Kanye West – Yeezus

Pas de rédemption pour Kanye West. Yeezy fait ce qu’il veut et c’est pourquoi on l’aime.

kanye-west-yeezusTrois ans après le véritable chef-d’œuvre My Beautiful Dark Twisted Fantasy, Kanye nous livre son sixième album solo, Yeezus. Beaucoup moins pop que le précédent. Une fois encore, il a su bien s’entourer : Daft Punk, Frank Ocean, Justin Vernon, Kid Cudi, Charlie Wilson, Chief Keef et King L). Assisté à la réalisation par le légendaire Rick Rubin (Johnny Cash, Beastie Boys, Red Hot Chili Peppers, Slayer, parmi trop d’autres), le minimalisme prôné par ce dernier a une grande place sur Yeezus.

Ce sont les 38 minutes de musique les plus crues et expérimentales que Kanye n’ait jamais composées. Parfois violents, parfois planants, les beats sur lesquels Yeezy rappe sont d’une étonnante diversité. Les transitions sont brusques et très efficaces, il n’y a pas de longueurs. Par moments, c’est lourd (I Am God, On sight), à d’autres moments, c’est majestueux (Hold My Liquor, Blood On The Leaves). Électro, soul, dance hall, rock industriel, le tout dans un cocktail hip-hop, l’album est éclectique.

« This album is all about giving. This whole process is all about giving no fucks at all », a affirmé le principal intéressé.

Kanye a toujours autant confiance en ses moyens. Selon une entrevue avec le Wall Street Journal, lorsqu’il serait arrivé en studio, Rick Rubin aurait cru qu’il restait des mois de travail pour mener à terme l’album. C’est en moins d’un mois que ce disque a été terminé (dont presque quatre chansons en moins de deux heures, avant de courir prendre un avion).

Fidèle à son arrogance, les paroles de Yeezus sont ultra-provocantes. Notamment sur la pièce I Am God: « I just talked to Jesus. He said: « What up Yeezus? » I said: « Shit i’m chilling, trying to stack these millions .» Frôlant la misogynie par moment, l’humour est aussi de mise dans ces rimes: « Black girl slipping white wine. Put my fist in her like a civil rights sign. » On serait tentait d’éclater de rire, mais les beats nous ramènent à l’ordre. Fidèle aussi à son originalité, Kanye a affirmé dans une interview avec le New York Times s’être inspiré de son voyage à Paris, durant lequel il aurait visité le Louvres cinq ou six fois.

La puissance créatrice et l’ingéniosité de Kanye sont aussi de la partie. Les références à la culture pop abondent d’Inglorious Basterds à The Omen, en passant par 300 et King Kong. Yeezy arrive tout de même à bien placer le falsetto de Bon Iver dans une toune de club.

À 36 ans et nouvellement père, Kanye West est sans aucun doute la plus grande star du hip-hop depuis Eminem. Avec cet opus, Yeezy démontre qu’il ne cédera pas son trône de si tôt. Une fois de plus, Kanye West repousse les limites du rap et fait transcender le genre, tout en perpétuant certains de ses plus grands clichés, paradoxalement.

4 comments on “Kanye West – Yeezus

  1. BBZ 18 juin 2013 at 14:50

    Petite erreur au 5e paragraphe! « On serait tentait (tenté) d’éclater de rire, mais les beats nous ramènent à l’ordre. » Sinon, bonne critique

  2. Johan 24 juin 2013 at 03:48

    Assez d’accord avec votre critique!
    Si cela vous intéresse, vous pouvez retrouver la mienne ici:
    http://thecafebook.com/fr/yeezus-kanye-west-en-mode-divin-v-182.htm

  3. Colin Côté-Paulette 24 juin 2013 at 15:35

    Bien d’accord avec la tienne aussi!

  4. Colin Côté-Paulette 24 juin 2013 at 15:35

    Merci!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *