Bernard Adamus, musicien américain

Depuis la victoire de Bernard Adamus aux Francouvertes en 2010, sa lune de miel avec le public québécois n’a jamais cessé. Coqueluche des festivaliers et premier représentant de la vague du «folk sale», ce dernier nous propose son troisième album, Sorel Soviet So What ce vendredi 25 septembre. Feu à Volonté l’a rencontré dans un café, rue Laurier, pour discuter de cette nouvelle galette.

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On connaissait déjà Hola les Lolos, premier extrait sorti en juillet, et le groupe d’Adamus, en spectacle, empruntait de plus en plus aux sonorités du sud. «J’voulais que les musicos aient plus de place sur l’album. J’étais un peu tanné d’être le chansonnier, d’être le p’tit gars qui chante sur sa galerie», avance Bernard Adamus. «J’voulais un album plus vivant. Avec la tournée, le band est devenu de plus en plus solide, confirme-t-il. Avant, on n’avait pas de drummer, juste un musicien qui jouait du bass drum. Depuis deux ans, on a plus de mouvement dans la musique. Ça a donné un album plus envolé.»

Cette énergie est arrivée dès le départ lors du processus de composition de Sorel Soviet So What. Pour la première fois, les pièces ont été construites en formule band avec le pianiste Alexis Dumais, le batteur Tonio Morin-Vargas et le bassiste Ben Coulombe. Avec l’apport collectif et la «philosophie de band», l’album explore les sonorités chacha avec La part du Diable, le boogie woogie avec Les pros du rouleau et le swing avec Cadeau de grec.

L’album sera accompagné d’une tournée québécoise débutant le 26 septembre à Québec et offrant une douzaine de dates avant la rentrée montréalaise dans le cadre de Coup de cœur francophone. Pour cette tournée, on doit s’attendre à quelque chose de plus dansant que jamais. «Je raconte ben des affaires sur l’album, mais en live, les gars vont pouvoir exploser. Je fais les tounes, mais je ne dis pas au band quoi ou comment jouer. Je ne contrôle pas toute», mentionne le chanteur.

Questions en rafale

Sur «Les pros du rouleau, je trouve que tu as accéléré ton débit, qui était déjà pas mal rapide par le passé. Ça spit pas mal. Ça rappelle presque le rap. Est-ce qu’il y a quelqu’un dans le rap-jeu qui t’inspire en ce moment?

J’ai écouté beaucoup de rap. J’en écoute encore pas mal, d’ailleurs. Des fois, à l’Esco, c’est ben rap parce que Marinelli [ndlr : du groupe du même nom], il lui pogne une crampe au cerveau et il met juste ça. Sinon, pour le débit de mots, une personne qui me fascine, c’est J-P « Le Pad » Tremblay du Québec Redneck Bluegrass Project. J’ai toujours été fan du band et c’est quelque chose de très motivant et satisfaisant, être verbomoteur.

Sur Amazon ou sur un autre site d’achat en ligne, quel album aimerais-tu qu’on mette en recommandation pour ceux qui ont acheté Sorel Soviet So What?

Je ne saurais pas quoi répondre. J’aimerais ça C.W. Stoneking ou Charles Mingus. Faut dire que, ce que je fais, c’est de la musique américaine, au fond. D’ailleurs, l’album a failli s’appeler «10 tounes américaines».

Parlant du titre, par le passé, tu as abordé des sujets un peu scatologiques avec tes titres (Brun, No 2). Est-ce qu’avec le nouvel album, on doit comprendre que Sorel, c’est une place de marde? 

J’y avais pas pensé mais probablement un peu (rires). Mais le titre c’est une fantaisie. On avait fait un show d’Halloween et je m’étais déguisé en motard qui s’appelait Randall. J’ai passé toute le show en Randall. Entre les tounes, je restais dans le personnage, donc je parlais en colon. J’ai demandé à mon soundman de m’écrire «Sorel» sur le bras. Ensuite «Soviet», parce que c’est drôle. C’était aussi un clin d’œil à l’album de Megadeth, «So Far, So Good, So What». Mais ça reste une pure fantaisie.

En attendant que Bernard Adamus passe par chez vous, si le spectacle n’est pas déjà complet, vous pouvez vous procurer Sorel Soviet So What dès le 25 septembre.

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