bel et bien présente dans le parterre où mushpit et bodysurf ne se sont pas laissés attendre. Papa est content de ne pas avoir choisi le parterre parce que «ça l’air fucking violent».

Le setlist impeccable

La musique est chargée à bloc de groove et de violence et ça fait du bien. Ça défoule. Il y a de ces groupes qui, à eux seuls, représentent un style de musique. RATM c’est le seul groupe, à mon avis, qui fait à la perfection le mariage du rap et du métal/hardrock. Un peu comme Portishead avec le trip-hop, RATM n’a fait aucun faux pas dans son style de musique, ce qui n’a pas été le cas pour les autres groupes ayant emprunté le même chemin. Je pense que c’est en grande partie dû à Zack de la Rocha l’éternel enragé socialiste aux paroles tellement «in your fucking face motherfucker». Bien sûr, les riffs légendaires de Tom Morello et les lignes de basse hors du commun de Tim Commerford y sont pour quelque chose, mais sans Zack, je ne pense pas qu’il y aurait eu un succès égal.

Les MCs ont interprété avec brio les chansons de RATM et ont bien performé, notamment avec le medley de hip-hop dans le parterre sauvage, mais ils n’étaient pas fâchés comme Zack. C’est normal en même temps, je ne suis pas déçu, mais je constate que Zack de la Rocha était vraiment fâché contre «la machine» et que son énergie est inimitable. Je ne crois pas que la formation de Prophets of Rage aurait pu faire fermer Wall Street comme RATM et le Krach de 1929 l’on fait (les 2 seules fois où la bourse a fermé en plein jour).

Le simple fait d’avoir vu et entendu live les riffs de Tom Morello me fait capoter: TEE NAN NANA NAA TENANA TCHKE TCHKE. C’était beau à voir à partir des estrades, le gros mushpit au parterre qui a atteint son apogée à la dernière chanson, sans surprise: Killing in The Name.

Une partie des profits du spectacle et des ventes de la marchandise a été versée à un organisme de NDG venant en aide aux jeunes vivants dans la pauvreté.

Sur ce, merci papa et FUCK YOU I WON’T DO WHAT YOU TELL ME!

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