The Dears : moments durs et éclaircis

The Dears

Times Infinity Volume One
Dangerbrid Records
***
XINF_coverweb_lo
Times Infinity Volume One, dernier opus du groupe The Dears arrive en même temps que le changement de saison. C’est donc bouillante de fièvre et la gorge pleine de mucus que je m’installe pour l’écouter.
Grelottante, j’appuie sur le triangle et je suis soudainement assaillie par la densité de la première pièce.  We Lost Everything me rappelle le côté sombre entraînant de certaines chansons d’Arcade Fire où l’on a l’impression d’être attaché sur le toit d’un train qui roule à vive allure.
La course se poursuit avec l’introduction assez épique de I Used To Pray for the Heaven to Fall qui redescend en intensité pour se raccrocher à une mélodie de guitare indie où la répétition des mêmes phrases vient étonnamment épouser l’oreille de manière naturelle. La mélancolie des textes vient se fondre à celle de la musique et ce, non sans lourdeur.
Cette grisaille parfaitement automnale est un peu augmentée par le fond de guitares saturées en distorsion. Les arrangements de cordes viennent épouser des phrases comme:«In the end, we will die alone», et ne m’aident pas à voir la lumière au bout du tunnel de l’influenza. On respire mieux de temps à autre lors de ballades acoustiques arrangées plus légèrement qui viennent se superposer de manière presque organique. Les harmonies de voix sont souvent magnifiques et l’on sent qu’au fil du temps, le groupe a développé une manière de construire des chansons qui leur est propre. Ils prennent leur temps pour développer une idée et usent de manière sensée la répétition. L’ensemble de l’album me rappelle beaucoup l’esprit du dernier de Bowie, The Next Day, sur lequel la chanson Valentine’s Day aurait bien pu se retrouver.
20ème anniversaire
L’arrivée de ce dernier album marque l’anniversaire du groupe qui roule depuis plus de vingt ans dans le monde alternatif montréalais. Ils ont su s’en extraire  grâce à une tournée des États-Unis en 2006 où ils ouvraient pour Morrissey. Celui-ci avait d’ailleurs demandé personnellement à Murray Lightburn, chanteur et fondateur du groupe, de le suivre pour une longue série de dates partout dans le pays.
En plus En élargissant son public de l’autre côté de l’océan Atlantique, le groupe a ainsi scellé une identité musicale empreinte de l’influence notable de Morrissey et des Smiths.  En ce sens, le dernier album du groupe n’exclut pas cette tendance. Même si plusieurs collaborateurs ont participé au projet avec les années, ils ont su garder une ligne directrice que l’on peut reconnaître facilement.
Au final on se retrouve à traverser Times Infinity Volume One, comme on passe à travers une grippe: moments durs, plein d’éclaircis. Comme quoi la souffrance est une partie importante de nos vies, par laquelle on peut tout de même apprendre et apprécier.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *