Critique de l’album Sequel to the Prequel de Babyshambles

Qui l’aurait cru? L’enfant terrible du rock revient hanter nos oreilles quatre ans après la sortie de son excellent album solo Grace/Wastelands.

Peter Doherty avait quelque peu disparu de la carte musicale depuis ce temps. Mis à part sa réunion avec son ancien groupe mythique les Libertines pour deux concerts en 2011, il s’est plutôt consacré à la mode et au cinéma en jouant le rôle principal dans le film Confessions d’un enfant du siècle avec Charlotte Gainsbourg en 2012. Enfin, il faut aussi ajouter quelques rechutes dans la drogue, mais sinon rien de nouveau sous le soleil pour Peter.

La bande à Peter devait bien se demander si l’énigmatique Doherty allait finalement les rappeler pour bosser sur un troisième album. Le groupe est composé de la même formation que celle du deuxième album Shotter’s Nation sorti en 2007, à l’exception du batteur Adam Ficek qui a quitté en 2010 et fut remplacé par Adam Falkner. Ce troisième album a été produit par Stephen Street, producteur renommé, qui a produit notamment les Smiths, Blur et les Cranberries dans le passé.

Les Babyshambles reviennent en force avec Sequel To the Prequel. Le disque est charmant et agréable, Peter semble en santé. L’album n’est probablement pas le meilleur du groupe mais il est l’exemple parfait du savoir faire unique que ces British sont capables de créer ensemble.

Sequel To the Prequel marque une scission avec les deux premiers albums. D’abord la voix de Doherty y est tout simplement belle et juste, ce qui n’était pas toujours le cas avant, surtout sur l’album Down in Albion, où sa voix était probablement perturbée par quelques substances illicites… Ensuite, le son y est beaucoup plus clair, il y a moins de distorsion et de saleté dans les guitares. Ce changement rend l’album plus accessible à un large public, mais enlève une certaine romance irrésistible aux Shambles (je pense ici à Nothing Comes to Nothing, qui sonne beaucoup trop pop pour mes oreilles).

L’album révèle de belles surprises, assez hétéroclites. Il mélange punk, rock, country, reggae, jazz, etc. Il y a aussi bien sûr les influences, de Blur en passant par les Kinks, les Clash et même Dylan sur Fall From Grace, où l’on croirait entendre le début de I Want You. La première chanson de l’album, Fireman, est sans aucun doute la meilleure de ce troisième opus. Les guitares explosives distorsionnées accompagnent un Peter qui gueule ses tripes, on croirait entendre les Libertines nous jouer Bangkok en 2002! Les autres chansons marquantes sont Maybelline et la chanson titre de l’album Sequel To the Prequel. Cette dernière se compose d’un savoureux mélange de blues, de jazz et d’un style de piano swing cabaret. La formule est gagnante.

Au niveau des paroles, on retrouve un Doherty plutôt nostalgique sur Maybelline, où il parle d’une relation amoureuse remplie de sentiments contradictoires qui semblent le hanter. Dans l’ensemble, on remarque que Peter va mieux que sur les précédents albums. Sur Picture Me In a Hospital, Peter rappelle qu’il est là, malgré toutes les épreuves, il est de retour. Les tabloïds qui annoncent sa mort chaque semaine se trompent : «There’s still a chance for me / And I’m still here singing / And so it goes / On and on and on and so it goes».

Oui, le poète maudit est bien vivant.

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