Entrevue avec Paupière : deux filles et une photo sur un iPhone

Toutes les occasions sont bonnes pour célébrer, et disons que ce vendredi, y’en aura des pas pires. En plus de souligner les trois ans de l’étiquette Lisbon Lux, la révélation synthpop Paupière en profitera pour lancer comme du monde son premier EP, Jeunes instants. Rencontre avec Éliane Préfontaine et Julia Daigle, sans le prestigieux maître aîné Pierre-Luc Bégin de We Are Wolves. 

Eliane, Pierre-Luc téléphone et Julia/Photo: Olivier Boisvert-Magnen

Eliane, Pierre-Luc téléphone et Julia/Photo: Olivier Boisvert-Magnen

 

Commençons par le début

Paupière, c’est d’abord la rencontre fusionnelle/sentimentale entre Pierre-Luc et Julia. Au hasard d’une rencontre probablement hivernale, Éliane a tissé des liens de proximité avec les deux tourtereaux. «Je connais Pierre-Luc depuis que j’ai 16 ans. C’est le chum de mon ex», raconte-t-elle. «On avait fait des essais pour un projet avant. Je voulais qu’il joue de la batterie pour un de mes bands, et ça avait pas marché. Y’a deux ans, je l’ai rencontré sur la rue avec Julia. Ils étaient en date.»

 

«Fut un temps, oui», certifie Julia, assise ben correctement sur le divan d’entrée de la Casa del Popolo.

 

«C’était cool de se croiser», poursuit Éliane. «Ils m’ont dit qu’ils avaient démarré un projet ensemble, avec Vincent, le membre caché de Paupière.»

 

«C’était pas grand-chose è l’époque», enchaîne sa consœur. «On avait emprunté un clavier à Vincent. Pierre-Luc m’avait demandé de chanter des textes avec lui. Un peu après notre rencontre avec Éliane, genre la veille du jour de l’an, on lui a fait entendre tout ça. Quelques heures plus tard, on l’avait embarquée dans le projet pour vrai.»

 

On saura jamais exactement ce qui s’est passé ce soir-là, mais Paupière a commencé à exister, à peu près le 1er janvier 2014.

 

Photo: Courtoisie Lisbon Lux

Photo: Courtoisie Lisbon Lux

 

Six mois plus tard, ça se concrétise. Les trois musiciens/chanteurs font un spectacle au mythique restaurant absurdo-international de la Petite Italie, le Bethlehem XXX, là où Éliane travaillait à l’époque et où Julia travaille toujours (et où Pierre-Luc continue d’aller souvent pour chiller, boire de la bière et se promener derrière le bar comme s’il travaillait là).

 

«Ça a commencé à décoller et à prendre forme. Six mois après, encore, on rencontrait Julien (de Lisbon Lux) et on lui faisait entendre tout ça», se souvient, approximativement, Julia.

 

Ce jour de l’an-là, les choses se passent, mais d’une façon un peu moins épique. «On a refait un show au Bethlehem le 31 décembre 2014. Y’avait genre deux personnes qui nous écoutaient. C’était vraiment pas très bon», admet Julia, avec l’approbation évidente d’Éliane. Bien qu’il ne soit pas là, Pierre-Luc aurait sans doute, lui aussi, hocher de la tête.

 

Lo-fi, claviers et réponses gars-filles

Début 2015, la création pogne de quoi. Le style Paupière se définit: esthétique lo-fi, synthés pop rétro, accent franchouillard, dialogues chantés.

 

Enregistrées et composées y’a plusieurs mois, les quatre chansons de Jeunes instants se tiennent à peu près dans ces zones-là. «On cherche pas à avoir une musique rétro, c’est juste qu’on fait avec les moyens qu’on a, donc ça donne de quoi de lo-fi. La musique française des années 80 nous inspire, c’est certain, mais on cherche pas à la reproduire», indique Julia.

 

«Ce qu’on aime, c’est l’idée d’avoir des réponses gars-filles. On aime chanter les trois et se renvoyer la balle. Être deux filles et un gars, ça nous permet d’incarner des personnages et de raconter des histoires», renchérit Éliane.

 

«Mais on n’est pas nécessairement dans la chanson d’amour», prévient Julia. «Au départ, le EP, c’était un recueil de portraits, de personnages différents. Surtout, on voulait laisser de côté l’introspection et prioriser la narration omnisciente.»

 

 

Très française/européenne dans ses textures, ses influences et son vibe général, la musique de Paupière semble déjà comprendre que c’est probablement là-bas que ça va se passer dans le futur. Fort d’une mention sur le site du Paris Match y’a quelques semaines pour le clip Elle et lui, le trio s’en va tâter le pouls avec une tournée de 14 shows en 15 jours en Italie, puis de deux dates à déploiement considérable en France juste après.

 

«On veut tout casser», clame Julia. « À date, les shows, ça va, mais on a constaté une certaine faiblesse. On est en train de reformuler le show en ce moment, et on compte essayer ça en Italie. Après, on débarque en France.»

 

«Ouais, on débarque là, pis on leur montre qu’on est fuckin’ bon !» s’enthousiasme Éliane.

 

D’ailleurs, le lancement de ce vendredi sera une bonne occasion pour tester la formule. «On veut rendre ça plus dynamique», explique Julia. «Pierre-Luc revient aux rythmes et moi, on flush mon clavier… Je vais donc devoir animer.»

 

«Ouais pis elle va vous animer ça solide !» s’enthousiasme de surcroît Éliane.

 

«Je vais essayer des affaires», assure Julia. «Genre je vais faire des roues latérales avec du feu.»

 

Photo : Olivier Boisvert-Magnen avec flash

Photo : Olivier Boisvert-Magnen avec flash

 

Paupière (avec Bronswick, Gallant, Le Couleur, Fonkynson et Das Mortal) au Théâtre Fairmount ce vendredi 26 février.

Paupière (avec Vulgaire et Ponctuation) à la Cinémathèque québécoise pour le 25e de CISM ce jeudi 25 février.

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