MUTEK Montréal JOUR 2 : Groove et méditation

Deuxième soirée à Mutek et je me suis permis de l’étirer assez longuement grâce au programme Expérience du festival, une présentation gratuite sur le parterre de la Place des festivals en après-midi. Au final, j’ai pu assister à sept performances dans ma soirée : celles de Vertigo Inc, Riohv, Blue Hawaii, Laura Luna, Sara Davachi, Kara-Lis Coverdale et Herman Kolgen.

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17h ou Performance intime

Je me présente au parterre de la Place des festivals pour la toute première performance de la série Expérience, une belle idée de démocratisation de la part des organisateurs, Au début du set, alors un peu sous la pluie, la foule se constitue donc d’un impressionnant total de deux personnes! Bon, le parterre continuera à se remplir tranquillement pas vite tout au long de la soirée, mais c’est dommage parce que le set de Vertigo Inc., aka Leon Louder, un dj originaire de St-Liboire selon son Soundcloud. Il nous présente un set relativement minimal, mais très complexe au niveau des manipulations qu’il s’évertue à faire pour tomber dans une couche d’expérimentation sonore vaguement samplée particulièrement intéressante. Seul point négatif : j’aime pas les djs qui finissent de façon expéditive sur un beakbeat maladroit.

7,5/10

18h ou Être cute sous un abri tempo

C’est sur un problème technique un peu longuet que se présente ensuite Riohv, dj montréalais signé chez la très capable maison 1080p. Son mix se révèle peut-être moins suivi et clairement orienté que le précédent, alors qu’il nous offre de façon plus ou moins suivie un mélange d’ambiant contemplative, de house assez classique, de beatbox rétro et une finale sur de la petite flûte guillerette. Le moment n’est pas si mauvais, surtout sous l’averse de laquelle je m’abrite tant bien que mal en me cachant avec ma copine dans le sac poubelle que j’avais ingénieusement troué en guise de poncho. On est cute semble-t-il, mais nettement moins remarquable que le jeune garçon qui en profite pour faire du break dance sur le terrain gazonné. Et probablement plus que le trio de douchebags vraiment trop sur la party et ressemblant étrangement aux Trailer Park Boys

6,5/10

19h ou Comment j’ai trouvé mon nouveau dj préféré :

C’est maintenant la moitié masculine de Blue Hawaii, soit Alex Cowan, qui s’aventure sur la scène, sous un temps maintenant joyeusement ensoleillé. Il commence, dans tout le flegme qu’il peut démontrer, par un petit beat trap sous les encouragements nourris du trio de génies et les rires du reste du public, maintenant très nombreux. Fidèle à son habitude, il nous offre un mélange de house maniérée et impeccable, avec des touches de musique funk et soul vintage. Set génial malgré les nombreux problèmes de sono que je dois quitter assez rapidement pour me sustenter.

9,5/10

21h ou Des sets méditatifs, c’est dangereux

Après un souper bienvenu, je retourne aux quartiers généraux de MUTEK au MAC pour le début de la seconde Nocturne. Je suis un peu fatigué, et Laura Luna, dj mexicaine et tchèque, ne vient pas me donner un grand coup de main avec le set soundscape ultra méditatif, quoi que très beau, qu’elle vient présenter. Assise au sol, la foule observe vaguement les projections nerveuses qui accompagnent le tout avant de se rendre compte qu’elles sont très répétitives. Moi, je commence à cogner des clous. Plus grande fierté : avoir résisté au sommeil durant les 45 minutes de la présentation.

7/10

Vient tout de suite après la montréalaise Sara Davachi qui elle aussi vient nous présenter plus une longue pièce qu’un réelle set, encore une fois sous une forme ambiante contemplative. L’effet est surtout accentué par l’absence totale de projection et de jeu de lumière durant la demi-heure de la performance. Cette fois-ci, je me sauve plutôt bien du sommeil grâce aux sons excessivement stridents qui parsèment sa musique.

7,5/10

22h ou Se réveiller en beauté

Celle que j’attendais avec le plus d’impatience pour cette soirée se présente enfin sur scène et la fatigue me quitte. Remarquez, c’est peut-être le fait de m’être levé qui a aidé aussi… Dans tous les cas, je suis bien heureux de pouvoir assister à une prestation de la montréalaise Kara-Lis Coverdale, une des artistes du très bon collectif Acte Musique. Elle vient présenter un mélange assez impressionnant de musique électroacoustique, de pièces samplées puis modifiées d’instruments réels et d’influences autant minimalistes que contemporaines. Le résultat est impeccable et les transitions si bien jouée qu’on se demande jusqu’à un certain point s’il ne s’agit pas d’une très longue pièce à tableaux. Beau moment.

9/10

23h ou Se faire rentrer dedans solide

Je descends maintenant au sous-sol pour aller voir Simon Chioini, également de chez Acte, mais arrive plutôt durant la performance du canadien Herman Kolgen présentée devant une salle comble. Comble équivalent ici à : j’ai vaguement dû m’obstiner avec le doorman pour pouvoir entrer, même avec ma passe presse. C’est donc de l’arrière de la salle que j’assiste à l’impressionnante et violente présentation de Seismik. On observe principalement un gigantesque écran sur lequel s’affichent des images de roches, des écritures et du mapping informatique, le tout accompagné d’une musique constituée d’explosion de basses extrême et sans trop de repos. Une œuvre exigeante, mais ô combien satisfaisante.

8,5/10

HERMAN KOLGEN_SEISMIK_preview 01 from Herman Kolgen on Vimeo.

Je quitte finalement tout de suite après, ratant malheureusement le set de Chioini, auquel j’avais tout de même déjà eu un avant-goût dans une entrevue que j’avais mené à Choq.ca la semaine dernière. Si le cœur vous en dit, elle est disponible juste ici et suivie d’un set d’une trentaine de minutes.

Au programme demain : Ex Terrestrial, Booma Collective, Burundi Index et Claire en extérieur ainsi que Function, Lakker, Dasha Rush et Orphx au Métropolis.

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