Jean Leloup : «Toune après toune, j’ai réussi un peu à faire l’unanimité»

Bribes rapiécées d’une entrevue avec Jean Leloup, peu avant le lancement de son huitième album À Paradis City au Planétarium il y a quelques semaines.

Crédit : Virgine Tangvald / Facebook de Jean Leloup

Crédit : Virginia Tangvald / Facebook de Jean Leloup

«J’aime ça jouer de la guitare dehors le soir, même l’hiver. Peut-être pas quand il fait -20, mais à -10, oui. La guitare à devient frette, pis ça sonne au boutte. J’me mets en-dessous d’un arbre ou sur un balcon, pis j’me fais un bon café ou un thé.»

«Y’a 20 ans, on  a commencé à faire des loops sur les computers parce que la technologie était au point. Ça m’a permis d’explorer d’autres styles et de changer l’approche. J’me suis amusé à looper des bouttes de tounes, mais à un moment donné, j’ai réalisé qu’en jouant en show, c’était pas naturel de jouer avec quelque chose de programmé. Oui, y’a quelque chose de l’fun avec les computers, mais je suis allé au bout de ça. Tout le côté de l’enregistrement avec un clic m’a toujours emmerdé. Là, je compose mes chansons juste à la guitare.»

«J’ai fait la grosse place des spectacles y’a quelques années. Y’avait 100 000 personnes ! J’ai joué toutes mes chansons, pis j’me suis rendu compte que j’en avais composé en sacréfice des chansons. C’est là que j’me suis dit que je sortais pas d’album avant d’avoir toppé mes autres tounes.»

«Quand j’étais jeune, y’avait plein d’opinions, pis ça brassait. À un moment donné, on a vu Hendrix débarquer avec sa chemise rose pis ses bandeaux dans les cheveux. Ce gars-là faisait ce qui lui tentait, sans prétention. Dans une toune, il disait ‘’ If the hippies cut off all their hair, I don’t care’’. En gros, c’est pas parce que c’est le temps des hippies qu’il avait les cheveux longs. ‘’Fais comme ça te tente’’, c’est ça, le message. Mets tu linge que t’aimes, pis si tu veux avoir du rouge sur la tête, go !»

«Le cœur humain se ressemble depuis la nuit des temps. On veut tous être heureux avec les autres pis aller faire du camping, par exemple. Depuis que le monde est monde qu’on veut aller sur le bord d’un lac, faire un feu pis se baigner. Y’a rien qui a changé chez les humains. Y’a  1000 ans, si le iPad vait été inventé, tout le monde aurait été dessus. Y’a pas de différence.»

«J’ai adoré ça. Pour moi, c’était un trip de guitare. Si les Last Assassins avait existé en Australie, les gens seraient allées voir ça et n’auraient pas essayé d’aller me voir à travers ça. Ça a donné un petit problème à ce niveau-là, mais reste que j’ai eu un fun noir à faire un collectif. C’était une expérience. Maintenant, je sens que je suis allé au bout de mon trip avec la guitare électrique. Sacréfice qu’on a joué fort !»

«Si tu veux plaire à tout le monde dans la vie, ça ressemblera à rien. Moi, toune après toune, j’ai réussi un peu à faire l’unanimité. En général, c’est quand que t’en fais beaucoup que ton univers se dessine. Les chansons, c’est comme des nouvelles dans un recueil : une toune seule, ça veut rien dire, mais mises ensemble, ça commence à faire un puzzle.»

«Chu trop  sensible à la musique. Ça fait que, des fois quand je faisais des shows pis que ça sonnait pas à mon goût, je faisais des crises de nerfs. À Québec, en 2008, y’avait trop d’écho, pis mes oreilles ont commencé à siller. La musique avait un côté agressif, j’étais pas capable.»

«En me promenant dans le monde, j’ai essayé de comprendre. J’ai tenté de chercher qui j’étais. Oui, je suis Québécois parce que j’ai grandi dans cette culture-là, mais est-ce que je suis capable d’être moi, indépendamment des codes sociaux ? Quand tu te mets à interagir avec quelqu’un qui parle une autre langue, tu prends le temps de vérifier tout ça et tu prends davantage conscience de l’humain. En voyageant, j’ai réussi à trouver l’humain en moi sans les codes culturels. C’est bien important de savoir qui on est.»

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