Le bulletin officiel des FrancoFolies 2016

Les FrancoFolies de Montréal 2016 sont maintenant terminées et on a pris deux jours pour cuver notre vin. Voici maintenant notre bulletin scolaire émis par la Commission scolaire de Montréal (CSDM) Feu à volonté. On a mis les meilleures notes en premier: technique éprouvée pour faire en sorte que ton père ou ta mère accepte de signer ton bulletin.

Sans titre

Par Olivier Boisvert-Magnen, Mathieu Aubre, Etienne Galarneau et Élise Jetté

Feu! Chatterton : A+

Meilleur spectacle que j’ai pu voir cette année, mais également depuis un bon petit bout, exception faite peut-être d’Anderson .Paak. Une présence captivante, de l’émotion à revendre et, surtout, une finale auto-remixée en live de La Malinche en version techno dance. – M.A.

Fet.Nat : A+

«Ouvrez vos chakras, décroisez vos bras… Es-tu déjà sorti dans le Vieux Hull? Ça c’est une menace, là-bas.» Mon moment préféré du festival. On attend avec impatience que la formation expérimentale de l’Outaouais soit programmée dans les éditions futures du Festival de Jazz. C’est complexe, mais élégamment accessible (un peu grâce aux panneaux de carton que le chanteur montre aux gens pour qu’ils suivent les paroles). – E.G.

Saratoga : A+

Le duo de la cute-itude continue ses ravages et a même annoncé un album complet pour l’automne (yé!). Le couple qui fait dans la perfo ultra épurée aurait facilement pu se perdre sur l’énorme scène du Théâtre Maisonneuve, mais le charisme de Michel-Olivier Gasse et Chantal Archambault a fait oublier l’espace monumental. Humour, sensualité et sincérité se sont côtoyés sur scène. C’était l’fun. – É.J.

Les soeurs Boulay : A

Leur dernier album est garant de spectacles qui ne peuvent pas être mauvais. La seule faiblesse du spectacle réside dans la nervosité qui habitait les deux soeurs, un peu stressée devant un Théâtre Maisonneuve presque plein (quand même legit). À la toute fin: une chanson inédite magnifique durant laquelle Stéphanie Boulay explique à sa mamie que les amours d’aujourd’hui ne sont pas comme ceux de son temps à elle. J’ai pleuré. – É.J.

Violett Pi : A

Spectacle tout en énergie pour Karl Gagnon et sa troupe, tous vêtus de robes. Un habillement idéal pour jouer du gros rock sale empreint de touches électros tout en se tirant une balle dans la tête dans un crescendo de violence musicale avec des basses à revendre. – M.A.

L’Amalgame : A-

Toujours en forme, le groupe montréalais a offert un de ses meilleurs shows en carrière sur la scène de la tente CISM, accompagné de membres de leur collectif La Fourmilière. Ils ont aussi cassé une chanson de leur EP conjoint avec Of Course pour donner toujours plus de boogie. – M.A.

Rednext Level : A-

Vêtus de leurs vestes de motocross, Watson, Ogden et le merveilleux Tiestostérone ont galvanisé une foule enjouée, flanquée d’un sourire festif indécrochable. Après un traditionnel concours de twerk, cette fois agrémenté par la venue d’une professionnelle de gabarit, les trois génies ont enchaîné les hits accrocheurs, entre autres 40K, Get Lit et Clip avec Baz, interprété avec le Baz lui-même et son selfie stick qu’il a soigneusement décalissé dans la foule après coup. Karim Ouellet et l’homme le plus beau du Québec, Claude Bégin, ont également fait leur apparition. C’était sensationnel. – O.B.M.

Les Trois Accords : A –

C’était beau et bon mais, franchement, une seule toune puis un rappel de deux heures? Vous vous laissez aller. – E.G.

IDALG : A – ce qui donne IDLG

Il semble que la formation ait besoin d’un coup de pouce pour avoir un auditoire fidèle et attentif. On leur accorde une bonne note, cependant, parce qu’IDALG semble avoir fait très bonne figure auprès d’un public emprunté aux Trois Accords. Le handicap des spectacles en salles. – E.G.

Alaclair Ensemble : A- comme Alaclair… Low?

Alaclair Ensemble n’a plus rien à prouver sur scène. Les rappeurs sont dynamiques et les hits sont tous présents. Peut-être est-ce par excès de confiance qu’ils ont débuté par des nouveaux titres qui paraîtront sur leur prochain album? Il est plus difficile de mettre la foule dans le bain dans ces conditions. Petit accrochage pour une performance hors pair. – E.G.

Les Anticipateurs : A-

Il fallait avoir le cerveau forcément éteint pour apprécier ce spectacle satirique de niveau 42 à sa juste valeur. Une fois la switch à off par contre, l’amusement était palpable et plausible. Alors que les culs bounçaient allègrement, que Tommy Kruise chillait avec un pogo géant et que les drapeaux fleurdelisés virevoltaient, Tronel, Monak, Paquette, Lavoie et Riz-Boulet criaient les insanités les plus probantes, notamment «Fuck Justin Trudeau», «Quand je dis calice vous dites tabarnak» et, surtout, «Fuck la police» devant une rangée d’agents de la paix sidérés devant autant de connerie. En bonus: une apparition de Big Fat Seb de la ligue de lutte hochelagaise ICW venu sacrer une volée à Jean-Régis Lavoie en fin de show. Que de génies encore incompris. -O.B.M.

Les Guerres d’l’Amour : B+

C’est pas l’genre de spectacles que tu caches. C’est l’genre de spectacle que tu catches. – E.G.

La Femme : B+

La troupe française jouait devant un Astral comble et a réussi à surmonter une sono assez pauvre en basses et un tech de son qui semblait fuir les solos comme la peste. Malgré quelques longueurs psychs, les bouts dansants étaient particulièrement bien exécutés. – M.A.

MHD : B+

Si le premier show de la nouvelle merveille afrobeat s’est déroulé dans la joie et l’euphorie, il pouvait laisser présager quelques dérapages problématiques, ne serait-ce que par le degré de frénésie habitant les esprits juvéniles sur place. Les cris stridents côtoyant succinctement les Snapchat non stabilisés, on a pu profiter d’un spectacle carnavalesque à l’ambiance effrénée, magnifiée par la venue plutôt surprenante d’un Didier Drogba au jeu de pieds mordant. Au lieu de virer à l’émeute, la fin de ce rendez-vous a culminé avec une ribambelle de jeunes fanatiques prêts à tout pour s’immiscer backstage, téléphone braqué en mode selfie à la main. – O.B.M.

Philémon Cimon : B+

Set court, mais assez audacieux en formule deux guitares, avec Emmanuel Éthier, et une basse. Le résultat était intime et permettait une meilleure compréhension des textes toujours incroyablement touchants. Shout-out à la finale malaisante où l’on parlait de bébés morts. – M.A.

Corridor : B+

Excellente performance, mais je ne sais pas si la formation est mure pour trôner sur une grande scène extérieure. La faute revient à la programmation, pas à Corridor, qui a fait un travail impeccable. – E.G.

Le Winston Band : B+ comme la bacaisse dans le fond de la boîte à bois

Le Winston Band est une formation qui prend de la plus value lorsqu’on les voit en spectacle. Les sceptiques face aux enregistrements se doivent d’être confondus. C’est accrocheur, c’est dynamique, c’est dansant, c’est idéal pour un festival d’été. – E.G.

Oktoplut : B comme Bouche bée

J’aime beaucoup Oktoplut pour sa musique. Je ne suis peut-être pas au même diapason qu’eux côté humour, mais ça va, j’ai Mario Jean pour ça. Toujours est-il que de jouer sur une grosse scène dans un gros festival, ça leur a visiblement donné envie de décompresser avec des blagues et en disant «allô» à leur mère depuis la scène. Ça m’a donné l’impression que le ratio de blagues pour le nombre de pièces était déséquilibré. Mais c’est probablement causé par ma perception de leur humour. Au moins, la performance musicale était de haut niveau et les hits bien en place. – E.G.

Brown : B comme dans Brown All Day

Je considère que Brown offre l’une des meilleures propositions dans le hip-hop québécois cette année. Cependant, le public présent au FrancoFolies semblait encore à sa première expérience avec la formation. Lorsque les fans seront là pour casser la baraque, nous saurons enfin de quel bois se chauffe la formation sur scène. Brown All Day. – E.G.

CRABE : O, puis D, puis B

CRABE a offert une performance très normcore sur l’Esplanade de la Place des Arts, juste avant le spectacle des Respectables. Un spectacle familial qui a prouvé que les bonnes paroles de Ol’ Dirty Bastard au sujet de Wu Tang Clan s’appliquent également ici: «[CRABE] is for the children». – E.G.

Pierre Lapointe : B

Album pour le moins culminant dans la carrière de Pierre Lapointe, La forêt des mal-aimés, fêtait son 10ième anniversaire dans le cadre des FrancoFolies. N’étant pas autorisé à chanter des chansons écrites après 2007, Lapointe s’est contenté de livrer l’oeuvre magistrale qu’est cet album plutôt sombre. On n’a pas vu les fantaisies et les couleurs propres à PUNKT, donc, mais on a pu se laisser bercer par les pièces les plus introspectives de l’artiste, et ce, malgré les fans de La Voix qui étaient majoritaires dans l’assistance. – É.J.

Groovy Aardvark : B

Grosse soirée pour le groupe culte qui venait présenter une soirée complète au Métropolis, jouant Vacuum au complet en ouverture. Pour la suite du programme: un ensemble gamelan, des toasts et des beignes et une reprise complètement folle de Ace of Spades de Motörhead avec Lisa Leblanc. – M.A.

Ariane Moffatt : B

Ébranlée par les évènements d’Orlando, Ariane Moffatt a multiplié les discours habités sur la grosse scène de la place des Festivals mercredi dernier. Enveloppée d’un drapeau multicolore, elle a donné un spectacle de grande envergure, en donnant une dimension synthétique et uniforme à l’ensemble de ses chansons. Point culminant du spectacle (curieusement placé dans les premières trente minutes), la chanson Les tireurs fous a retenti avec intensité, malgré un son un peu trop écho. – O.B.M.

Fonkynson : B

En conclusion de la soirée Lisbon Lux Records au Shag, le DJ nu-disco montréalais présentait un set très bien conçu, mais pas vraiment établi sur le thème de la variété. Plus gros problème: on a eu droit qu’à trois extraits de #followme. On en aurait voulu plus! – M.A.

Mordicus : B-

Mordicus a offert son rock doux, largement inspiré de l’esprit musical britannique. Les pièces se sont bien enchaînées, mais le band avait du mal à occuper tout l’espace alloué sur la scène. Un peu comme un enfant qui flotte dans le pyjama de son grand frère. Sinon, le chanteur a aussi très bien su interagir avec un spectateur turbo-ivre. Un beau moment. – É.J.

Canailles : B-

Grosse soirée pour la troupe folk sale qui se présentait sur la grande scène du festival devant une foule assez nombreuse et énergisée. Le tout donnait lieu à une réunion de famille très plaisante avec des invités aussi éminents que Mononc’ Serge, Bernard Adamus et Stephen Faulkner. – M.A.

Gallant : B-

En fermeture de la soirée CISM au Shag, Dany Gallant nous a fait jouer une suite de hits québécois, autant issus du hip-hop que de la house. À noter: la présence hautement bienvenue des chansons par excellence de 2016, soit Chien galeux du Nouveau Rappeur et Chasseur de dragon des Gouroux. – M.A.

Hamza : D

Le Young Thug de Bruxelles a ennuyé un peu tout le monde mercredi soir dernier. Après avoir laissé la foule poireauter pendant 13 minutes, le rappeur auto-tuné a enchaîné sans éclat ses chansons, en lançant des redondants «VOUS ÊTES CHAUDS» à une foule plus souvent qu’autrement amorphe. Il parait que son show du jour précédent était meilleur, mais c’est peut-être juste des rumeurs aussi. – O.B.M.

Radio Elvis : D

Le groupe français se présentait au Québec avec des critiques dithyrambiques et de lourdes attentes. Ils n’ont pas su y faire face en offrant à un public assez épars une pop vide et une performance assez peu sentie. – M.A.

La Bronze (DJ Set) : E

Je n’ai pas vu le spectacle de La Bronze. Rien qu’un set de DJ présenté devant un public de professionnels, de douchebags et de quelques rares festivaliers sous une thématique pop 80’s-90’s sans vraiment trop inclure de remixes. Soulignons les quelques pièces rap Québ programmées par Clément Leduc. – M.A.

Bagarre : F

En première partie de La Femme, le quintette, pourtant assez cool sur album, a offert ce que je qualifierais d’une des performances les moins intéressantes à laquelle j’ai pu assister depuis longtemps. Un archétype du spectacle de musique pop entièrement formaté par une industrie musicale vorace et construit sur un ensemble de clichés efficaces, mais atrocement vides de nouveautés. Par contre, pour être juste, je soulignerai que le public semblait réellement époustouflé par le show qui s’offrait à lui. – M.A.

Mon Doux Saigneur – V comme dans VOYONS DONC

Augmentée par la présence de Jesse MacCormack à la basse et Mandela Coupal-Dalgleish » (Caltâr-Bateau) aux percussions, la formation a livré l’une de ses performances les plus franches à date. Avoir joué ces titres avec cet aplomb et cette confiance à la finale des Francouvertes, l’histoire aurait été écrite autrement. – E.G.

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