Scattered Clouds: le côté sombre de l’Outaouais

Porté au départ par Philippe Charbonneau, fondateur du label E-Tron Records, le projet originaire de Hull, désormais en formule trio, nous offrira le 21 avril prochain The First Empire, son premier album complet.

(À noter: il ne s’agit pas de la couverture officielle de l’album, qui n’a toujours pas été dévoilé.)

Scattered Clouds

The First Empire

E-Tron Records, 2015

**

580

Parti d’un travail solo avec un son vaguement électro, le projet a énormément maturé depuis les trois dernières années. Aujourd’hui, Scattered Clouds est devenu un trio, incluant d’ailleurs Pierre-Luc Clément de Fet.nat dans ses rangs, et l’identité musicale du groupe en est ressortie complètement changée. Il fallait s’y attendre: une modification en profondeur comme celle-là laisse toujours ses traces, mais dans le cas qui nous occupe, la situation est plus grave. C’est que le groupe ne s’est jamais réellement trouvé d’identité propre.

À force d’évoluer dans le même milieu que Timber Timbre, probablement la formation la plus connue de la région de Hull, le groupe a fini par trop s’imprégner de leur musique. Ces liens sont d’ailleurs évidents: leurs membres ont tous déjà évolués dans des projets communs, sont tous signés chez E-Tron Records et les deux groupes ont également déjà partagé le même batteur, en l’occurrence Olivier Fairfield. Le résultat, et c’est malheureux, finit par ressembler à du réchauffé et n’offre pas à l’auditeur une musique novatrice à se mettre sous la dent. La ressemblance s’étend même jusqu’à la voix des chanteurs, alors que Philippe Charbonneau pourrait facilement être confondu avec Taylor Kirk dans son intonation et son interprétation. On pourrait aussi parler de l’utilisation du saxophone et continuer encore longtemps, mais mieux vaut s’attarder à The First Empire pour le moment.

Il faut le reconnaître, le projet reste beaucoup plus sombre que Timber Timbre. Loin du drame et du chic de ceux qui nous avaient offert l’excellent Hot Dreams l’an dernier, Scattered Clouds témoigne d’une énergie plus refoulée, plus mécanique. Vous n’avez qu’à visionner leur dernier clip (que je ne recommande pas aux coulrophobes) pour vous en rendre compte. Le groupe se situe dans un univers vaste et totalement désolé, assez glauque. Le groupe n’a pas non plus totalement renié ses racines, alors qu’il reste encore énormément de claviers dans la production, cette fois-ci relégués en ambiance.

En résumé, Scattered Clouds rate son but. Un premier album complet pour une formation est censé représenter un statement en établissant leur identité musicale. Malheureusement, le groupe finit plus à ressembler à un groupe hommage qu’à une formation accomplie. Ceci dit, et ne vous méprenez pas, ils offrent une musique d’une très grande qualité. Le tout est bien sonorisé et surtout bien écrit, mais je ne peux me permettre de donner une très bonne note à cause du manque d’originalité sonore. Si à l’avenir, Scattered Clouds parvient à se trouver, je prédis néanmoins de très belles choses.

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