Queens of the Stone Age – …Like Clockwork

On aurait souhaité un autre Songs for the Deaf, mais au final, on se retrouve plutôt avec un autre Era Vulgaris

Queens-of-the-stone-age-like-clockworkUne belle pochette rougeâtre similaire à celle de Songs for the Deaf (Interscope, 2002), la présence de Dave Grohl derrière la batterie pour guider les troupes et une réconciliation inespérée avec son complice des grandes occasions (Nick Oliveri). Tout était en place pour nous laisser croire que Josh Homme nous offrirait enfin une suite à l’une des concoctions stoner les plus achevées de la dernière décennie. Pas que les derniers intermèdes musicaux de l’homme au carnet d’adresses sans fin aient été si désastreuses, mais on regrettait constamment les éléments fondamentaux qu’Oliveri pouvait amener au groupe. Mordant, couilles et sueur.

Malgré les sept années qui se sont écoulées depuis la parution du mitigé Era Vulgaris (Interscope, 2007), Homme n’a jamais totalement cessé de se faire entendre. Un album (suivi d’une tournée) au sein du super trio Them Crooked Vultures et un autre aux commandes d’Eagle of Death Metal l’auront éloigné de ce retour sur disque qui était pourtant prévu depuis 2008.

Comme à l’accoutumée, avec cette sixième tentative (et première chez Matador), Queens of the Stone Age mise sur une liste d’invités attrayante pour susciter l’intérêt des mélomanes. Trent Reznor, qui à la base devait produire l’œuvre, apparaît sur deux titres. Rien de surprenant considérant qu’il avait rejoint Grohl et Homme en studio pour les besoins d’une scène longue et futile tirée de l’excellent documentaire Sound City. Collaborateurs incontournables, Mark Lanegan et Nick Oliveri se font discrets sur deux autres titres, tandis qu’Alex Turner (Arctic Monkeys) appuie celui qui avait jadis ajouté un peu de muscles à son album Humbug (Domino, 2009).

D’une perspective plus improbable, les voix de Jake Shears (Scissor Sisters) et Elton John viennent se confondre et se perdre dans un décor sonore qui leur convient plus ou moins. Un gros gaspillage de redevances…

Pour sa part, Grohl est sous-exploité sur six des dix pièces de …Like Clockwork. Ses battements qui d’ordinaire sont inventifs et énergiques demeurent ici assez génériques. La guitare de Homme (tel un Link Wray moderne) détonne et saisit à quelques occasions, mais on est encore loin des rythmes fougueux et stoner qui caractérisaient les premiers enregistrements du groupe. I Sat by the Ocean (pop à souhait), My God Is the Sun (la pédale bien appuyée au tapis) et la pièce titre constituent les morceaux phares de …Like Clockwork. Pour cette dernière, le groupe peut remercier le réalisateur britannique James Lavelle (Unkle) pour l’approfondissement d’une vulnérabilité bien sentie.

Un bonheur éphémère et sans réelle surprise qui demande une écoute distraite pour en profiter pleinement. À quand le retour définitif de Nick Oliveri?

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