Francouvertes 2016 soir 7 : tout est sombre

Histoire de fitter avec le dehors morne et pluvieux, la septième et dernière soirée de préliminaires des Francouvertes mettait en vedette des groupes au tempérament musical sombre. Retour sur ce qui s’est à peu près passé.

Vulgaire_Art

Vulgaire. Crédit : Olivier Boisvert-Magnen

C’est en refusant de dévoiler leur identité que les membres du groupe électro dark pop Vulgaire ouvrent la soirée, cachés derrière des miroirs carrés à la hauteur de leur face. «Essayez de prendre des photos où on ne les voit pas», nous demande une dame qui a l’air de travailler ici. Bons joueurs que nous sommes, nous respectons cette règle tout en la contournant : le chanteur a l’air d’un dandy coquet avec du gel dans les cheveux, le claviériste a les cheveux longs et le gars au bout a les cheveux peignés par en arrière. Avec ça, vous devriez sans doute être bons pour les reconnaître dans la rue et ainsi briser À JAMAIS leur concept.

«Agitez vos pieds et dansez le mal de vivre avec nous», envoie le chanteur sans identité au début. Bien qu’ils restent assis bien correctement, les spectateurs semblent apprécier la prestation, à en juger par leur regard imperturbable fixé vers la scène. Il y a deux femmes au fond qui parlent un peut trop fort entre deux gorgées de drink quelconque aux canneberges, ce qui leur vaut une altercation somme toute courtoise avec la fille attentive devant elles.

L’électro froid européen de Vulgaire prend rapidement forme, à grands coups de drum électronique effréné. La voix caverneuse du chanteur dévoile parfois des notes plus aiguës qui ajoutent un côté torturé aux pièces. Le groupe semble en pleine possession de ses moyens, mais pas assez aux yeux des juges, qui l’ont écarté du top 9.

Ponteix

Ponteix. Crédit : Olivier Boisvert-Magnen

Directement de Saint Denis en Saskatchewan, le quatuor post-rock Ponteix laisse planer le mystère au début de sa prestation à travers une succession de sons atmosphériques et translucides sur fond de rouge charnel. Au devant de la scène, Mario Lepage, nu-bas pour l’occasion, dévoile sa voix tranquillement, préférant la subtilité des tons au trop-plein émotif. À ses côtés, trois musiciens de calibre échafaudent un post-rock progressif d’envergure, qui rappelle dans sa forme et sa touche électro l’univers complexe d’un autre groupe franco du ROC, Pandaléon.

Sauf que Ponteix n’a pas cette tendance à rester trop près de ses influences. Malgré des interludes parfois trop longs, le groupe semble en contrôle de sa proposition musicale, ce qui n’est pas toujours chose commune aux Francouvertes.

«Les gens doivent se demander c’est quoi Ponteix», hypothétise Lepage, en milieu de prestation. «C’est le nom d’un village fransaskois… Un village qui se bat pour garder sa langue vivante. Pour moi, c’est une inspiration pis un symbole.»

En matière de symbole saskatchewanais, disons qu’on préfère pas mal mieux Ponteix à Colin James.

On a rien contre le blues rock, en passant.

Fudge

Fudge. Crédit : Olivier Boisvert-Magnen

Six ans après son passage aux Francouvertes avec son projet électro, David Bujold reprend la scène du Lion d’or avec son groupe stoner rock Fudge. Flanqué d’un chandail à l’effigie de Metz et d’une veste rouge slack, le chanteur à la tignasse frisée tombante rappelle un certain Olivier Langevin, autant pour son look déglingué que son rock pesant coiffé de synthés électros enveloppants.

Après une première chanson en masse pesante, Fudge poursuit dans sa veine électro rock psychédélique aux coupures franches et saccadées avec une pièce qui a l’air de s’appeler On est tous des adolescents, si l’on se fie au leitmotiv que Bujold hurle. Ça brasse comme il faut, et la foule répond à l’appel avec des applaudissements chaleureux, plus convaincants que durant les deux autres prestations.

«J’me contrôle pu», chante ensuite Bujold avec une intensité soutenue. Ça n’en prenait pas plus à l’alarme de feu pour se remanifester, une semaine après avoir semé l’émoi au même endroit. Fudge enchaîne alors avec un petit jam cheesy, avant de changer le mal de place avec un solo de speed métal.

Ça promet pour les demi-finales, qui s’amorcent le 11 avril prochain, toujours au Lion d’Or.

RÉSULTATS FINAUX DES PRÉLIMINAIRES DES FRANCOUVERTES 2016 :

1 Mon Doux Saigneur

2 Ponteix

3 Fudge

Les Passagers

Édwar 7

Caltâr-Bateau

La Famille Ouellette

Sarahmée

Simon Daniel

1 comment on “Francouvertes 2016 soir 7 : tout est sombre

  1. Guy Fortin 29 mars 2016 at 07:42

    Bravo à David Bujold et à son groupe Fudge.

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