Band local à découvrir : entrevue avec Painter’s Mind

paintersminde-liquid-mirrors

C’est à bord d’une vieille Tercel frôlant l’asphalte sous le poids des instruments que les gars de Painter’s Mind se sont rendus dans une chapelle des Cantons de l’Est l’été dernier pour enregistrer Liquid Mirrors, leur premier album. À la veille du lancement de leur bébé, le chanteur et guitariste Christopher Wayn et le guitariste Emmanuel Daneau ont siroté un café turc avec Feu à volonté, le temps de mettre en mots leurs deux dernières années passées à créer.

«J’étais assis en avant avec le rack à guitare dans le cou et Chris partageait la banquette arrière avec le drum quand on est partis enregistrer », se souvient Emmanuel Daneau. Avec leur bassiste Jérôme Dionne, Maxime Dumoulin à la batterie et Arnaud Spick aux claviers, ils ont donné naissance en quelques mois à un album à part entière. Un produit qui les représente.

Poussés par la créativité et l’absolue nécessité de jouer de la musique, ils font partie des groupes qui, rapidement, prennent les grands moyens, déploient les voiles et foncent à vitesse grand V. Par dessus leurs études et leurs jobs, ils ont choisi de faire régner la musique, empruntant les fonds nécessaires à la production de ce premier disque.

«Ça fait deux ans et demi qu’on travaille sur les chansons, mais le groupe tel qu’il est aujourd’hui existe depuis environ huit mois, explique Emmanuel. La plupart des chansons étaient prêtes avant ça, mais on a changé de drummer il y a moins d’un an. On buvait souvent de la bière avec Max, donc le choix s’est imposé de lui-même.» Comme quoi, dans la vie, les bonnes idées émergent souvent d’une caisse de bière.

Après une expérience d’enregistrement incroyable dans une chapelle (et une partie moins incroyable dans un sous-sol), les complices qui se sont rencontrés au Cégep de Sherbrooke il y a quelques années, ont mixé leur album aux Studios Piccolo. «Manuel Gassse qui joue de la guit pour Elisapie et qui a aussi aidé les sœurs Boulay, nous a donné un gros coup de main, souligne Christopher. Il n’a pas réalisé l’album, mais il nous a donné un regard extérieur essentiel. Il nous a dit: ça c’est trop long, ça c’est pas clair. Ce sont des choses super évidentes, mais que t’as besoin de te faire dire par quelqu’un d’autre.»

Fabriquer ses couleurs

Que ce soit sur la pochette de l’album ou bien à travers sa musique, Painter’s Mind veut mettre son grain de sel dans ce qui se fait déjà sans imiter quoi que ce soit. Les musiciens ramènent fièrement de l’avant un petit côté progressif qu’ils n’ont pas entendu récemment sur la scène locale. «C’est chaotique. C’est rock, pop, indie, progressif, décrit Christopher. Notre force est dans le rock progressif que l’on entend davantage sur Man On The Moon et We All Wait For Time.»

Emmanuel Daneau remarque que le trait de personnalité qui unit les membres du groupe, c’est «qu’ils sont tous bizarres».  «Ça me surprend à quel point on est différents, tout en s’entendant bien. Ça nous donne une synergie spéciale de pouvoir triper sur les mêmes choses en l’exprimant de différentes façons. Maintenant, il y a des bands qui font tout, seuls, dans un sous-sol. Nous, on est à l’opposé de ça. On a mélangé les couleurs de tout le monde.»

Pourquoi la musique de Painter’s Mind est-elle née en anglais? «La raison pour laquelle je chante en anglais, c’est mon nom. Avoue que Christopher Wayn, c’est beaucoup plus cohérent pour un chanteur qui écrit en anglais, plaisante le chanteur. Pour moi la musique, ça sort en anglais. C’est pas que je n’ai pas essayé. J’en ai écrit des chansons en français, mais une semaine après avoir été écrites, elles sont quétaines. Je ne suis pas capable. Pourtant on capote sur Louis-Jean Cormier, Karkwa, Malajube, Marie-Pierre Arthur, mais malheureusement ça me vient pas ou je deviens cheesy.»

Percer la scène locale

Le manque de contacts est le plus gros problème pour faire entendre sa voix aux oreilles musicales, croit le groupe. «Quand tu commences un band tu as toutes les responsabilités et tu dois nager là-dedans. Tu apprends à te débrouiller avec plein de choses dans lesquelles t’es pas bon, alors que le but ultime est de jouer, mais tu joues de moins en moins. Tu veux être proche de ce qui se passe avec ta musique, mais t’aurais besoin d’une équipe et t’en n’as pas», explique Emmanuel.

En progressant, Painter’s Mind tisse sa toile de connaissances et rencontre des gens. On peut dire que le projet s’est concrétisé plutôt rapidement, puisque le premier-né du groupe est déjà prêt. «On veut sortir notre disque à Sherbrooke aussi, parce qu’on y connaît beaucoup de gens qui aiment notre musique. Peut-être aussi à Québec. On va envoyer notre CD aux maisons de disques et on va laisser la magie opérer», propose le guitariste.

Pour la suite des choses, les gars voudraient pouvoir lâcher leurs jobs et faire de la musique leur unique priorité. «Ultimement, on voudrait jouer avec Britney Spears. On a aussi parlé de Nicki Minaj. On pourrait s’habiller en cuir. Emmanuel prendrait le fouet et on danserait dans des cages, raconte Christopher en riant. Sérieusement, un rêve réalisable serait de jouer au Métropolis. Être pauvres, mais vivre de notre musique. On fait tellement de choses en même temps et on réussit très bien. Imagine si on n’avait que ça à faire…»

Qu’est-ce qu’il y a dans les écouteurs des gars de Painter’s Mind?

«Queens of the Stone Age, … Like Clockwork. On aime aussi le bon folk d’ici. Marie-Pierre Arthur, Louis-Jean Cromier.»Christopher

«Steven Wilson, un band de progressif. Ma mère m’a acheté ça comme cadeau de Noël. Elle a dit au vendeur du magasin de disque: mon fils écoute du rock progressif. Ça a donné ça. C’est clair que si elle avait écouté ça avant de me le donner, ça l’aurait agressée, mais c’était un excellent choix.» – Emmanuel

Painter’s Mind lancera Liquid Mirrors au Divan Orange, le mardi 21 janvier à 21h30.

Chanson à écouter maintenant : Lulled By The Mist

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *