Les Incendiaires ou les noces post-païennes

Comme à chaque fois que je vais voir un spectacle à la Casa del Popolo (lire: deux fois), il y a toujours une poignée de personnes accoutrées comme si elles allaient voir une performance de Burzum.

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Il faut dire que vendredi 10 avril, en allant au concert de lancement du EP Pink Vénus du groupe Les Incendiaires, il était légitime de croiser des quidams confus en recherche d’églises brûlées. Malheureusement pour eux, le quintette montréalais se situant dans le mouvement de revitalisation du new wave s’est gardé une réserve quant à la promotion de ce genre de culte néo-païen.

En arrivant à 22h30, je me retrouve face à une Casa bien remplie qui écoute plus ou moins distraitement l’auteur-compositeur-interprète Simon Kingsbury. Je n’aurai donc pas eu la chance de me familiariser avec la musique des Ontariens Marie-Claire et les Hula-Hoops, qui débutaient le bal avec leurs pièces du EP homonyme paru mercredi dernier.

Kingsbury et sa bande ont présenté les titres de son album à paraître au courant de 2015. La performance tirait beaucoup plus sur le brit rock que sur le folk habituel du chanteur signé chez Poulet Neige. Le matériel livré avec assurance nous met l’eau à la bouche et nous fait attendre avec impatience la parution de ce nouvel album. Mention spéciale au batteur qui avait un t-shirt gris avec un ours mauve dessus.

Les Incendiaires ont pris la scène pour présenter le matériel de leur dernier EP devant une foule formée de fans aguerris. Le public s’est laissé désirer pendant les premiers titres mais s’en est donné à cœur joie dans la danse et les cris lorsque les premières notes de Stella, single de leur dernier album Unica, se sont fait entendre.

On note d’ailleurs que seulement la pièce éponyme de la galette lancée, Pink Vénus, et Sonatine font partie des nouveautés qui ont été présentées, le groupe ayant laissé de côté les deux autres pièces, moins festives. Les succès passés n’ont pas manqué de faire plaisir au public et la Casa s’est vite transformée en piste de danse.

Le concert s’est terminé sur une sorte d’anticlimax, alors que le groupe a enchaîné deux titres brisant les envies de danse du public dégourdi. En rappel, Incendies, qui maintient cette ambiance moins dansante, mais qui satisfait les fans de première heure, attroupés à l’avant.

L’aisance démontrée dans la soutenance du nouveau matériel des Incendiaires augure pour le mieux. Lorsque le chanteur et guitariste Rudy Bernhard déploie son personnage de scène, qui n’est pas sans rappeler Nicola Sirkis, leader d’Indochine, la foule le suit et demande à entrer dans cet univers sonore. La question reste à savoir si les prochaines parutions du groupe seront similaires aux brûlots festifs présents sur Pink Vénus, afin de comprendre la direction artistique démontrée dans leur concert.

Qu’importe la décision prise, l’aisance et la qualité offerte pour le groupe nous permettent de croire qu’avec le temps, il faudra ouvrir une place pour Les Incendiaires dans le panthéon des groupes cultes québécois. Et par chance, on n’a pas (encore) besoin de brûler des églises pour les célébrer.

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