5 autres incongruités historiques de l’ADISQ

La nouvelle a fait le tour des réseaux hier. Apparemment, pour l’ADISQ, Loud Lary Ajust est à la fois trop anglophone pour les nominations régulières et trop francophone pour la nomination du meilleur album anglophone. Bref, comme c’est le cas de façon assez sporadique, c’est à rien n’y comprendre. Pour souligner la controverse, Feu à volonté a répertorié cinq autres incongruités de l’histoire du Gala de l’ADISQ.

Pierre Bertrand, l’éternelle révélation

Pour débuter, en voilà une complètement absurde. Après avoir marqué l’histoire de la musique québécoise avec son groupe Beau Dommage, le barbu notoire Pierre Bertrand se paie la traite en 1981 avec un premier album solo homonyme qui récolte un succès correct. L’année même, il est nommé dans la catégorie Révélation de l’année, mais perd devant Martine St-Clair.

Trois ans plus tard, il ressort un deuxième disque, et l’ADISQ décide, pour aucune raison valable, de lui redonner une autre chance dans la catégorie de la révélation, aux côtés de son ancienne comparse Marie-Michèle Desrosiers. Bref, grosse année de révélation!

Pas chanceux, les deux finissent par perdre la catégorie devant Martine Chevrier (??), mais peuvent se consoler puisque, durant le même criss de gala, ils remportent le trophée HOMMAGE pour l’ensemble de la carrière de Beau DOMMAGE.

Les Trois Accords, pas inscrits

L’année 2004 est profondément marquée par une seule et unique chanson qui rejoue en boucle de façon maladive : Hawaiienne des Trois Accords. Surpris par leur succès instantané, les musiciens drummondvillois ne pensent pas à s’inscrire à l’ADISQ. Résultat : cette année-là, le gala passe complètement à côté de la track et écarte complètement un groupe qui a vendu plus de 200 000 disques.

Comme elle le fait de façon assez régulière, l’ADISQ a tenté de se rattraper l’année d’après. Ainsi,  au gala 2005, Les Trois Accords ont été sacrés groupe de l’année.

L’entre trois chaises d’Ima

Loud Lary Ajust se retrouve dans une situation assez unique qui, curieusement, ressemble à celle d’Ima mais en un peu moins pire. Fluente dans trois langues, la chanteuse blonde s’est retrouvée à la fois écartée des nominations francophones régulières, de la nomination anglophone ainsi que de la nomination musiques du monde. Au gala 2009, elle se retrouve toutefois invitée à offrir une prestation. Louis-José Houde se permet alors une parenthèse pour souligner l’absurdité de la chose.

Au moins, elle a réussi à avoir de l’exposure sur la web télé de Rock Détente, ce qui, en soi, est un accomplissement.

Kashtin, l’exception autochtone

Avant, les règles de l’ADISQ semblaient un peu plus élastiques concernant la langue. Ainsi, en 1990, Kashtin, qui chantait fuck all en français, a réussi à avoir des nominations partout : révélation, album folk country, groupe, auteur-compositeur… Ce qui est drôle, c’est que les «anglophones», eux, étaient déjà enclavés dans une seule et unique nomination, soit celle de l’«artiste anglophone de l’année». En gros, les autres nominations de l’ADISQ, c’était pour les francophones, les autochtones et tous ceux qui chantent en n’importe quelle langue sauf en anglais.

POURQUOI??????

Sylvain Cossette qui change la game

Pas mal tannée de le voir remporter le Félix du meilleur album anglophone de l’année, grâce aux ventes déficientes de ses estis de reprises des années 1970,  l’ADISQ avait pris la décision, en 2009, de créer une nomination «Cossette» en instaurant «L’album de l’année – reprises». Sans le vouloir, Sylvain Cossette avait réussi à changer la game de l’ADISQ.

C’est à se demander, donc, pourquoi l’ADISQ ne s’adapte pas, cette fois, aux nouvelles réalités du hip-hop québécois. En gros, le plus aberrant dans tout ça, ce n’est pas nécessairement les règles de l’ADISQ, qui ont leur raison d’être, mais bien l’entêtement de l’association à ne pas vouloir les modifier, quand un cas exceptionnel comme celui-ci se présente.

Après tout, la catégorie du meilleur album électronique permet une présence du français en deçà de 50%, comme l’indiquent les récentes victoires de Chromeo et Misteur Valaire. Pourquoi, alors, un style musical comme le hip-hop, en profond changement, pourrait ne pas, lui aussi, avoir une exception du genre?

La raison probable : le lobbyisme agressif du conglomérat hip-hop de Trois-Rivières qui milite pour que le prochain Félix hip-hop soit redonné à sa légende.

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