ADISQ 2015 : LE texte qui ne parle pas des robes

C’était le party de bureau de la musique québécoise hier soir à la Place des Arts. Selon les rumeurs «tout le monde» était là, mais on n’a pas vu tout le monde. Par contre, on a vu beaucoup de talons hauts, comme en témoigne cette image…

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Photo: Ève Lévesque

Au début de la soirée, nous nous sommes aventurés près du tapis rouge pour essayer de voir arriver nos préférés à travers les fashionistas qui voulaient savoir ce que le monde portait. Nous nous sommes concentrés sur celui à qui personne ne voulait parler de linge, Philippe Brach. «Je suis habillé par la compagnie de la Baie d’Hudson sauf les boxer, nous a-t-il confié. J’ai choké deux épaisseurs de linge, mais j’ai tout lavé et c’est neuf. Anyway, comme tu peux constater, je ne pouvais pas rivaliser avec Rick (Éric Lapointe) et son veston doux.»

Pour se préparer à affronter la soirée où il avait deux nominations (Album folk et Révélation de l’année), il avait mangé de la lasagne végé et 3-4 bols de Cheerios cannelle. À 19h32, il évaluait ses chances de gagner un trophée à 21 %.

Croisée sur le tapis rouge également, Marie-Pierre Arthur nous a dit : «moi, j’ai rien mangé et j’ai faim en maudit!» Elle nous a admis qu’elle n’avait pas de rituel spécifique avant les galas, sauf qu’elle fume une clope avant de monter sur scène (pas pour aller chercher son prix, selon ce qu’on a observé), même si elle n’est pas une fumeuse.

Tu t’y attendais!

Dès le début du gala, Louis-José Houde s’est lancé sur l’opportunité de critiquer les gens «qui ne s’attendent pas à gagner». «On paye 150 personnes pour te donner un prix. Concocte une phrase, a-t-il crié. T’as 900$ de linge sul’ dos. Tu t’y attendais», ajoute-t-il en ne considérant visiblement pas le look de Philippe Brach dans son équation.

Après avoir fait un speech sur l’importance des quotas de musique québécoise dans les radios commerciales en soulignant au passage l’importance des chansons francos, Louis-José a invité sans ironie Yoan (qui a lancé cette année un premier album en anglais) à venir présenter la catégorie Album folk. De sa voix suave et de son décolleté lavande, Yoan a réussi à ne pas trop se rappeler de ce qu’il devait dire: «voici les nommés».

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Photo: Élise Jetté

C’est Fred Pellerin qui a remporté le trophée. On lui a demandé ce qu’il aurait voulu ajouter sur scène s’il avait eu plus de temps. «On a le 60 secondes qui nous défile dans face, c’est pas évident, a dit le conteur. J’aurais nommé les musiciens un par un. Mon travail dans le conte, c’est de nommer des gens qu’on ne nomme jamais. J’aurais voulu avoir le temps de dire des noms.»

Et où mettra-t-il le nouveau Félix? «Sur la tablette du foyer, nous a-t-il dit en nous dévoilant une photo exclusive de son manteau de cheminée. Mais là, j’ai pu de place, je vais vendre le plus vieux, il commence à être rouillé, de toute façon.»

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Photo: Élise Jetté

Pierre Flynn est ensuite entré sur scène avec un poème, mais sans ses yeux, pour présenter l’Interprète de l’année.

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C’est Isabelle Boulay qui a gagné le trophée. On a tout de suite réalisé qu’il était moins désagréable d’écouter ses ébats que d’entendre la musique de type sonnerie de téléphone qui visait à faire quitter la scène aux gagnants. Le côté fatiguant était réussi.

Tout était parfait dans la prestation de Galaxie, Louis-Jean Cormier et Philippe Brach: du nouveau souffle plus électro donné à la toune de LJ jusqu’au solo de maracas de Brach.

Le trio a ensuite débouché des bières et a annoncé le gagnant du trophée Spectacle auteur-compositeur-interprète. «Il est sympathique, mais il a quelques défauts», a souligné Philippe Brach avant de nommer le gagnant: Patrice Michaud.

Le récipiendaire blême semblait atteint d’une maladie grave ou bien il avait saupoudré un peu de farine dans son visage pour égaliser son teint.

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Photo: Élise Jetté

Que vas-tu faire en premier avec ton trophée a-t-on demandé au principal intéressé? «Je vais le donner à mon fils, il est fasciné par la raie de la statuette.»

Fanny Bloom, Marie-Mai et Ariane Moffatt ont provoqué des arrêts cardiaques à ceux et celles dont le pacemaker faiblissait. En robes bleu, rouge et verte, les trois interprètes multicolores étaient très compatibles.

Un court monologue de Louis-José au sujet des Spotify et autres sites d’écoute musicale de ce monde s’est conclu par «Prenez le plus chubby de votre gang et assoyez-le sur la face du Japonais qui a pensé ça.»

Parce qu’on est en 2015 (#Justin), on pourrait vraiment remettre en question le nom du prix de la catégorie suivante: Adulte contemporain.

En bonne adulte contemporaine, Marie-Pierre Arthur a été très adulte et contemporaine dans l’acceptation de son premier Félix contemporain en carrière. C’était adulte, tout en étant très contemporain.

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Photo: Élise Jetté

Pierre Lapointe est allé sur scène avec son veston doux et ses joggings pour présenter le prix Album pop.

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Photo: Ève Lévesque

C’est Ariane qui a gagné.

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Photo: Ève Lévesque

En coulisses on lui a demandé quel était son plus beau souvenir avec Marie-Pierre Arthur puisque c’était elle qui avait remis le prix à cette-dernière un peu plus tôt. «Nos années au Cégep Saint-Laurent, notre passion, le fait de commencer quelque chose sans savoir où ça nous mènerait. Le fait de réussir toutes les deux aujourd’hui, c’est tellement beau.»

Et si elle n’avait pas eu trop de téléspectateurs dans la face, elle aurait dit quoi de plus? «J’aurais dit encore plus à ma blonde, comment je l’aime. On a relevé un grand défi de couple dans la dernière année. C’est pas facile de vivre avec moi.»

Le rêve de Klô Pelgag s’est ensuite réalisé. Elle a rencontré Messmer pour présenter avec lui le prix de Révélation de l’année.

C’est Brach qui a reçu la statuette. Il a remercié les gens qu’il fallait en précisant qu’il se demande souvent «les gens de Spectra qui me font confiance, sont tu caves esti?»

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Photo: Ève Lévesque

Affrontant la salle de presse au grand complet, il a annoncé: «Esti que j’t’à l’aise»

Répondant à notre question sur son changement de t-shirt entre sa perfo et sa remise de prix, il a répondu «C’est le plus chic que je peux faire. Mon costume de scène, c’est mon linge de divan.»

Et que va-t-il faire avec la statuette? «J’avais eu l’idée de la mettre à côté de la toilette pour mettre le papier de toilette, mais je suis en train de me dire qu’il va falloir que j’achète du pas pire jumbo pour que ça rentre. Ça a l’air plus petit à la TV, ce trophée-là!»

Dodo Dodo

La meilleure idée qui est sortie du brainstorm pour célébrer l’hommage à Dominique Michel: «on va faire lire des faux tweets même pas touchants par des acteurs dans un gala de musique».

L’hommage à Dodo nous a fait faire dodo (toudoum tchi!)

On a entendu plusieurs cris de douleurs dans la salle de presse. «Haaaaaaaaaaa» ou «Fermez le son», a-t-on entre autres entendu.

Louis-José Houde a sonné l’alarme: méfiez-vous du party after hour (qui suit le party post-gala): «C’est un concours de mauvaise haleine sur la rue Panet», a déclaré l’animateur.

Ensuite, le duo Patrick Norman et Fred Pellerin passait mal.

Après ça, Galaxie a gagné Groupe de l’année parce que Kaïn n’était pas fidèle au poste.

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Photo: Ève Lévesque

Jean Leloup a été sacré Auteur-compositeur de l’année et, alors que tout le monde craignait qu’il dise des niaiseries ou qu’il fasse mettre tout le monde en prison, il a plutôt oublié tout ce qu’il souhaitait dire.

«J’ai préparé des discours intelligents sur le déversement des eaux usées, sur la politique, des idées vraiment géniales, nous-a-t-il avoué en coulisses. Je me suis remercié tout seul toute la journée et là, en vrai, ça a été terrible. Tout le monde me regardait…» Pauvre Jean.

Après ça, en musique, on se demandait vraiment pourquoi Marie-Pierre Arthur avait été jumelée avec Bobby Bazini.

La chanson que tous les humains ont eu dans la tête contre leur gré toute l’année a été nommée Chanson de l’année: Paradis City.

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Photo: Ève Lévesque

L’interprète féminine a été Ariane Moffatt et l’interprète masculin a été Jean Leloup, qui a offert toutes les options aux photographes dans la salle de presse: «Voulez vous une photo sensuel, sexuel, émotive, drôle? ALLEZ, dites-le!»

Si vous avez enregistré le gala, on espère que vous aviez aussi tapé le téléjournal parce que, contre toutes attentes, le gala a duré plus longtemps que prévu. Tout le monde était mystifié.

1 comment on “ADISQ 2015 : LE texte qui ne parle pas des robes

  1. Caroline Benjamin 9 novembre 2015 at 19:44

    J’ai vraiment adoré L’ADISQ cette année
    Un beau spectacle entre amis qui se remettaient des prix.
    Ça fait 37 ans que je regarde ce show et encore une fois je vous dit BRAVO à nous Québécois qui prenons le temps de découvrir notre belle diversité QUÉBÉCOISE
    Une riveraine du Lac Champlain qui n’as pas de télévision. ….pour la cause je me suis déplacé
    ?

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