Melting pot à Passovah

Crystal Eyes, Scattered Clouds, Holy Data, Kroy, Dear Denizen et Crabe

6 groupes. 2 salles. De la bière pis des hipsters. Retour sur la 3e soirée du Festival Passovah.

Passovah

Déjà bien commencée avec le lancement de la 2e compilation de l’émission Bol de gruau (CISM) et une performance acoustique très interactive d’Eddie Paul au Divan Orange, ma soirée se poursuit avec un retour en force au Festival Passovah. Un gros line up bien chargé me titillait pas mal. Ça fait que j’ai décidé d’alterner entre la Casa del Popolo et sa petite-sœur la Vitrola, pour un total de six groupes.

Je commence à 8 h avec Crystal Eyes, trio garage un peu shoegazy que je ne connaissais pas. C’est avec une imposante foule de cinq personnes, toutes assises sur l’inutile dancefloor de la Vitrola, que j’écoute le groupe présenter sa musique avec une basse omniprésente et la belle voix éthérée de la chanteuse Erin Jenkins. Un genre de Moss Lime qui chanterait bien, en gros.

Sans bouger, j’attends avec impatience le set de Scattered Clouds, qui semble pris dans un interminable soundcheck, qui se révèlera quand même utile. Après les avoir un peu écorchés à la sortie de leur album, je maintiens quand même que Philippe Charbonneau a beaucoup de Taylor Kirk en lui, même si au final la comparaison se tient de moins en moins. Bien servi par le soundman métalleux de la Casa, le band offre une performance très sombre, assez proche de la dark wave. Un beau moment qui semble faire le bonheur du public, qui a doublé de taille depuis le show d’avant…

Je quitte ensuite la salle en direction de la Casa del Popolo pour des groupes plus électropop et une ambiance très différente. Composé d’une population variée, oscillant entre le hipster imberbe du Mile-Ex et le professionnel quarantenaire, le public me cause déjà des appréhensions. Je suis finalement, et heureusement, tiré du cours de mes pensées par Holy Data et sa présence scénique très forte. Après cinq minutes, je me surprends à danser avec un groupe de purs inconnus, et ce pour l’intégralité de l’excellente performance du quatuor montréalais. Un des meilleurs moments de mon Passovah, à égalité avec la performance très expérimentale de Joyfultalk.

Mon bonheur sera toutefois de courte durée. La toujours très bonne Kroy (Camille Poliquin de Milk & Bone) et sa voix magnifique montent sur scène pour un set un peu retenu, mais surtout gâché par le public. Je n’ai jamais compris les gens qui décident de payer des billets de spectacle à plus de 10$ pour aller jaser (crier) entre eux sur fond de musique, sans penser aux autres spectateurs qui eux, n’ont fort probablement pas le goût de les écouter. Au point où, durant la dernière chanson du set bien varié, il faut se concentrer pour réussir à entendre quoi que ce soit. Casa, tu offres constamment une des meilleures progs à Montréal, mais maudit que j’aime pas ton public.

Irrité, je décide de retourner à la Vitrola retrouver les plus calmes vingt personnes du public, too bad pour Nancy Pants. C’est donc plutôt Dear Denizen, que je n’avais jamais vu, mais dont j’avais entendu pas mal de bien, qui a remporté le duel. Le public, qui ne semble pas nécessairement les connaître, agit quand même très bien, se présentant presque intégralement devant la scène pour danser sur la musique du très charismatique Ngabonziza Kiroko. À la fin de leur set écourté, cause de test de son interminable, je me demande pourquoi le groupe n’est pas plus connu que ça. Il a certainement un potentiel en tout cas.

C’est finalement le clou de la soirée qui a attiré un peu plus de monde au final sur le coup de 23h30: Crabe, pour qui j’avais déjà eu des bons mots ici, se pointe pour une quarantaine de minutes sans pause de destruction totale des codes traditionnels de la musique. Inclus dans la perfo: skate, chest, crachats et Gabrielle Laila-Tittley aka la dessinatrice Pony, qui n’a pas arrêté de trasher de tout le set. Shoutout! Et merci à l’organisation qui a laissé le duo continuer pour plusieurs demandes d’autres «courtes chansonnettes».

Grosse soirée, qui s’est terminée sur un quatrième accrochage en vélo en moins de deux semaines. Props à la population alcoolisée des bars de douchebags sur Rachel…

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