Bad Nylon : Un Deuxième Set consistant

Bad Nylon

Le Deuxième Set

Indépendant

***

bad_nylon

Arrivé comme un cheveu sur la soupe en janvier dernier, le premier EP du groupe de rap féminin post-hypersexualisation Bad Nylon, intitulé Musique de Brunch a beaucoup fait parler. Cette première parution est venue secouer le boys club du rap québécois où très peu de femmes ont pu se frayer une place. Avec Le Deuxième Set, La Wanagain, Mart Ah, JazzyGee et Marie-Gold doivent valider si elles méritent de se hisser au panthéon avec les autres J. Kyll, Dee et G.I. Jane de ce monde.

Sur ce deuxième effort paru le 1er octobre, les filles de Bad Nylon nous proposent sept pistes qui montrent qu’elles ont bien trouvé leur voie dans la jungle du rap queb. Quand Musique de Brunch se promenait entre des bombes agressives comme Bougresse (prêt pas prêt) et des morceaux presque soul avec Mon Fave, Le Deuxième Set trouve sa vitesse de croisière entre ces deux univers.

Cette vitesse, c’est la production de Marie-Gold, bien située dans l’esthétique post-rap actuelle, et l’utilisation judicieuse des voix chantées des autres MC de la formation. Tout est un jeu de textures; choix cohérent pour un groupe dont le premier single s’appelait Relation textile.

Les thématiques sont intéressantes. Des titres comme Happy Meal (avec la collaboration efficace de MC Zoz) viennent secouer les codes et l’imaginaire traditionnel du hip-hop en proclamant que les filles viennent d’un bon milieu, qu’elles ont eu une enfance qui a bien de l’allure et que leur désir de transgresser les règles vient de leur volonté et non d’une violence systémique.

Pour le reste, on y discute de vie dans la vingtaine dans la métropole avec les problèmes financiers, les aventures relationnelles et, deux fois plutôt qu’une (Boucane, L’ombre de ton sourire) de consommations illicites.

Le Deuxième Set souffre cependant un peu de cette consistance stylistique; après la courte pièce d’introduction Bob Dylan et le simple No Biggie, qui nous happe par son efficacité, aucun autre titre ne réussit à atteindre ce niveau d’intensité. Les morceaux démontrent cependant l’intégrité et la cohérence dans la démarche de Bad Nylon et indiquent de quel bois les filles se chauffent.

L’album indique que la troupe de post-hypersexualisation a mis son pied dans la porte et n’est pas qu’une étoile filante dans le paysage musical. Si Le Deuxième Set n’est pas l’album qui les fera s’exposer au grand jour ou qui leur fera obtenir un contrat de publicité avec Kijiji, il montre que l’avenir est très lumineux pour Bad Nylon.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *