IDALG : Plie les genoux et fonce dans la Post Dynastie

Il Danse Avec Les Genoux

Post Dynastie

***­½

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Les habitués de l’axe Saint-Denis et Mont-Royal à Montréal ont vu pendant de nombreuses années les performances enlevantes de la formation Il Danse Avec Les Genoux. Ces derniers ont réussi à se créer une très bonne réputation avec quelques EP aux touches psychédéliques disponibles pour les résidents de l’internet. Depuis le 27 novembre, la formation, arbore maintenant le blason IDALG et offre son premier effort complet, Post Dynastie.

Ceux et celles qui ont déjà entendu le nom ont sans doute eu une petite émotion en voyant la magnifique pochette de cet album attendu avec impatience. Les quelques EPs disponibles en ligne étant intéressant mais plus introspectifs que ce que le groupe présente en spectacle, le public espérait un opus qui soit représentatif du live. Un premier extrait paru en 2013, Cette chose bouffe ma tête, nous permettait de croire le meilleur mais un silence radio niveau parution s’en est suivi, donnant à Post Dynastie une aura quelque peu chinese-democratesque.

Ce premier long-jeu se présente comme la conclusion des longs travaux de studio de la bande – un double power trio, semblerait-il? – menée par Jean-Michel Coutu et Yuki Berthiaume. L’album présente le récit du serpent à plumes Quetzalcoatl, divinité issue des mythes toltèques et aztèques. Associé à la création du monde, ce drôle d’oiseau symbolise chez IDALG le début et la fin d’une force agissant sur d’autres. Œuvre politique ou humaine, la Post Dynastie s’attaque aux relations de pouvoir et, surtout, à ce qui s’en suit.


La pratique du sacrifice humain dans le culte de Quetzalcoatl peut-être figure de style avec la rupture sonore du groupe; le premier long-jeu se rapproche beaucoup plus du son live du groupe, lui donnant un mordant punk encore inexploré dans les dernières publications. Si l’album n’est pas formellement construit autour d’une histoire ou d’un concept, on sent cette thématique partout à travers les pièces. On les y retrouve ou bien dans les pièces instrumentales (Quetzalcoatl, Lac de Plumes) ou encore dans les titres de chansons (on note que les titres de la face A ont tous un lien de près ou de loin avec les reptiles).

Post Dynastie est un opus lo-fi qui déménage avec sombre mais enivrant, qui marque un bon pas de l’avant pour IDALG. Les titres ne sont pas tous aussi dansants que ce à quoi nous a habitué la formation dans ses spectacles mais l’œuvre finale demeure cohérente, articulée et agréable à l’écoute. Au final, on peut par contre comprendre d’où vient l’adoption de l’acronyme comme nom: Post Dynastie est un album où l’on retrouve un peu plus de genoux que de danse.

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