Eliza, un lancement qui bûche (de Noël)

Les jours passent, le temps avance et, pourtant, je ne sais toujours pas comment concilier mon amour pour la musique live et pour les bons burritos.

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Des suricates, ce dont nous avions tous l’air durant la performance du Havre.

Hier soir, j’ai failli ajouter un trait à ma liste de spectacles manqués en raison de la nourriture tex-mex. Cependant, ma volonté d’assister au lancement de l’album Oootchh de Eliza était plus forte que les tourments de mon corps à jeun face au queso épicé de la Casa del Popolo.

Il faut dire qu’Eliza est un peu apparu comme si de rien n’était dans le paysage musical québécois au courant de l’année 2015. Oui, bien sûr, ils avaient fait paraître A Quit Smoking Soundtrack en 2014 et The Chocolate Box en 2012, deux EPs intéressant mais qui n’ont pas créé de très grands remous. Du moins, pas assez grands pour expliquer que la salle de la Casa del Popolo soit déjà pleine à craquer vers 20h30 un mardi.

Peut-être était-ce plein aussi puisque ce lancement s’inscrivait dans la lignée des fêtes de famille du mois de décembre. On y croisait des gens qu’on a pu voir deux jours avant au GAMIQ et la veille au lancement de la Liste de Noël de Poulet Neige; il ne manquait qu’un repas des fêtes végétarien pour qu’on s’imagine au réveillon des folk-rockeurs.

En bonne célébration des fêtes, tout le monde s’est réuni à la messe menée par la formation Le Havre. Anciennement un quatuor, le groupe s’est présenté en format duo pour présenter son rock méthodique alliant des couleurs dream-pop et progressives au lot. Les compositions de Charles-David Dubé sont fortes mais notre coup de cœur va à Oli Bernatchez, qui gardait le rythme d’une main et se faisait aller le synthétiseur de l’autre. Cette alliance des claviers et de la batterie avec une si grande précision a de quoi faire verdir de jalousie les Bernhari de ce monde. Comme à la messe, bien sûr, tout le monde était silencieux et admiratif devant l’expérience spirituelle devant eux, murmurant quelques «Mon dieu» et autres louanges pour la formation.

Après la messe: le party de famille. La piste de danse s’enflamme un peu plus lorsque les six musiciens d’Eliza, doublés par Alex Dodier au saxophone ténor et Francis Ledoux aux percussions, s’installent sur scène. Voici enfin le moment de saisir ce que fait ce groupe pour créer autant de remous. Font-ils du punk? Il faut dire que ça bûche beaucoup. Tout le monde fait des headbang chorégraphiés lors des passages plus lourds. Ce qui serait bien, c’est qu’ils s’inscrivent dans une lignée de groupes un peu punk avec saxophone.

Font-ils du progressif? Il faut dire qu’ils ont tendance à s’en aller un peu partout avec leur structure et qu’aucune pièce n’a le fléau de beaucoup ressembler à une autre. On distingue clairement les morceaux, ayant chacun leur propre univers sonore qui reste cohérent avec les autres. De plus, le groupe semble s’amuser avec les formes irrégulières.

Font-ils du blues-rock? Il faut dire que par moments, les couleurs d’accords et les timbres instrumentaux semblent se rapprocher de ce genre. On les salue, cependant, de ne pas chercher à ressembler à Jonas.

Au final, Eliza fait ses propres trucs, sans compromis. On peut dire que c’est du rock avec une sensibilité aigue pour les formules asymétriques. Sans doute que c’est cette sincérité et ce plaisir apparent dégagé sur scène qui leur a permis d’attirer tant de gens à leur réveillon impromptu un mardi soir d’automne. L’esprit familial et bon vivant qui se dégageait de ce lancement m’a aussi permis d’assister à l’un des spectacles les plus unanimes de la dernière année.

Joyeuses fêtes, Eliza. Joyeuses fêtes, Le Havre. Bonne année, bon succès et, surtout, tenez-vous loin de la nourriture tex-mex. C’est bon, mais c’est traître.

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