La lune, les étoiles, le cosmos et Patrick Watson

Du haut de sa sold-outitude hâtive, Patrick Watson présentait la première de trois soirées au Métropolis avec ses robots amoureux. Offrant son show Love Songs for Robots au milieu d’un système solaire en plastique des plus au point, le grand maître de la musique planante était au sommet de sa forme, contrairement à la jeune femme en coma éthylique ramassée par la sécurité avant la première toune.

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En guise de première partie, Watson donne à son public l’embarras du choix avec un pianiste au parterre, une harpiste dans le hall et, au balcon, une artiste que je n’ai jamais pu identifier vu mon positionnement.

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Le pianiste a son enclos.

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Magicien (chauve du milieu de la tête) pour le moins quasi impressionnant, Socalled assure la véritable première partie en jonglant avec des cerceaux et en laissant le chant à un chien parmi les plus laids.

Poopsy qui se crisse longuement du micro a quand même la chance d’entendre son nom scandé par la foule.

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«Inquiétez-vous pas, Patrick Watson va être là» assure Socalled devant une foule visiblement inquiète de la suite des choses.

Le show de l’amour robotisé n’est pas commencé que le gars en avant de moi, voulant attraper la fesse de sa blonde robot, m’agrippe plutôt accidentellement la cuisse qui n’est pas une cuisse de robot. Erreur sur la personne.

Le couple à ma gauche a plutôt cette conversation à 20h52:

– C’est le pire cadeau de fête ever. Je t’haïs tellement de m’avoir donné des billets pour un show qui ne commence pas à l’heure.

– Je ne pouvais pas savoir que ça commencerait une heure en retard.

– Parle-moi pas.

(20h54. Patrick Watson entre sur scène)

– Oh mon Dieu! Il est LÀÀÀÀÀ. Pour vrai! C’est lui!

– T’es pu fâchée?

– Patrick Watson est là en vrai!

OK.

Le concert débute alors qu’un film expérimental serbo-yougoslave est projeté sur un tapis en macramé.

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On remarque immédiatement que Patrick Watson aurait voulu participer aux épreuves de Vol 920.

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En direct du balcon, Pierre Lapointe est ben down avec ça.

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Après les pièces Love Songs For Robots et Good Morning Mr. Wolf, Watson déclare «home sweet home», sans en profiter pour chanter Sweet Home Alabama.

Avec plein de soul dans la voix et dans les gestes, Patrick Watson interprète Hearts et Bollywood.

Le gars en avant de moi, par un mystère insondable, réussit à twerker pendant l’introspective In Circles.

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De beaux enchaînements nous mènent d’une chanson à l’autre sans qu’on ait à faire de pause. Impossible d’aller faire pipi entre deux tounes.

C’est déjà l’hommage à Star Wars qui commence:

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Sur le trio de choristes, Marie-Pierre Arthur insère des bouts de la pièce Le silence dans Grace de PW. C’est juste très beau.

«Ça fait longtemps que je vous ai vus, a annoncé Patrick. C’est pas vrai. Je vous vois à l’épicerie picking up apples. On se dit bonjour.»

Man Like You est jouée acoustique et permet plusieurs expérimentations dont un solo de scie à bois:

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Après avoir joué Into Giants, dédiée aux amis qu’ils ne voient pas souvent, Pat et son band amorcent Turn Into The Noise avec une basse intense qui résonne assez pour nous replacer les chakras. Les effets de voix nous laissent sans doute avec le même sentiment que lorsque les gens ont entendu quelqu’un turlutter pour la première fois. Grandiose.

Adventures In Your Own Backyard conclut le set et le rappel laisse entendre Know That You Know, Beijing, Man Under The Sea interprétée dans la foule et Lighthouse.

En conclusion, une fille imbibée d’alcool s’écroule sous mes yeux comme si on était dans un show d’Ozzy Osbourne.

Une grande soirée dans la voie lactée.

PHOTOS: ÉLISE JETTÉ

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